‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 39 sur 602 · tome 11, page 799, la note 1 de la deuxième colonne · texte numérisé non relu

tome 11, page 799, la note 1 de la deuxième colonne

tils-hommes de Bretagne encore viuans qui la luy virent aualler.

On a veu aussi à certaines femmes , l'enfant estant mort dans leur matrice, les os sortir par l’ombilic, et la chair par pourriture estre iettée par le col de leur matrice, et par le siege , s’estant fait abcés: ce que deux chirurgiens celebres et dignes de foy m'ont certifié auoir veu à deux diuerses femmes.

Pareillement monsieur Dalechamps en sa Chirurgie Françoise, recite qu'Albucrasis auoit traité vne dame de mesme chose, dont l'issue fut bonne, ayant recouuert sa santé, toutesfois sans porter enfans depuis.

Semblablement est vne chose bien monstrueuse de voir vne femme, d'yne suffocation de matrice estre trois iours sans se mouuoir, Sans apparence de respirer , sans apparente pulsation d’artere : dont quelques vaes ont esté enterrées viues,pensans leurs amis qu'elles fussent mortes.

Monsieur Fernel escrit d’vn certain adolescent, lequel apres auoir pris grand exercice, commença à toussir iusques à tant qu'il eust ietté vne aposteme entiere de la grosseur d’vn œuf, laquelle estant ouuerte fut trouuée pleine de bouë blanche, enueloppée en vne membrane. Iceluy ayant crachéle sang par deux jours, auec vne grande fiéure, toutesfois rechappa !.

L'enfant d’un marchand drapier, nommé de-Pleurs, demeurant au coin de la rue neufue nostre Dame de Paris, aagé de vingt deux mois , aualla vne piece d’yn miroir d’acier, qui descendit en la bourse, et fut cause de sa mort. Estant decedé, fut ou-

1 Le chapitre se terminait là en 1573 et 157h; le reste est de diverses dates,

uert en la presence de monsieur le Gros, docteur regent en la faculté de Medecine à Paris, et l’ouuerture faite par maiïstre Balthazar, chirurgien pour lors de l’Hostel-Dieu. Cu* rieux de la verité, m’en allay parler à la femme dudit de-Pleurs , laquelle m'affirma la chose estre vraye, et me monstra la piece de miroir qu’elle portoit en sa bourse : qui estoit de telle figure et grandeur !.

Figure d'une piece de miroir, qu'avalla un en- Jfant aagé de vingt deux mois, qui fut cause de sa mort.

Valescus de Tarante medecin, en ses Obseruations medicinales etexemples rares, dit qu’vne ieune fille Venitienne aualla vne aiguille en dormant,de la longueur dequatredoigts, et dix mois aprés la ietta par la vessie auec l’vrine ?.

L’an 1578, au mois d'octobre, Tiennette Chartier, demeurant à sainct Maur les Fossés , femme vefue aagée de quarante ans, estant malade d’vne fiéure tierce, vomit au commencement de son accés grande quantité d'humeur bilieux, auec lequel elle

1 Cette histoire a été ajoutée en 1585, de même que l'observation suivante de Valescus.

2 Valescus de Tarente n’a point écrit d'Observations medicinales; Paré cite par mégarde le titre d’un livre de Rembert Dodoens , Medicinalium Observationum Exempla rara , à la suite duquel Dodoens a publié

quelques faits extraits du Philonium de Valeseus.

reietta trois vers qui estoient velus, et du tout semblables en figure, couleur, longueur et grosseur à chenilles, sinon qu’ils estoient plus noirs:

lesquels depuis vesquirent huit iours et plus, sans aucun aliment. Et furent iceux apportés par le barbier dudit

sainct Maur à monsieur Milot,docteur ,

et lecteur des escoles en Medecine, quipensoit lorsladite Chartier, lequel me les monstra. Messieurs le Féure, le Gros, Marescot, et Courtin Docteurs en Medecine, les ont aussi veus !.

Je ne puis encore passer que ne recite ceste histoire prise aux Chroniques de Monstrelet , d’vn franc-archer de Meudon pres Paris, qui estoit prisonnier au Chastelet pour plusieurs larcins, dont il fut condamné destre pendu et estranglé: il en appella en la cour de Parlement, et par icelle cour fut declaré estre bien iugé et mal appellé. En mesme jour fut remonstré au roy par les medecins de la ville, que plusieurs estoient fort trauaillés et molestés de pierre, colique, passion et maladie de costé, dont estoit fort molesté ledit francarcher, et aussi desdites maladies estoit fort molesté monseigneur. de Boscage , et qu’il seroit fort requis de voir les lieux où lesdites maladies sont concreées dedans les corps humains, laquelle chose ne pouuoit estre mieux sceuë qu'en incisant le corps d’un homme viuant : ce qui

1 Cette histoire a été ajoutée en 1575 , en même temps que la suivante. La place qu'elles occupent est une nouvelle preuve du peu de soin avec lequel Paré faisait ces additions; car évidemment cette histoire de vers rejetés par le vomissement revenait de droit au chapitre qui précède; et l’anecdote du franc archer de Meudon convenait beau- Coup mieux au chapitre des pierres qui s'engendrent au corps humain.

pouuoit estre bien fait en la personne d'iceluy franc-archer , qui aussi bien estoit prest de souffrir la mort : laquelle ouuerture fut faite au corps dudit franc-archer, et dedans iceluy quis et regardé le lieu desdites maladies, et aprés qu’ils eurent esté veus, fut recousu, et ses entrailles remises de:lans : et par l’ordonnance du roy fut bien pensé, tellemeut que dedans quelques iours il fut bien guari : et eut sa remission , et luy fut donné auec ce.argent!.

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