‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 287 sur 602 · DV BOIRE DY PESTIFERÉ MALADE · texte numérisé non relu

DV BOIRE DY PESTIFERÉ MALADE

Sile malade à grande fiéure et ardente, il ne boira aucunement de vin, s'il ne luy suruient defaillance de cœur : mais en lieu d'iceluy il pourra boire de l’oxymel fait comme s'ensuit.

Vous prendrez la quantité que voudrez de la meilleure eau que pourrez recouurer, et pour six liures d’eau y mettrez quatre onces de miel, et le ferez boüillir en l’escumant iusques à la consomption de la troisieme parlie : puis sera coulé, et mis en quelque vaisseau de verre : puis on adioustera trois ou quatre onces de vinaigre : et sera aromatisé de canelle fine.

Pareillement pourra vser de l’hippocras d’eau fait en ceste sorte.

Prenez vne quarte d’eau de fontaine, six onces de succre, deux dragmes de canelle, et le tout ensemble coulerez par vne manche d’hippocras, sans aucunement le faire boüillir.

Et s'il n’est assez doux au goust du malade, vous y pourrez adiouster d’auantage de succre, cnsemble, un peu de jus de citron, et lors mesmement qu’il demande à boire.

DE LA PESTE

Lesyrop de acetosilate citri emporte

le prix entre tous les autres contre la peste. IL pourra vser du iulep qui s'ensuit entre les repas auec eau boüillie, ou eau d’ozeille, de laictues, scabieuse et buglose, de chacune egale portion, comme :

Prenez jus d’ezeille bien purifié, demie liure. Jus de laictues aussi bien purifié; quatre onces.

Succre fin, vne liure.

Clarifiez le tout ensemble, et le faites boüillir à perfection et le coulez , y adioustant sur la fin vn peu de vinaigre : et en vsera comme dessus est dit.

Et s’il n'est aggreable au malade en ceste sorte, vous le pourrez faire en la maniere suiuante.

Prenez quatre onces dudit iulep clarifié et coulé, et le meslez auec vne liure desdites eaux cordiales, et les ferez boüillir ensemble trois ou quatre boüillons, et estant hors du

‘feu y ietterez vne dragme de santal citrin, et demie dragme de canelle concassée : ce fait, le coulerez par vne manche d’hippocras, et estant froid, en baillerez à boire au malade auec jus de citron, comme dessus.

Ceux qui ont accoustumé de boire du peré, ou du pommé, ou de la ceruoise ou biere , le pourront faire, pourueu que la biere soit bonne, claire et deliée, et le peré et pommé faits de pommes et poires aigres, qui soient bien purifiées : car s’ils estoient gros et troubles, non seulement engendreroient mauuaises humeurs, mais aussi grandes crudités et inflammations à l’estomach, et plusieurs obstructions, dont la fiéure se pourroit augmenter, et par consequent faire mauuais accidens : parquoy ie conseille n’en yser aucunement, si le

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