BTE
voici comme il s'exprimait en 157 :
« Quant aux medicaments, faut preuoir si la vertu du malade est suflisante, et si les humeurs sont furieux et mobiles , alors faut ordonner du diprunis simple, casse fistulaire mondee, decoctions de violles, mirabolans citrins, syrops violat, rosat, de grenades, oxyzaccara. Semblablement soit fait clistere de decoction de prunes, iuiubes, violles, son, orge. Si le malade par siccité de teste deuient en phrenesie, soit procuree sternutation auec buille viollat, ou rosat, et laict de femme. Les pieds et cuisses soient mis en eau tiede, et douce. La plante des pieds soit oincte auec huille viollat ou semblable. En la declinaison est bon faire bain d’eau douce auec fueilles de vigne , de sauls, de laictues, et semblables refrigerans. Et mesme apres les purgations generales prouoquer les sueurs par l’vsage de vin blanc et tenu, bien trempé : et les vrines par dccoction d’acheet d’aneth. »
Le reste est relatif à la saignée ; nous y reviendrons dans la note suivante. En 1579, dans le chapitre cité du livre des Tumeurs, Paré commençait également par les laxatifs ; mais il ajoulait aussitôt :
« Autrement si les forces du malade sont
LE VINGTIÉÈME LIVRE,
Il y à vnegrandecontrouerse entre les auteurs, scauoir s'il faut saigner ou purger dés le commencement :
pour moyiay veuen monieune aage,
petites, ne faut purger ni saigner que bien petitement : de peur que la dissipation des esprits ( à laquelle les bilieux sont subiels ) n’induise syncope. »
Puis venait l'indication des elysteres ; puis cette phrase, calquée sur la première édition , et dont le sens est cependant tout différent :
« Si le malade par resiccation du cerueau tomboit en delire, qu’on luy rafreschisse la teste avec huile violal, rosat, et autres semblables. »
Ainsi dans le texte primitif il s’agit de sternulalion, dans le second de fomentations räfraichissantes. Toutefois il est probable que le mot de sternutalion provient d’une faute d'impression, car une note marginale porte: fomentation. Les autres prescriptions sont les mêmes; mais à l’occasion des sueurs, la rédaction de 1579 offre un long passage qui ne se retrouve ni dans le texte primitif ni dans le livre posthume. Voici tout ce qui a trait à cet objet.
« Mesme l’humeur ja cuit et mitifié, les purgations generales ayant precedé, sera bon prouoquer les sueurs par l’vsage de vin blanc, bien tenu et trampé. Vrayement les sueurs en toute fieure putride sont bonnes, quand elles viennent en temps et lieu :
pource qu’elles euacuent les matieres conioinctes de la maladie. Mais surtout en la fieure tierce : d’autant que tel humeur se resoult aisément en sueurs pour sa lenuité.
Pour aider à la sueur, sera bon auecques le vin blanc mentionné, prendre decoction de figues, raisins de damas mondés, chiendent, et autres racines aperitiues. Par dehors on prend esponges imbues en la decoction d'herbes chaudes, comme romarin, thym, lauande , marjolaine et autres, espreintes et appliqueeschaudementaux ainnes, aisselles, entr’espaule du majade, tenu couuert en son lit. Autres remplissent à demy des vessies de porc de ceste decoction, les appliquent aux costez et entre les iambes, comme aux
DES FIÉÈVRES.
et ay remarqué en mon premier traité des fiéures 1, que dés le com-
pieds des bouteilles de terre remplies de mesme. On doit cesser de faire suer lorsque la sueur commence à se refroidir sur le malade. »
Dans le texte actuel, il s'occupe d’abord des lavements, et précise mieux l’époque de leur administration. Tout-à-l’heure, quand il aura parlé de la saignée, il établira aussi une plus grande réserve, appuyée sur sa propre expérience, touchant l’emploi des purgalifs. Les bains, le vin blanc et les diurétiques demeurent recommandés; mais plus de fomentations à la tête, plus de bains ni d’onctions aux pieds, et enfin plus de ces moyens sudorifiques que l’on trouvait signalés dans toutes les éditions à partir de 1579.
