‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 252 sur 602 · CHAPITRE XLVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVI

DES METAVX ET MINERAVX VENIMEVX ?.

Les métaux et minéraux viennent de la terre et des fournaïises. Aucüns sont veheneux, comime arsenic, sublimé, plastre, céruse, lithärge, verd de gris, orpiment, litneure de fer et d’äirain,aymant,reagal,chaux,et autres.

De l’arsenic sublimé.

Ceux qui ont pris du sublimé, Subit la langüe et le gosier leur deuien-

1 Matthiole narre vne semblable histoire du Pape Clement 7. lequel voulut faire espreuue pour le bien public d'un antidote, cha. 9: lu. 9. sur Dioscoride. — À. P.

2 Cechäpitre contenant un grand nombre d'articles très divers, je lés äi séparés en érigéant en titres spéciaux 16s hotës targi-

pales qui les ännünçdient dans les éditions .

anciennes:

LE VINGT-TROISIÈME LIVRE

| nent si aspres que s'ils auoient pris

du jus de cormes vertes, laquelle àsprelé ne se peut oster par füls gargarismes lenitifs, sion qu’auüee grande difficulté et longueur de temps: Gar subit qu’il est descendu en l'estomach, il s'attache contre:

pour ceste cause il le ronge et vleere peu de temps aprés. Il cause vne soif insatiable et des angoisses indicibles.

Il surüiéñt enfleutre à la lañgüëé, defaillance de cœur ; suppression d’vrine, difficulté de respirer, trenchées au ventre et à lestomach intolerables; auéc vne contorsion de membres si grande, que si on n’y remedie promptement, les pauures empoisonnés meurent; les intestins et estomach rongés et percés, et de couleur noire, comme si vn fer ardant y eust passé:

Les patiens iettent le sang par les oreilles; nez, bouche, par la verge ét le siege : et atteste auoir veu au pauure larron cuisinier: cy dessus mentionné , tous Les accidens susdits:

On guarit ceux qui en ont auallé, et tous autres venins corrosifs ; par mesmes remedes qui ont eslé cy dessus baïllés à ceux qui ent pris des cantharides.

V'érd de yris.

Le verd de gris estoupe si fort les conduits de la respiration; qu’il estouffe ceux qui en auront auallé: On les guarit comme ceux qui auront pris de l’arsenic: le bain pareïllement leur est profitable.

Là lütharge.

La litharge beuë, cause vne pesanteur d'estomach et du ventre, empesche d’vriner, et rend le corps enflé et liuide. On y remedie faisant vomir le malade, puis subit luy donnant de la fiente seiche de pigeon,

DES VENINS

delayée en bon vin. Petrus Aponensis comiäñdé boiré de l'huile d'amendes doutes; et manger des figues seiches. Il est pareillément bon leur baïller clystérés relaschans et huméclans , ét leur frotter lé ventre de béurre frais ou huile de lys.

L’escaille d'atruin.

L’éscaille d'airain estait beuë, cause flux dé Yentre el grand vomissétnént, qui prouient des pointures et douleurs de l’estomach. Sofi contrepoison est dé fairé vomir promptémiéñt lé malade, puis aprés le faire bäignér daris vf bain où l’on aura mis grande quantité d’escargots : et lüÿ frotter lé thorax et le ventre de béeurfe ét huile de lis, et luÿ donriér clystéres rélaxans et liütnectans.

L'aimant:

L’äimant rend fols ceux qui én ont pris: son contré-poison est l'or sub.

tilement puluerisé, ét lä pierré d’eréfaude béuë aueë bon Vin, et clysteres de laict et d’huilé d’amendes douces.

Lirneire de plomb, ét merde de fer.

La limeure de plomb et merde de fer font grands tourmens pareilleméht à ceux qui en auront pris par dédäns. Leur contre-poison est boire grande quantité de laict, et beurre frais fondu, ou huile d‘amendes douces tiréé sans feu , et leur donner clysteres rélaschans et humectans : et conlinuër cés remedés iusques à ce que lës douleurs et tranchées soient passées.

Du Reugal.

Le reagal, pour estré de nature fort chäudé et seiche, induit soif et eschauffaison et ardeut par tot JE

corps, auec telle consommation de toutes les humidités , qu’encores que l’on sauue la vie aux patiens par prompls el souuerains remedes, si demeurent-its toutesfois perclus de leürs membres par vehemente resiccälion ét contraction de toutes les iointurés. Son alexitere est l'huile de pignolat, donnée promptement iusques à demie liure, et puis vomir:

äprés donner à boire du laict , et en faire clysteres, et nourrir le malade de boüillons gras.

Chaux viue et orpigmént:

La chaux viue et orpigment,que les Grecs appellétit afsenicum, pris en breuuagé, rongent l’estomach et les intéstins auëc grandes douleurs: ils cäusent vné soif intolérablé, auec vne asperité dé gorge, difficulté de respirer, suppression d’Yrinée et dysenterie.

Il faut rémédief aueëc toutes choses qui ont véttu d’esteindre leur acrimoie, ët qui soiént reläxaäns et humectans : comine le suc de guimauue, mauue , violiers de Mars , decoction de graine de lin, boüillons gras, et generalement toutes choses cy-dessus mentionnées aux remedes des cantharides.

L'eau forte.

El est fort difficile pouuoir remedier à l’eau forte, de laquelle les orféures separent l'or de l’argent, parce que tout subit elle bruslela gorge et l’estomach, Il y faut remedier commie à la chaux et orpigment.

La Ceruse:

Lä ceruzé cause hocquels ét là toux, et rend là langue seiche, et les éxtremités du corpsfroides et stupides, et leurs yeux clinettent tousiours : et souuent en plein iour il

semble au malade qu’il voit quelque fantosme : leur vrine est noire, et souuent sanglante : s'ils ne sont promptement secourus ils suffoquent et meurent. Le remede, selon Aëce et Auicenne, est de leur faire boire de la scammonée, auec eau miellée , et auires choses qui ont vertu de les faire beaucoup vriner. I ne faut oublier à les faire souuent vomir, et leur donner clysteres humectans et relas-

chans.

Plastre.

Le plastre s'endurcit comme pierre en l’estomach, et ceux qui en ont auallé estranglent , par-ce qu'il reserre les conduits de la respiration On les guarit comme ceux qui ont mangé des champignons. Auicenne dit qu'il faut remedier comme à ceux qui ont pris de la ceruze. Et si le ventre est constipé, on leur baillera clysteres composés d'huile et de gresse de canard , et leur oindre le ventre d'huile de 1ys et de beurre.

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