‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 178 sur 515 · CHAPITRE VI. l'opinion d'avcvns repbovvée · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. l'opinion d'avcvns repbovvée

Ceux errent grandement, qui disent que le venin desbestes venimeuses est froid , parce que ceux qui en sontj mordus, ou piqués, subit deuiennent froids, et que les serpens ( comme craignans le froid quand l'hyuer s'approche) se cachent és cauernes sous terre, ou sous les pierres, qui est le naturel des vipères , où quelquesfois on les trouue si surprises de froid , qu'elles demeurent toutes amorties et immobiles, comme si elles estoient gelées. Or véritablement la froideur de ceux qui en sont mordus

des accidens qui aduiennent : car lanlost les malades ont froid, tantost chaud, en sorte qu'on voit grande diuersité des mouvemens de nature: aussi aucuns font mourir proraptement, les autres lentement : qui se fait pour la diuersité du venin , dequoy on ne peut bien rendre raison. Les anciens ont nommé vne vertu occulte, ou cachée, celle de laquelle nous ne pouuons rendre les raisons naturelles , mais sont cogneucs par la seule expérience , laquelle ferme le pas à toutes les raisons , depuis que légitimement elle apparoist. »

DES

OU piqués, ne procède pas île la froideur du venin : mais de ce que la clialeur nalurello se relire des parties extérieures aux intérieures, pour secourir le cœur, et aussi qu'elle est surmontée et esleinte par le venin. Et ne faiit conclure que tous serpcns soient froids, parce qu'on les trouue en hyuer en leurs trous, tous comme immobiles, et comme morts: cela ne procède sinon que leur chaleur naturelle est retirée en leur ventre, pour résister à Tair ambiens qui est froid.

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