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dre ou disposition que Dieu aye mis en Nature, en la reuolution des saisons, au mouuemont des astres et planètes, tant y a qu'il n'est point lié ny suiet à créature quelconque : ains besongne et fait ses œuures en toute liberté, et n'est aucunement suiet de suyure l'ordre qu'il a establi en nature : mais s'il veut punir les.hommes à cause de leurs péchés, à fin de leur monstrer sa iustice, ou les combler de biens pour leur faire sentir sa bonté paternelle, il change sans difficulté cest ordre quand bon luy semble , et le fait seruir à sa volonté , selon qu'il voit estie bon et iuste. Car tout ainsi qu'au commencement de la création du monde, par le commandement de Dieu, la terre produit verdure, arbres fruitiers , la mer ses poissons , la lumière aussi esclairoit auant que ces deux grands luminaires, le soleil et la lune, fussent créés, pour nous apprendre que c'est le Tout puissant , qui par soy-mesme a fait toutes choses ' : aussi depuis que le gouuernement des créatures a esté assigné au soleil et aux planètes , desquels la terre et ce qu'elle contient reçoit aliment et nourriture , nous sçauons comme ce grand Dieu a changé le cours naturel d'iceux pour le bien et profit de son Eglise. C'est ce que nous lisons, que le Seigneur alloit deuant les Israélites, par iouren colomne de nuée , pour les conduire par la voye , et de nuit en colonne de feu , pour les esclairer 2. En ceste mesme façon le soleil et la lune furent arrestés et changèrent leur cours, à la prière de losué^. Aussi par la prière d'Elie, il ne pleut point pendantl'es-
' Genèse, 1. — ^A. P.
^ Exode 13, — A; P.
3 Josué. 10, — A. P.
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pace de Irois ans et six mois ». Par ces eXeiTiplies donc , il apjîert clairement que Dieu dispose de ses cinealures selon son boil plaisir, tant pour sa gloire que pour le salut de ceux qui l'inuoquent en esprit lèt vérité
Or comme le Seigneur se sert de ces choses inférieures pour estre ministres de sa volontié-, èt tesnàoifnaig-es de sa gl-ace à cieux qui le craignent^ aussi elles lùy seruent de heraults et exécuteurs de sa iuslice pour punir lés iniquités et offenses des pécheurs et contehipteurs de sa Maiesté. Et partant , pdur le dire en vn mot , c'ést la Alain de Dieu qui , p-ar son iuste iugemeht, darde du tiel ceste peste et contagion, pour nous chastier dfe nus offenses et iniquités , selon la menace qui est contenue en l'Esciîture, Le Seigneur dit ainsi : îe feray venir sur vous fe glniue ■exec'wteiir , fmr fa vengeance de mon alliance, et quand vous serez rassembles eh vos villes, ie vous enrioyeray la pestilence au milieu de vous vt serez literés la main de l'en-
nemy Qu'on lise aussi tre qni est escrit en Habacuc , diàpitre 3. Le SeigineUr des armées dit : Fo/cy, i'ennoye swr eux l'^espét, la famine et lapes^te *. SemblaMement Dieu commanda à Moyse ietler en l'air certaine poudre en la prese'n'ce de Pharaon, à fin qu'eh toute la terre d'Egypte les hommes et autres animaux fussent affligés d'apostemes pestilentiels , vlcerès, et plusieurs autres maladies s.
Ce que Dàuid a confirmé disant , que Dieuenuoya en Egypte deis mousches qui deuorerent le pays , et des grenoiiiiles iqul les destrufsirenl, ét donna
1 1. Rois 17.'— A. P.
2 Epislre saincl laques, ch.
3 Leiiil. 26. — A. P.
* leremie 29. — A. P. ' 5 Exode 9. — A. P.
leur* fruits aux chenilles ét leur 14bteur aùx sauterelles : ftt gasta leurs vignes par gfesle , et leurs figuiers sauirages par la tempeste : ét liurà leui'S iùmens à la gt-esle et leurs troupeaux à la foudre. Puis adiouste qu'il dressa à ison ire , et n'espargna de les mettre à mort , et liura leur vie à la peste i. Pareillement au Deutertinome , Moyse menace les transgresseurs de la loy de Dieu de plusieurs malédictions , et entre autres de peste -, apostemes, ènfleures, et maladies ardentes 2.
