‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 133 sur 515 · DV VOMISSEMENT · texte numérisé non relu

DV VOMISSEMENT

Tous les anciens ont fort apî)rouué le vomissement sur toutes autres purgalions, lorsque principalement la cause des goûtes prouient du cerueau eldcFeslomach. Car pariceluyilse fait euacuation et diuersion des humeurs piluileux, séreux et cholerques , qui deUuent plus communément que les autres humeurs aux Ioinlures. Pareillement le vomissement atténue le phlegme gros et visqueux contenu en l'estomach, et partant il est loiié, tant au commencement qu'à l'accroissement, estât et déclinaison , et aussi tant à la preseruation qu'à la curation des goûtes , et deliure de plusieurs autres maladies, et purge l'humeur virulent,comme nousmonstrerons au traité de la Peste. Tu prendras toulesfois garde que le patient n'ait le thorax et le cerueau débiles : car en ce cas le vomissement seroit suspect.

Et pour le regard de l'ordre et temps qu'il conuient vomir, ceux-là doiuent vomir auant le past, ausquels pour quelque exercice que ce soit, ou autre mouuement, les excremens fluent en l'estomach : au contraire

1 Ce chapitre était confondu avec le préccdcul en 1575 ; il en a dlé séparé en 1579.

DKS GOVTJ'S.

(loiiienl vomir après le pasi, ceux qui ont amassé grande quantité d'humeurs piluiteiises. le louë plus le vomissement après la prise des viandes, qu'à ioun, parce qu'il faut plus grand eQbrt à ietter la pituite qui est contre les parois de l'eslomacli estant vuide, que lors qu'il est plein de viande : et par le vomissement qui est fait par force , y a danger qu'il ne se rompe quelque veine ou artère de la poitrine ou des poulmons. D'auantage, à ceux qui ont la poitrine estroitte et le col long, en temps d'hyuer le vomissement est contraire, s'ils ne l'opt accousturaé, et que nature ne lendist àsedescbarger par telle voye. El faut que le patient vomisse de quinze iours en quinze iours, plus ou moins, selon la répétition et vexation de la goûte.

Or il me souuient auoir pensé en ceste ville vn gentil-homme geneuois, lequel auoit vne extrême douleur à la iointure de l'espaule seneslre, auec impotence de tout le bras, et auoit ja esté traité par plusieurs médecins et chirurgiens , tant de Lyon que de ceste ville : et me recita que pour luy ester sa douleur, il auoit esté purgé, saigné, et auoit fait diète, tant par le gaiac que par l'esquine , et qu'on luy auoit fait plusieurs applications sur le lieu de sa douleur : neantmoins ne luy auoient toutes ces choses rien ou peu profilé. Sur quoy ie luy demanday s'il n'auoit point eu la grosse vérole, à cause de sa douleur qui estoit plus grande la nuit que le iour , parce que la cause esloit vne pituite et matière froide : il m'afferma que non : et ayant entendu tous les remèdes qui luy auoient esté faits , et ce par gens doctes, ne luy sçauois qu'ordonner, fors que le vomissement. Et m'ayant dit qu'il estoit difficile à voiri.

niir, ie luy conseillay qu'il crapulast, et mangcast plusieurs et diuerses viandes au souper, auec oignons, poreaux, et semblables: puis qu'il beust d'autant, et de diuers vins , à sçauoir doux et aigres : pource que la grande quantité et diuersité de viandes et de breuuage est cause du vomissement, à raison qu'aucunes sont cuites et pourries les vnes deuant les autres , et la grande quantité ne permet icelles estre digérées en l'estomach, dont s'ensuit qu'on vomit plus aisément.

Aussi luy ordonnay qu'après cela il se couchast assez tost , et qu'à son premier resueil il se prouoquast à vomir, mettant vne plume ou le doigt en la gorge, à fin que plus aisément il iettast auec sa viande le phlegme gros, visqueux et séreux, et qu'il fist cest excès par deux ou trois iours suiuans : pource qu'en ce faisant (comme dil Hippocrates le second et le tiers iour peuuent pousser ce qui reste du premier. Et luy dis qu'il continuast ce vomissement vne fois ou deux le mois, et qu'il prist eu sa bouche et ma.schast par fois du mastic à ieun, à fin qu'il fist par ce moyen euacualion et diuersion de l'humeur qu'il sentoit, disoit-il, couler de la leste sur son espaule. Semblablement qu'il frottast sanucque et son espaule d'eau dévie, en laquelle on auroit infusé rosmarin, lauande,cloux de girofle, vn peu concassés : pareillement qu'il fist exercice médiocre de son bras. Quelque temps après ie le Irouuay , et me dit qu'il auoit fait ce que ie luy auois conseillé, et n'auoit iamais trouué meilleur moyen pour appaiser sa douleur et la perdre: et par ainsi fut du tout guari, s'aidant autant bien

' Hippocralcs an liure De ratioiic victits. — A. P.

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de son bras que iamais axioit fait.

Ceux qui ne veulent crppulcr pour leur prouoquer le vomir, boiront bonne quantité d'eau, en laquelle aura boiiilli tjeg raups, auecqnes demie once d'oxymel : toulesfois ne faut en faire coustume , mais suffira deux ou trois fois le mois, et quand le malade sentira son estomach chargé, et que Nature le stimule à ce faire.

Or maintenant il nous faut poursuiure nostre propos de la curation preseruatiue,

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