‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 286 sur 602 · Coriandri præparati 5. ij · texte numérisé non relu

Coriandri præparati 5. ij

Margaritarum electarum, rosarum, rasuræ eboris, Cornu cerui apa 5, G.

Carabes 9. ij.

Cinnamomi 9. j.

Et ossis de corde cerui D, £.

Sacchari rosali 3. iiij.

Fiat puluis : ytatur post pastum.

Si le malade est fort debile, on luy donnera de la gelée faite de chapon La AL AA PODUr eau d’ozeil-

st, bourrache, et vn peu de vinaigre rosat, canelle, succre, el autres choses qu'on verra estre necessaires. La nuit ne faut estre degarni de quelques bons pressis et boüillons (y adioustant vn peu de jus de citron ou de grenades aigres) lesquels en ceste maladie sont plus à loüer que les coulis, à cause qu'ils sont trop espais, font obstruction aux veines mesaraïques et capillaires du foye, et causent soif pour la tardiueté de leur distribution, et donnent peine à l’estomach de les cuire : lequel (comme aussi le cœur et autres membres nobles) a assez d’autres empeschemens à vaincre son ennemy. Il n’est aussi impertinent tenir et faire preparer le restaurant qui s’ensuit, à fin de n’ennuyer le malade d’vne sorte de viandes, mais le recreer au.

cunement en diuers vsages d’alimens; non que par ce moyen on luy vueille rechercher et conciler vn appetit, mais le forlifier, et cependant le contenter en quelque façon, et luy donner courage de resister à sa maladie :

partant on pourra vser de cestuy-cy,

Prenez conserue de buglose, bourrache, violettes de Mars, uenuphar et cichorée, de chacun deux onces.

Poudre d’electuaire de diamargaritum froid et diatragacant froid, trochisques de camphre, de chacun trois drachmes.

Semence de citron, chardon benist, et aceteuse, racine de dictamne, et tormentille, de chacun deux dragmes.

Eau de decoction d’vn jeune chapon, six liures.

Meslez auec fueilles de laictue, aceteuse, pourpié, buglose et bourrache , de chacun demie poignée,

Le tout soit mis en vn alembic de verre, auec la chair de deux poulets et deux perdrix : soit faite distillation à petit feu. Puis sera pris demie liure de la distillation predite, auec deux onces de succre blanc et demi dragme de canelle : ces choses soient passées par la manche d'hippocras, et que le malade en boiue quand il aura soif : ou qu’il vse de cesluy suiuant.

Prenez yn vieil chappon et vnjarret de veau.

Deux perdrix hachées.

Canelle entiere, deux drachmes,

Le tout mis en un vaisseau de verre bien estouppé sans aucune autre li-

queur.et soient faits boüillir au bain | Marie iusques à ce qu’ils soient par-

faitement cuits!: ou en un yaisseau d'estain , qui t'est icy representé, lequel se clost à vis, de façon que nulle vapeur ne peut sortir dehors: et est propre pour faire restaurans, et potions vulneraires, et decoction de gaiac, salseparille, et esquine, et generalement toutes choses qui se doiuent cuire au bain Marie.

1 La phrase s’arrêtait là dans les premiéres éditions, ou plutôt elle se continuait directement avec la phrase qui suit la figure : car par ce moyen la chair se cuil en son propre jus, elc. La figure et le texte qui s’y rapporte se trouvent pour la première fois dans le pelit Discours de la peste publié en 1582 à la suite des Discours de La mumie et de la licorne, folio 55 ; et ils ont été repris dans la grande édition de 1585.

Car par ce moyen la chair se cuit en son propre jus, sans que le feu y porte dommage : puis le jus soit exprimé dedans des presses propres à telle chose. Duquel en sera donné yne once ou plus pour chacune fois, auec vn peu d'eaux cordiales, comme eau de bourrache, de violettes, de buglose, de scabieuse, de roses, ou de conserue d’icelles, et du triasantal, diamargarilum frigidum, desquelles on en dissoudra, et en sera donné souuent an malade, à sçauoir, de trois heures en {rois heures, plus ou moins, selon que le malade le pourra digerer, et que la fiéure et autres accidens le permettront : car selon que la fiéure sera grande ou diminuée, il faudra diuersifier les alimens, {ant en quantité qu’en qua- Jité, Or on ordonne les restaurans, coulis et pressis, et eau de chair, à ceux qui ont l’estomach debile, et ne peuuent cuire les viandes. Outre-plus, ilest bon de manger souuent en petite quantité confitures aigreltes, comme prunes, cerises, et autres dont dous auons fait mention cy dessus.

Et faut du tout euiter les confitures

douces : car (comme nous auons dit cy dessus) toutes choses douces promptement s’enflamment en nostre corps, se tournans en cholere, et souuent engendrent obstruction au foye et à la ratelle.

Et faut icy noter, qu’il n’y a point de maladie qui debilite {ant Nature que fait la peste. Parquoy il faut donner à manger au malade peu et souuent, selon qu’on verra estre necessaire, ayant esgärd à la coustume, à l'aage, au temps, à la region, et sur toutes choses à la vertu du malade, à fin que le venin qui a esté chassé et expulsé aux parles exterieures ne soit de rechef attiré au dedans par inanition:

consideré aussi que la putrefaction veneneuse corrompt, altere el dissipe les esprits vitaux et natureiïs, lesquels doiuent estre souuent restaurés par manger el boire, comme nous l’auons desia aduerti cy deuant. Toutesfois il faut prendre garde par trop manger on ne charge le malade de matiere superflue : parlant en ce on tiendra mediocrité. Et quand lappetit sera venu , il ne faut différer de donner à manger et boire, tant pour les causes susdites,que aussi de peur que l’estomach neseremplissed’humeursacres, bilieuses et ameres, dont s'ensuiuent plusieurs extorsions et mordicalions en iceluy, inquietude et priuation de sommeil, retention des excremens, lesquels aussi sont faits plus acres et mordicans. D’auantage, faut auoir esgard de donner en hyuer plus à manger qu'en esté, à cause que la chaleur naturelle est plus grande. Plus, ceux qui sont de complexion froide, et qui ont &ebilité d’estomach, vseront moins de choses refrigerentes, ou seront corrigées auecques autres choses chaudes, comme canelle, cloux de girofle, muguette, macis, et autres.

LE VINGT-QVATRIEME LIVRE

Outre-plus, ceux qui ont grand flux de ventre doiuent vser de jus de grenades, tant au manger qu’au boire. Et l’ordre de prendre les viandes , c’est que les liquides et de facile digestion seront prises deuant les solides et plus difficiles à digerer.

Et ce te suffise du manger du malade : à present il nous faut traiter du boire.

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