‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 389 sur 602 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

DIVISION DES MEDICAMENS SELON LEVR MATIERE ET SVBSTANCE,

Aux entrailles et veines de la terre, et és abysmes des eaux, est cachée

4 L'édition de 1575 portait ici : comme est escrit des psylles deduns Pline, liu: T. de l'Histoire naturelle, et Crinitus, en son pre-

et enseuelie la superbeté des richesses de ce monde, comme or, argent, et autres mineraux, ensemble plusieurs pierres precieuses accompagnées de diuerses proprietés singulieres. Aussi la superficie de la terre est reuestue d’vne infinité d'arbres, herbes, et arbrisseaux , où il y a vne consideration infinie à contempler leur grand nombre et varieté en leurs racines, fueilles , fleurs, fruits, gommes, odeurs, saueurs,et couleurs, diuersité de leurs grandes vertus qu'elles ont : pareïillement est produit sur icelle innumerables animaux, differens la pluspart entre-eux. A quoy la bonté de ce grand Architecte

se manifeste infiniement de les auoir

donnés à l'homme, tant pour son contentement et plaisir, que pourle nourrir et medicamenter. Et par ainsi à bon droit les anciens ont dit tous les medicamens estre pris des bestes, des plantes , de la terre, de l’eau, et de l'air.

Des bestes, totales et entieres, parlies et excremens d'icelles. Des bestes totales : car aucunesfois on vse d’vn regnard , d’vn petit chien, herisson , grenoüille, limacon, vers de terre, cancre, et autres sortes de bestes. Des parties des bestes que l’on prend, comme foye de loup, foye de bouc, poulmon de regnard, l'os du cœur de cerf, l'os coronal de l’homme, graisse, sang, chair, moëlle, testicules de castor, dont se fait le castoreum , et autres parties. Des excremens d’icelles, ou estans comme excremens, cornes, ongles, poil, plumes, cuir, fiel, vrine, fiente, saliue, miel, œufs, cire, laict, laine, sueur, et autres semblables :

mier liure d'Honneste discipline , et pareillement de la fille qui fut enuoyee à Alexandrele-Grand, ete. Le texte actuel date de 1579.

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sous lequel genre aussi sont contenus specialement les excremens de cerfains animaux, comme les perles, le musc, là civetté, l’œsypus, et Pamrbre, sperma celi, et autres.

Des plantes, soient arbres, arbrisseaux, ou herbes enlieres, ou parties d'icelles. Entieres, comme souuent lon vse de cichorée, guimauues, maulues , plantain, et autres. Des parties des plantes, Comme racine, moëlle, bois, escorce, iettons, caule, fueilles, fleurs, semence, fruit, suc, ou jus, larme, gomme, mouce.

De la terre, lesquels sont ou sortes et especes de terre, ou pierres, ou métaux. Les sortes ét especes deterre, bolus armenus, terra Ssigillata, cimolia , creta, argila, etc. Les pierres sont, pumex , pyriles, ou marchasila auri, drgenti, œris, etc, marmor, magnes, gypsum, calx viua, lapis Speœularis, etc. Les metaux et matieres metalliques, sont or, argent, estain, plomb, airain, cuiure, fer, acier, anlimonium , cerussa, sulphüur, cinnabrium, lithargyros auri, argenti , tuthia vulgaris, pompholix vera, ærugo, dlumen, vitreolum vtrunque, salis gehera, arsenicum virunque, etes

De l'eau douce sont pris medicamens, comme de l’eau de pluÿe, fontaine , fleuue, auec tout ce qui naïst en icelle, comme lenticula aquatica, acorus vulgaris, nymphœa, sisymbrium. De l’eau salée sont pris le sel, l'alcyonium , omnia coralla, omnes tesiæ piscium, v{ ossa Sepiæ, spongiæ.

De l’eau meslée de douce et salée sont pris l'herbe androsaces qui , entachée et enracinée sur quelque pierre ou test et coquille de poisson, flotte sur l’eau douce és lieux où elle se mesle auec la salée, comme és emboucheures du Nil, és estangs de Frontignan et cap de Sete, De telle espece d’eau |

LE VINGT-CINQVIÉME LIVRE

aussi est pris l’asphaltum, comme il sé voit és estangs de Ia mer Morte en ludée, et en ceste fontaïne de Langucdoc à Beau-regard , que les habitans du lie nomment en léur vulgaire, Fons de la Pége.

De Pair sont pris la manne, laquelle pour ce respect est appellée par Galien ; miel aërien, et toute autre espece de rosée, qui peut estre en vsage medicinal tant pour Ie respect des vertus qu’elle reçoit du sole:l, duquel elle est attirée, ét de l'air, que dés herbes et plantes sur lesquelles elle tombe et s’assied.

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