PRÉFACE, VII
l'absence de 6e grand homme, bien qu'elle ait le bonheur de posséder son fils, praticien aussi supérieur à ses contemporains par son habileté qu'il l’est par l'étendue et la variété de ses CONNAISSANCES,»
M, Dezeimeris a fait voir aussi que le mode d’extirpation du cancer avee l'instrument tranchant et le fer rouge, dont j'avais fait honneur à de Vigo, se retrouvait très exactement dans Gilbert, au xrrr° siècle.
lei se terminent les remarques dont je suis redevable à M. Dezeimeris ; il y avait joint quelques autres critiques, mais qui, ne me paraissant pas aussi bien justifiées, seraient inutilement rappelées ici. On pourra consulter à cet égard ses Remarques sur quelques points de l’histoire de la chirurgie au moyen âge, dans l’Expérience, numéro du 20 février 1840, et ma réponse dans le numéro suivant du même journal,
Mon excellent maître, M, Gama, a bien voulu me communiquer une note sur Gersdorf, insérée, ayec un discours prononcé en 1817 à l'hôpital militaire de Strasbourg, dans le troisième volume du Journal de Médecine militaire; on la ra avec un grand intérêt.
« Je m'arrête avec plaisir un moment sur Gersdorf, disait M, Gama, pour lui rendre, devant ses compatriotes, l'hommage qu'il a mérité de la part des chirurgiens militaires. Il nous apprend Jui-même qu'il fut d’abord élève de Maître Nicolas, surnommé /e Dentiste, chirurgien du duc Sigismond d'Autriche, et avec lequel il s’est trouvé à trois batailles pendant les guerres de Bourgogne, IL se fixa à Strasbourg à son retour de l’armée. Son liyre renferme plusieurs bons préceptes sur l'extraction des balles et autres corps étrangers engagés dans les plaies ; on y trouvedes tire-balles fort i ingénieux et bien faits, Une chose assez remarquable, c’est que, au lieu de la suture alors en usage après les amputations , il avait déjà indiqué la réunion immédiate, sur laquelle on à tant disserté depuis quelques années, Je ne puis m'empêcher de relever ici une erreur dans laquelle Haller est
Vu PRÉFACE.
tombé au sujet de ce chirurgien ; il le dit élève de Mulhart, et n'a pas vu que le terme allemandaul-urtz, c'est-à-dire dentiste, est un surnom qu’on donnait communément dans ce temps aux chirurgiens qui excellaient dans leur profession, comme d’autres surnoms étaient donnés auxindividus de toute autre classe qui se faisaient remarquer par quelque chose de particulier ; par exemple, Gersdorf avait le sobriquet de Schylhans, ou Schiel hans, c'est-à-dire /e louche. »
Moi-même aussi, comme on peut le présumer, je pourrais ajouter ici d’autres remarques ; car c’est à la fois le regret et la joie des hommes qui s’adonnent aux études sérieuses, d’apprendre toujours quelque chose, et, par une inévitable conséquence, de trouver toujours quelque chose à reprendre dans leurs travaux antérieurs. D'ailleurs, même à l'instant où je tenais la plume, j étais obligé de faire un choix parmi mes documents; et bien vain serait celui qui, avec plus d'espace que je n’en avais à ma disposition, faisant l'inventaire scientifique de cette époque en apparence si déshéritée du moyen âge, s’imaginerait n'avoir rien laissé en arrière, et croirait sa moisson si complète, qu'il ne resterait plus à glaner. Toutefois, sauf quelques rectifications de détails sémées à l’occasion dans ces trois volumes, et qui portent essentiellement sur des questions de priorité, je n'ai rien vu jusqu'ici qui vint contrarier les faits historiques qui ont servi de matériaux à cette œuvre, et les conséquences que j'en ai fait découler.
J'avais dessein de rectifier quelques fautes échappées à l’impression ; ainsi à la page rx, ligne 4, il faut lire Ærmengandus Blasius : page Lxxm, ligne 4, au lieu de les mesures, corriger les menaces ; maïs ce sont là les plus essentielles, et les autres seront faciles à rectifier par le lecteur.
IL est cependant une partie de mon Introduction où les moindres détails demandaient à trouver place, et pour laquelle il est urgent de mettre en lumière ceux qui m'avaient alors échappé ; je veux parler de la biographie d'A. Paré.
PRÉFACE, IX $ II. — Additions à l'histoire d'Ambroise Paré,
J'ai dit qu'il était né à Laval en 1517. Le hasard m'avait fait tomber depuis sur une traduction de la Jérusalem délivrée, publiée à Paris en 1839, par M. Bourlier. L'auteur signait ainsi sa Préface :
« Louis BourLIER,
de Laval, Département de la Mayenne, un des descendans d’Ambroise Paré, à qui la science médicale est redevable de la découverte de la circulation du sang.»
Ceci, et quelques détails ajoutés plus bas sur la vie de Paré, témoignaient suffisamment que M. Louis Bourlier n'avait pas beaucoup ouvert les œuvres de sonillustre aïeul ; mais il ajoutait enfin :
« Il était né au commencement du xvi' siècle, dans le bourg Hersent, contigu au bourg d’Avenières, où je suis né, moi... »
Ce renseignement curieux était exact : je l’ai trouvé confirmé dans ce passage d'une lettre adressée à M. David par les notables de la ville de Laval, réunis en commission centrale pour l'érection d’un monument à la mémoire du grand chirurgien 1.
« Vous serez curieux d'apprendre que la reconnaissance populaire a élevé depuis long-temps sa statue à Ambroise Paré au lieu même où il naquit, dans le petit village du Bourg -Hersent, qui forme presque un des faubourgs de Laval. Nous avons tous le souvenir d’avoir vu long-temps, dans l’âtre de la cheminée du premier étage d’une maison en ruine, un buste placé en la mémoire d'Ambroise Paré ; et on voit encore aujourd’hui dans ce village, sur la facade d’une maison construite sur l'emplacement de la maison du seigneur au service duquel paraît avoir été attaché le père d’Ambroise Paré,
1 Nolice sur le monument élevé à la mémoire d'Ambroise Paré, en la ville de Laval, publiée par les soins de la Commission. — Laval, 1840.
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on voit encore. disons-nous, un portrait qui paraît l’œuvre d’un peintre d’enseignes , et au bas duquel on lit cette inscription :