‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 100 sur 515 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

DE LA. DIFFICVLTÉ d'aVALLER.

Voicy vn acciden t qui estonne grandement les malades, quand ils sentent que les viures ne peuuent presque passer , et qu'ils se persuadent qu'il y a quelque chose en l' œsophage qui les veut suffoqueretestouffer. C'est pourquoy il faiit auoir quelques remèdes pour les soulager prompteraent.

Ce symptôme icy arriue par vne vapeur espaisse ou humeur pituiteuse, qui tombant du cerueau, ou esleuée del'estomach, s'attache à l'œsophage, et peu à peu par l'ardeur de la fiéure s'y endurcit : si bien que partie à cause de sa viscosité , partie à cause de sa grande seicheresse, elle estoupe et estrecit en sorte le passage, que le febricitàiit a peine d'aualler.

Il faut donc à ce mal partie deterger et nettoyer , partie humecter et amollir. Ce qui se fait auec les syrops violât, de iuiube, sucre candi, suc de reglisse, vinaigre, verjus: on peut faire vn gargarisme auec reglisse re-

DES riEVRES.

ceute, orgo, bctoiiie, sauge, hyssopc, marjolame, figues grasses, semence (l'anis, clans lequel on délaye vne onco de syrop aceteux simple pour qualre ou cinq onces de décoction. Quelques vus en font vn plus aisé, auec décoction d'orge seulement, et syrop de grenade, miel rosat, ou oxymel.

Au reste il y a vne difficulté de respirer qui suruient aux fleures, où il n'y a point de remède : elle vient de la luxation des vertèbres du col excitée par la conuulsion des nerfs desdites vertèbres , ou d'vne grande foiblesse et imbécillité du malade : en ce cas il ne faut espérer que la mort, veu que la conuulsion qui vient de la seicheresse est mortelle : et lors que les forces du malade manquent, les remèdes n'ont plus de lieu.

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