‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 277 sur 602 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

DES SIGNES PAR LESOVELS ON PEVT CONNOISTRE QVE LE MALADE. EST IN- FECTÉ DE LA PESTE VENANT DV VICE DE L'AIR, ET NON DES HVMEVRS.

Encores que nous ayons amplement declaré les signes de la peste presente, si est-ce que considerans qu’il y a deux sortes de peste, pour la diucrsité des causes : l’vne prouenante du vice de Pair, l’autre de la corruption des humeurs, nous auons bien voulu specifier les signes qui sont propres à lvne et à l’autre, commençans par celle qui vient du vice de Pair.

Donc les signes par lesquels on la pourra connoistre sont tels, à seruoir, qu'elle est plus maligne et contagieuse , et les hommes meurent en

plus grand nombre et plus subitement : car plusieurs faisans leurs actions accoustumées, se pourmenans par les temples et rues sans aucune

contagion apparente, meurent en peu | d'heures, voire promptement, sans |

sentir auparauant aucune douleur :

par ce que l'air, corrompu par sa vi- |

rulence , gaste promptement les esprits, et suffoque le cœur d’yn feu caché. D’auantage, les malades ne sont si tourmentés d'inquietude, et ne se iettent point cà et là, pour ce que la force naturelle est du tout prosternée et abbatue : et partant ils ont continuelle defaillance de cœur, et à plusieurs ne suruiennent bubons ou au trespustules, ny aucun flux de ventre, à cause que le venin pestiferé abbat tellement les forces et le cœur, qu’ils ne peuuent chasser d'eux aucune chose nuisible, qui est cause de la mort ainsi subie. Leur vrine est semblable à la naturelle, parce qu'il n’y a point de vice aux humeurs, d’autant que les vrines demonstrent certainement le vice qui est aux humeurs, comme il a esté declaré cy deuant.

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