‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 110 sur 515 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

DV FLVX EXCESSIF d'VRINE.

La Nature cherche quelquesfois diuerses descharges pour guérir les maladies, tantost par le ventre, parles diarrhées, tantost par les sueurs, tantost par vn flux d'urines que les Grecs appellent perirrhée : et ce flux icy est critique, d'autant qu'il se fait par le bénéfice de la Nature au soulagement du malade. Quelquesfois on prouoque l'vrine auec des medicamens diurétiques si puissamment, qu'il sort vne grande quantité d'eaux du corps:

mais tel flux est plustost nuisible que profitable, d'autant que cela vient de la malignité de tels medicamens , qui pour estre grandement chauds, et de parties ténues, fondent le sang et le font tourner en eau et sérosité. A cest accident icy, il faut donner les medicamens rafraichissans , qui puissent pareillement espaissir etincrasser le sang, et arrester les fluxions, comme sont les décoctions deplantin , depourpié,laictue,bource de pasteur, ioubarbe, auec les syrops de pauot et de pourpié.

Ily a vn autre flux d'vrine excessif, que l'on appelle diabètes , lorsque les febricitans pissent beaucoup et souyent, et rendent leur vrine aqueuse et ténue si tost qu'ils ont beu.La cause de ce symptôme est triple, sçauoir l'intempérie chaude et seiche de^

DES FIÈVRES

reins, riiumeur bilieuse acre et sallée dont les reins sont abbreuucs et incessamment irrités, et quelque venin pernicieux. On obserue qu'aux fleures ardentes le diabètes suruient par la colliquation des reins et dissolution de tout le corps, ce qui fait qu'ordinairement il est mortel. Ces accidens sont de telle importance qu'ils méritent bien qu'on aille fueilleler les liures des bons aulheurs, pour leur trouuer des remèdes : c'est pourquoy ie n'en diray rien autre chose. Il me suffit d'indiquer ces symptômes, comme effets pernicieux des fiéures.

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