‹ Œuvres complètes d'Ambroise ParéChapitre 97 sur 602 · CHAPITRE XXXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIV

DES FIÉVRES CONFVSES.

le n’ay que trois mots à dire en ce Chapitre, veu que la doctrine des fiéures confuses depend de celle des composées, que nous auons expliquées assez copieusement au Chapitre precedent.

Nous appelons fiéure confuse, celle qui est engendrée de la pourriture de diuerses humeurs ensemble peslemeslées et confuses en vn mesme lieu, mais qui ne laissent pas de garderleur proprenature. Lescomposées se font bien de la pourriture de diuerses humeurs : mais ny ces humeurs là ne sont point confuses et pesle -meslées ensemble, ny ne se pourrissent point en vn seul lieu, mais en diuers foyers: d’où il arriue aussi que les signes et les symptomes descomposées sont aisément conneus et distingués, là où ceux des confuses sont confus , et tellement ioints et liés par ensemble, qu’on ne les sçauroit ny reconnoistre ny distinguer. l'ay dit au reste, que telles humeurs, encore bien qu’elles soient retenues en vn mesme lieu, ne laissent pas que de conseruer leur propre nature, qui est par exemple, de la pituile. de s’esmouuoir tous les jours, et de donner des refroidissemens au commencement de la fiéure qu’elle produit : de la bile, de s'esmouuoir tous les trois iours, et de donner des frissons: de la melancholie, de se mouuoir le quatriéme iour , et d'apporter des horreurs. Ce que Îay bien voulu adiouster, à fin de donner la difference qu'il ya entre les fiéures confuses et les fiéures intermittentes

bastardes, que quelques vns ont voulu mettre au rang des confuses, veu qu'elles s’engendrent de deux diuerses humeurs qui se pourrissent et en mesme lernps êt én mesme lieu.

Mais comme ray dit, les humeurs qui font16s confuses gardent chacuneleur naturel, d'autant qu’elles he sont pas si bieh meslées qu'elles ne facént qu’vne nalure, aifis seulemént sont confusémeéent mises én mesme lieu :

de sorte que cela n’empésche pas qu’elles ne gardent tousiours et leur nature ét leurs propriétés : mais les huitieurs qui font les fiëures bästardes, sont si exactement méslées et mixlionnées entr’elles, qu’elles ne font qu’vne nature , et ne recoiuënt qu’vne forme : c’est pourquoy aussi elles né font qu’'vne seule fiéure.

Quelques autres veulent qué les fiéurés confuses soient produites de deux occasions, comme de l’inflammation de deux diuerses parties, laquelle fait deux fiéures continues.

Que &i pareillemént le poulmon par exemple est trauaillé d’vn erysipele, et le foye d’vn plilegmon, ils disent qu'alors il suruieñt deux fiéures confuses, l'vne bilieusé causée par l’erysipéle du poulmon,et l’autre sanguine engendrée par lé phlegmon du foÿe.

Mais tout cela est de peu d’importance pour là pratique : car soit que ce soient fiéurés confuses, ou fiéures composées, pouruëéü qu’on reconnoisse la qualité dé l'humeur qui se pourrit, il est aisé d’inuenter et de trouuer les rémedés propres à les guerir.

LE VINGTIÉME LIVRE,

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