DE LA CVRE POVR CEVX QVI SONT PREPARES A LA LEPRE
Il nous faut maintenant parler de la cure, toutesfois seulement pour ceux qui sont preparés à tomber en tel desastre et disposition : c’est qu’il leur conuient euiter toutes choses qui eschauffent et bruslent le sang, et generalement contrarier à toutes celles que nous auons dites cy dessus pouuoir procréer la lepre, et qu'ils vsent de viandes qui engendrent bon suc et aliment, lesquelles descrirons cy aprés au regime de la peste : et seront purgés, saignés, baignés, et
1 Mat.6.— Luc.b. — Marc.1.— Luc.17.
cornetés selon l'aduis d'vn docte Medecin, à fin de refrener l'intemperature du foye, et par consequent de tout le corps.
Valescus de Tarente ! conseille qu’on leur oste les testicules, dequoy ie suis aussi d’aduis : carpar l’incision et amputation d’iceux, l’homme est mué en temperature feminine, et par ainsi en complexion froide et humide, laquelle est contraire à la chaleur et seicheresse de la lepre: partant le foye est refroidi, et par consequent ne brusle les humeurs, quisont cause premiere d’icelle maladie.
Or quant à la cure de la lepre confirmée, il n’y en a point, comme nous auons dit , encor qu’on donne des serpens à boire et à manger, et qu'on saigne, ventouse, corneteet baigneles malades,ou qu’on vse de plusieurs et diuers autres remedes. Il est vray que par ce moyen on peut pallier et repousser l'humeur au dedans, à fin qu'ils ne soient conneus: ceque ie ne voudrois conseiller de faire, de peur qu'ils n’abusassent les femmes eteussentconuersation auec les sains:
mais pour les faire viure plus longuement, ie leur conseilleraÿy tousiours qu'ils se facent chastrer pour les raisons susdites, et aussi à fin qu’on en puisse perdre plus facilement la progeniture?.
Maintenant nous parlerons sommairement de la lepre des Grecs.
1 Dans toutes les éditions on lit 7’alesien, ce quiest une erreur. L'opinion citée et approuvée par Paré appartient bien en effet à Valescus.
2 fci se terminaient le chapitre et le livre dans les trois éditions de,1568, 1575 et 1579, Le chapitre suivant est de 1585.