‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 245 sur 602 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

DE LA MVRENE.

La murene est vn poisson de mer, ressemblant à la lamproye, toutesfois elle est plus large et a la gueulle plus grande : elle a les dents fort longues, aiguës et courbées au dedans, Elle est de couleur brune, sa peau couuerte de petites taches blanchastres, le corps long de deux coudées. Les anciens les prisoient beaucoup en

1 Là finissait le chapitre 23 du livre de 1975; ce qui suit est de 1b79,

DES VENINS, 331

viandes, tant à raison qu’elles sont de bon goust, que pour autant qu’on les peut longuement garder dedans les viuiers et boutiques pour s’en seruir en temps : elles sont faciles à s’appriuoiser, tesmoin celle de Crassus, de laquelle auons parlé cy deuant, Leurs morsures ameinent semblables accidens que celles des viperes : et partant sont guaries par les mesmes remedes.

Ælian dit, que la murene se iette sur {erre, et qu’elle ya chercher la vipere iusques dedanssa cauerne pour frayer auec elle, Ce qui est prouué par les vers de Nicandre.

Il court de Ja Murene vn bruit tout asseuré, C'est qu'vn serpent l'espouse, èt que de son plein Elle sort de la mer, puis toute desireuse gré Elle ya s'accoler à la beste amoureuse !,

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