‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 38 sur 602 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

DE CERTAINES CHOSES ESTRANGES QVE NATVRE RÉPOVSSE PAR SON INCOM- PRÉHÉNSIBLE PROVIDENCE !,

Antonius Béniuenius, medecin de Florence, escrit qu’vñe certaine feméelle aualla vné aiguille d’airain,

1 Ce chapitre, qüi est bieñ lé 17° de l’édition primitive’ et de celle de 1575, ést le 16e de toutes les autres éditions complètes.

Voyez la note ? de la page 33:

Mais dans le principe il ne commençait pas comme aujourd’hui. L'auteur débutait sans préambule par raconter l’histoire de monsieur Sarret, qu’on lit aujourd’hui au chapitre 52 du livre des Operations de Chirurgie (Voyez tome 11, page 500, le texte et la note), et il ajoutait: Ce que day veu semblablement aduenir à monsieur le comte de Mansfelt, de sa blessure de pistole qu’il eut au bras senestre le iour de la bataille de Montcontour.On trouvera l’histoire ducomte de Mansfelt rapportée fort au long au cha-

pitre 14 du livre des playes d’harquebuses

(tome 11, page 168); seulement il est bien remarquable qu’en 1573 Paré dise que la blessure était au bras senestre , et en 1575, au bras dextre; nouvel exemple du danger pour l’observateur de s’en fier à sa mémoire. — Ensuité venait l'histoire dé monsieur de la Croix, qui plus tard a Suivi le sort de celle de monsieur $arret (voyez tome 11,page 500); il faut dire pourtant que l'édition de 1573 ajoute ce document qui manque dans toutes les autres , que la blessure était à la ioincture du coude ; mais quelle confiance accorder à ce renseignement donné de mémoire plus de neuf ans après l'accident? et ne se peñt-il pas que Paré ait attribué à M. dé la Croix lés conditions de la blessure de M. de Mansfelt, pour lequel nous venons dé voir qu'il avait commis uné autré erreur ?

Quoi qu'il en soit, nôtre auteur nè man= qüait pas, après ces histoires, dé raconter sa discussion 8ur le trajet dé là sanié à travers les vaisseaux, appuyée de la comparai-

sans auoir senti aucune douleur l’espace d’vn an : lequel estant passé, luy suruint grandé douleur au ventre, et pour-ce eut l’opinion de plusieurs medecins touchant ceste douleur, sans leur faire mention de ceste aiguille qu’elle auoit auallée : toutesfois aucun ne luy sceut donner allegement : et vesquit ainsi l’espace de dix ans ! : lors tout à coup par vn petit trou prés du nombril, ladite aiguille sort, et fut guarie en peu de temps.

Vn escolier nommé Chambellant, natif de Bourges, estudiant à Paris au college de Presle , aualla vn espy d'herbe nommé gramen, lequel sortit quelque temps apres entre les costes tout entier, dont il en cuida mourir :

et fut pensé par defunt monsieur Fernel, et monsieur Huguet, Docteurs en la faculté de Medecine. Il me sem ble que c’estoit fort fait à Nature d’auoir expulsé ledit espy dela substance des poumons , auoir fait ouuerture à la membrane pleuretique, et aux muscles qui sont entre les costes : et neantmoins receut guerisOn : et Croy qu’il soit encore viuant.

son des monte-vins, de celle du lait des femmes nouvellement accouchées qui s’écoule par la matrice ; en alléguant égale- .ment l'exemple du chyle attiré par le foie, de la semence parcourant les vaisseaux du testicule. On peut retrouver toute cette discussion, avec des changements insignifiants de rédaction, aux pages 501 et 502 de notre tome deuxième.

Après tout cela venait ensuite l’histoire de l'escolier Chambellant , qui est la seconde du chapitre actuel. Quant à celle de Benivieni, elle a été ajoutée en 1575 , en même

temps que toutes les précédentes étaient supprimées... Art rrin

1 Paré avait mis par erreur, deux ans; le texte de Benivieni porte, decem annis.

Cabrolle :, chirurgien de monsieur le Mareschal d’Anuille, n’agueresm’a certifié que François Guillemet , chirurgien de Sommieres, petite ville qui est à quatre lieuës prés de Montpellier, auoit pensé et gueri vn berger auqueldes voleurs auoient fait aualler vn cousteau de longueur d’vn demypied, et le manche estoit de corne, de grosseur d’vn pouce : qui fut l'espace de six mois en son corps, se plaignant grandement, et deuint etique, sec ét emacié : en fin luy suruint vne aposteme au-dessous de l’ainé, iettant grande quantité de pus fort puant ct infect, par laquelle en presence de la iustice fut tiré ledit cousteau , lequel monsieur Joubert, medecin celebre à Montpellier, garde en sun cabinet, et l’a monstré à plusieurs, comme vne chose admirable, digne de grande memoire , et monstrueuse. Ce que pareillement Iacques Guillemeau , Chirurgien Iuré à Paris, m'a affermé auoir veu au cabinet de monsieur Iloubert, pour lors estant à Montpellier ?.

Monsieur deRohanauoit vn folnommé Guion, qui aualla la pointe d’vne espée tranchante, de longueur de trois doigts ouenuiron ,etdouzeiours apres la ietta par le siege : et ne fut sans luy aduenir de grands accidens, toutesfois rechappa : il y a des gen-

1 L'édition de 157$ disait monsieur Cabrolle ; 1e monsieur a été retranché dès 1579, probablement parce que c'était trop d’honneur pour un chirurgien. Cabrol vivait encore en 1595.

2? Cette dernière phrase, dans laquelle Paré appelle Guillemeau en témoignage, a été ajoutée en 1579 , et n’a pas été changée depuis. On voit que Guillemeau n’y est pas encore nommé chirurgien du roi. Voyez

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