1 Je reproduirai ici comme terme de comparaison le texte exact du premier traité.
« La saignee doit estre faite non ayres le tiers accez, comme commande Galien, mais dés le commencement de la fieure. Car comme ainsi soit que ceste fieure au plus tard se termine en sept accez, certes si vous attendez que le tiers accez soit passé, la fieure sera en son estat. Or Hippocrates defend de rien mouuoir en l’estat par l'aphorisme 29 dela 2. section, de crainte que Nature, qui lors seulement trauaille à la concoction de la maladie, ne soit retiree et desbauchee de son entreprise. Or cela se doit entendre s’il y a plethore au corps et plenitude des vaisseaux, pour euentiler et refraichir la masse des humeurs : car autrement ne sera bon de faire vacuation de sang, de tant qu'iceluy est le frain de la cholere : c’est-à-dire ce qui l’adoucit, et qui meslée auec icelle par sa douceur et vaporeuse benignité et humidité empesche qu’elle ne se monstre si furieuseet.violente.»
Ainsi se termine le chapitre 7. Au livre des Tumeurs de 1579, on lit à peu prés la même chose, sauf la dernière phrase, qui est supprimée. La première phrase avait été aussi singulièrement changée : « La saignee doit estre faicte, non apres le tiers accés 5 mais dés le commencement, comme le commandé Galien. à
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mencement de la fiéure , aprés auoir consideré siles forces du malade le permettoient, qu’on le purgeoit, principalement quand les humeurs estoient furieux et mobiles, et ce auec diaprunis simple, casse fistulaire mondée, decoctions de violes, mirabolans citrins,syrops violat, rosat, de grenades, oxysaccara :et on ne saignoit, selon le precepte de Galien, qu’aprés le troisiéme accés. Et encore n'estoit-ce que ceux où il y auoit plethore au corps et plenitude des vaisseaux, pour euentiller et rafraichir la masse des humeurs: autrement il n’estoit loisible de faire vacuation de sang, d'autant qu’on croyoit que c’est luy qui est le frein de la cholere, c’est à dire, ce qui l’adoucit, et qui meslé auec icelle, par sa douceur et vaporeuse benignité, empesche qu’elle ne se monstre si furieuse et violente. Mais maintenant ie voy que les plus celebres Medecins, soit qu'ils ayent esté faits sages par l’erreur des autres, soit par leur propre experience, et par les beaux effets qu'ils ont veu reüssir de lasaignée,saignent dés le commencement, non vne seule fois, mais aprés les trois premiers accés aux trois iours de l’intermission, et ne purgent leurs malades qu'aprés le quatriéme accés: et de fait, que c’estoit mal ordonné que dediffererla premiere saignée aprés le troisiéme accés. Car comme ainsi soit que ceste fiéure au plus tard se termine en sept accés : certes si on attend que le troisiéme accés soit passé, la fiéure sera en son estat. Or Hippocrates defend derien mouuoir en l’estat par l’Aphor.
29. de la 2. sect., de crainte que Ia nature, qui lors seulement (rauaille à la concoction de la maladie, ne soit retirée et desbauchée de son entreprise.
Donc selon la violence du mal et le
temperament du malade, on pourra saigner deux ou trois fois dés les premiers accés aux iours d'intermission, el aprés le quatriéme on purgera doucement et benignemént auec casse, lamarins, rheubarbe, sené de Leuant, mirabolans citrins, et syrops violat, de pommes composé, et de cichorée aussi composé, reiterant le mesme medicament aprés le cinq ou sixiéme accés, à fin d’espuiser le ventre d’vne quantité d'humeurs qui y regorgent. l’ay obserué que ceux qui purgeoïient auant le quatriéme accés, ou qui vsoient de remedes vn peu forts et violens , d’vne fiéure tierce simple faisoient vne double tierce : c’est pourquoy il se faut faire sage, et estre va peu plus retenu à la purgation que n’estoient pas nos anciens.
Sur le declin de la fiéure, il estbon de faire vn bain d’eau douce auec fueilles de vigne, de sauls, de laitues, et semblables refrigerans, Et mesme aprés les purgations generales , prouoquer les sueurs par l’vsage du vin blanc et ténu bien trempé : et les vrines par decoction d’ache et d’anet,.