CHAPITRE COMPLEMENTAIRE
d'autant que par sa calcination il est rendu plus sec et plus dur, et acquiert yne nature de feu : aussi estant crud et non calciné, disent qu’il ne conuient à nostre nature, laquelle consiste en chaleur et humidité, d'autant qu’il est froid et sec au tiers degré (toutesfois il me semble qu'estant crud, illuy demeure vne nature sulphurée qui peut corriger sa froideur) :
plus adioustent qu’il ne se peut delayer en l’estomach, ce que les bons medicamens purgeans font, pour enuoyer leurs vapeurs par dedans les veines : et finalement adioustent que tous medicamens qui purgent en mesme temps par haut et par bas, sont violens et malings de touteleur substance.
Or laissans telles questions, nous dirons seulement que, outre les qualités qu'a l’antimoine crud ou calçciné, il luy demeure tousiours vne vertu propre, particuliere et specifique, qui est admirable et diuine, comme nous auons demonstré :; en cequ’il fait sorür grande quantité d’excremens, {ant par vomissement, flux de ventre, que par la sueur, purgeant principalement les humidités sereuses : toutesfois il fait vacuation des autres humeurs par le benefice de Nature, laquelle estant agitée comme de furie
du venin pestiferé, et aidée ou aiguil-
lonnée par la vertu de l’antimoine, ou semblables medicamens acres, ne iette-seulement les aquosités ou serosités, maïs aussi les autres humeurs
- qui la molestent, les deschargeant
par les voyes predites. Et ce faisant , ne le pouuons dize incommode pour donner aux pestilerés, ny estre poi-
| son, s’il n’estoit donné en trop grande
quantité, parce qu’il n’agit point par sa seule qualité : ioint aussi qu’on le baiïlle en petite quantité, comme trois,