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Le commun àccouchement des femmes est vn enfant, toutesfois on voit (comme le nombre des femines est grand) qu'elles accouchent de deux , que l'on appelle gémeaux, ou bessons :
il y en a qui en accouchent de trois, qttcltre, citl(i, Six, et plus.
Emjièdoclés dit que lors qii'il v à grande quantité de sémence , il se lait plul-alité d'ënfans. Autres, comme les Stoïques, diSetil tiu'ils s'engendrent pour ce iqu'en la matrice il y à jiluSieiJrs celiulës, Séparations et cauit'és , et (Juànd la seiiiënce est esparidtife en icelles , il se fait piusieiirs enfahfe. îoutestbiâ cela ëèt faux , car en la imatritë de Ih fëirime il ii'ë se trouue qu'vne seule cauité : mais aux bestes , comme chienries, potirceaiix , et autres, il y a plusieurs cellules, qui est cause, qu'elles portent plusieurs petits.
Aristote a eScrit que la femme ne pouubit enfanter d'vne portée plus de
1 Cette phrase se lit dans l'édition de 1 573 ; dans celle dé 1575 elle devint le titre du chapitre suivant, bien que le titre actuel existât déjà dès J573; et enfin elle a été effacée dans toutes les autres. Je l'ai rétablie ici, parce qu'elle fournit au moins une apparence de transition entre ce chapitre et le suivant. Là succession est d'ailleurs assez logique, puisqiië la plupart des monstruosités décrites dans ce chapitre sont des l'usions de deux jumeaux.
cinq enfans : toiilesfoîs cela est aduenu en la semante d'Auguste César, que d'une portée elle accoucha de cinq enfans, lesquels (non plus que la mere ) ne vesquirent que bien peu de temps.
L'an 155^, à Berne en Soiiisse,la femme de îean Gislinger, Docteur, enfanta pareillement d'vne portée cinq enfans, trois masles et deux femelles 1,
Albucrasis dit estre certain d'vne dame qui en auoit fait sept : et d'une autre, laquelle s'estant bleèsëe, auorta de quinze bien formes. Plinë, ch. ii, li v. 7, fait mention d'une qui ën auorta de douze. Le mesme aulheur dit que l'on a teu à Péloponnèse vtie femme qui accoucha quatre fois, et à chaque portée de ciliq ehfans , desquels la pluspaft vesquirent.
Daiechamps, en saChirurgie Françoise ^ ch. Lxxiv, fetiil. 448 , dit qu'vn gentilhomme nommé Bonauenlure Sauelli, Siennois, luy a affermé qu'une sienne esclaue, qu'il entretenoit, lit sept enfans d'une portée , desquels quatre furent baptisés. Et de notrfe temps, entre Sarte et Maine, parroisse de Seaux, près Chambellay, il y aune maison dë gentilhomme appellée la Maldemeure, duquel la femme eut la première année qu'elle fut mariée, deux enfans , la seconde année trois , la troisième quatre, la quatrième cinq, la cinquième six, dont elle mourut :
il y a vn desdils six Crifans viuant , qui est au iourd'huy sieur duditlieude Maldemeure.
ABeaufort en tallèc, pays d'Anjou, vne ieùne femme , fille de feu Macé Chauniere, accoucha d'un enfalit , et
1 Cette histoire est éinpruntée à Lycosthchcs, p. 644, il'aprÈS lequel J'ai ttctiOé le nom de Gislimjcr dont les imprimeurs de Paré avaient fait Gclinger,
hulct où dix ioilrs àjîi-es d'vn iHitrc, rfu'il Itiy fîUlùt lirci- hois lë ventre i dont elle bit mdliriit.
Mavtimis Cl-ohioniS ati liiil'C 9. flë rhistoiib (le l'bUlongnë, ëscril qu'iiii la proviiîce de Craboiiie, Mai-gtierilë, dàtne fort YcHueuse et de grandb ci dhciëhne maison , femtne d'vn coriité dit Vii-boslaus , accoiicha lë xx, loub dë lîiritiifeb 1269, d'vne venlrée de ti eillë six ënfans vift.
Francisbus Picus Mirandula cscrit (Ju'vne fbtiinic en Italie, botîiriiéë Dorôlhea, accoucha en deliî Ibis de vingt enfàns , à sçauoir, de neuf eh vne fois, ët d'onze îi Taulrë : laljhellë iJoirtarit Vh si grdnd fdi-deaù , efetoit si grosse qii'ëile souSlenoil soh vëtitre , qui luy descendoit iusqùës ahx geliduils , dùec vfle grande bahdë , qhi luy prënoit àU cël ët adx iespahles».
Oi- qiiaht à la raison de la multitude des enfans, qiieiqiies - vns du toiit ignares dë l'aîiatoîhie ont voulii persuader qu'en là matrice dë là fëmme il y àuoit piusiëurs celliilëà et sinus, à sçauoir sept : trois au cosié droit pour les masles, trois au gauche pour les femelles, et le septième
1 Toutes les éditions ajouleilt : comme tu vois par cepoHruil; et elles donnent en effet la figure d'une femme avec un ventre énormément grossi et soutenu par la bande indiquée. Pai-é a copié celle figure dans Lycoslhènes, où elle est reproduite au moins cinq ou six fois; je l'ai retranchée comme étant de piirc fantaisie et d'ailleurs ihulile pour l'intelligence du Icxlc. C'est aussi d'après Lycoslhcnes, p. G'i4, qu'il rapporte l'hisloirc de Dorolhea.. rajouterai qu'immédiatement après celle figule, dans les éditions de 1573 6t 1575, venait l'histoire de l'épilaphe de Yolande Baiily, reportée depuis au chapitre 4i du livre de la Gmemiion. \oy. t. Il, p. 73G.
fROblGES. i6
droit au îiiilieu pour les hermhfro-
dites : mesme quë ce mcnsdnge a esté ànlhorisé insqueslà, que quclques- Vhspar après 0ht alTermé vne chacune de ces sept cauilés estre derëchef diUisëb en dix autres : et de là ils ont tiré la thullitude des enfans d'vne vëhtrée ; de ce que diuerses portions de la Sbhience ëstoient escartées et rbcbuëis en plusieurs cellules*. 3Iàiâ tblle chose n'est appuyéë d'aucune raison et authorité, àins est contraire au sens et à la veuë j bien que Hippocrales semble auoir esté de ceste opinion au liure De naiura pmri :
mais Aristote, liure 4 , chapitre 4^ Db ^eneratione ammai.j pense qu'il se fait des iumëaux, ou plusieurs enfans d'une venttée, de mesnie sot te qu'vn sixième doigt en la main ^ à sçauoit-j pour la redondance de la matière i laquelle estant en grande abondance, si elle vient à se diuiser en deux, il se fait des iuttieaux;
Il m'a sfemblé bon qu'à cëst ëndt-oit ie dèscriue dès herhiafrodites , à càusë qu'ils tiennent aussi de supèl ■abondance de hiâtierë;