CHAPITRE XX
COMMENT.LE MALADE SE DOIT RETIRER DV LIEV INFECT, SVBIT OV’IL SE SENT FRAPPÉ DE PESTE.
Ayant amplement descril la peste, el tous ses signes et accidens , el la maniere de s’en preseruer, il faut maintenant traiter de la curation.
En laquelle il faut auoir esgard sur toutes choses, de prendre incontinent quelque alexitere pour contrarier au venin : mais pour l’ordre de demonstration etenseignement, nous declarerons premierement Ia cure vniuerselle, commençant par le lieu auquel celuy qui se sent frappé doit habiter.
1 Cette distinction de la fièvre en simple, composée ou compliquée, manque dans les premières éditions ; elle a été intercalée ici en 1585.
PESTE
Et partant, il est bon que le malade se retire subit en quelque lieu prochain, où l'air soit bien sain , et faut auoir cela en singuliere recommandation: car en cegist vne grande partie de la cure, parce que l'air est vne des choses premieres et plus necessaires pour la conserualion de nostre vie : veu que vueiilons ou non, et en quelque lieu que ce soit, il nous conuient l’attirer au dedans du corps, et le ietier au dehors par le moyen des poulmons et imperceptibles ouuertures des petites arteres qui sont Gisseminées en nositre cuir, et delà se communiquent aux grandes arteres, lesquelles l’enuoyent au cœur fontaine de vie : et derechef iceluy le distribue par tout le corps, quasi de mesme facon que ceste portion d'air qui entre par les narilles, estpromplement espandue par la substance du cerueau.Et pour cestecause, il est tres-necessaire eslire vn bon air au malade, contrariant à la cause de la peste, à fin que plustost et plus seurement il soit garanti.