Or le seul exemple de Dauid nous monstre Texeculion de ces menaces terribles, quand Dieu , pour son peclké , fit Tnourir de pesté septante mille hommes , ainsi que l'Escritûre tesmoigne^. Le prophète Gad futenuoyé à Dauid auec commandement de Dieu : le l'olï're trois choses , esly l'vne d'icelles, etie le fer a y. Lequel veux-tu , ou que sept ans de famine vientient sur lu terre : ou que par l'espace de trois mois tu fuyes deuaht tes ennemis , et xïu'ils te poursuiuent : ou que par trois iours la peste soit sur la terre ? Là dessus Dauid prie de cheoir plustoSt entre les mains de Dieu qu'entre celles dés hommes: d'autant, dit-il, ^u'ii est miséricordieux.
Et quelqu'vn pourra dire que ce peuple n'auoit pas mérité la mort
1 Psmu. 78. — A. P.
2 DeiU. 28. — A. P.
s Ce paragraphe se terminait Là en 1568; le reste ne fut ajouté qu'en 1579. Il faut dire en outre que dans l'édition de 1585 et les suivafites^on lit : ainsi que l'Escrilure lesmoigne au l.Taire des Jiois, chap. 24. Celte ci tatioTi est fausse , et c'es:t pourquoi je l'ai retranchée , d'autant mieux que dés i5G8 une note marginale donnait la citation légitime: 2. Sairtim, 24.
DË LA.
I pour l'offense de soh roy. Oh peut I respondro qu'il estoil encore plus meschant que liiy , car il le reserua pour la gloire de son saint nom
Nous lisons pareillement que le Seigneur pUnit l'idolâtrie et profanation de son éeruice par le fléau de la pesté. Car \oicy comiUie il parle :
Poiir-ce qiie tu as Dîolé mon êainct Ueû en tes infametés ei ahomihalîons , U briseray aussi , et mon œil ne l'espargiiera point, et n'en ûuraij point du pitié ': car ta trôisiémepàriie mourrû âepes'té 2.
Concluons donc qUe la peste cl autres maladies dangereuses , sont teslùoignage de la fureur diuiue sUr les pectés , idolâtries et superstitions qui régnent en la terre, cottimé niesmes vn aUtheur profane est contraint de confesser qu'il y a quelque c'hoèè dé dîuin aux maladies ^. Ét pour tant , lors qu'il plais! au Seigneur des Seigneurs, et Créateur de toutes choses, Yser de ses iusles iugeniens , nulle de ses Créatures ne peut euiter sa fiireUr espouuantable : voire mesme ciel et terre en tremblent , ainsi que Dauid nous enseigne ^ :
Les cieax fondirent en «uenr :
La terre trembla de la peur De ta face terrible.
Que sera-ce donc de nous, panures humains, qui nous escoulons comme la neige? Comment pourrons-nous subsister douant le feu de Vire de Dieu, veu que nous sommes foin et paille, et que nos iours s'euanoiiis-
^ Ce petit paragraphe a été intercalé ici en )685. La dernière phrase n'en est pas très claire, mais le texte est le même dans toutes les éditions.
2 Ezechiel, 5. — A. P.
•î Hippocrates.c/jo]}. "2.. du 1. Imre desPrognosiiques. — A, P>
iPicaume 68. — A, P.
sent comme vapeur de fumée? Apprenons de nous conuertir de nos voyes mauuaîses à la pureté du seruice de Dieu, et ne suiuons point l'exemple des fols malades , qui se plaignent de la chaleur et altération de la fiéure, et cependant reiettent la médecine qui leur est représentée pour les guarir de la cause de la maladie. Sçachons que c'est icy le principal antidote contre la peste, que la conuersion et amendement de nos vies. Ët tout ainsi que les Apoticaires font du theriaque de la chair du serpent, pour guarir de la morsure venimeuse : aussi de la cause de nos maladies, c'est à sçauoir de nos péchés, tirons-en le remède et guarison , en regardant vers le fils de Dieu lesus Christ nostre Seigneur, lequel ne guaril pas seulement le corps de ses infirmités et maladies, mais nettoyé l'ame de tout péché et ordure •• et à l'exemple de Dauid, gémissons et reconnoissons nos péchés, prians ce bon Dieu de cœur et de bouche, comme il s'ensuit * :
Ne vueille pas , 6 Sire , Me reprendre en ton ire , Moy qui t'ay irtité, etc.
Voila la première et principale considération que tous chrestiens doiuent connoistre, en recherchant les causes diuines de la peste, et le preparatif qu'il faut prendre pour la guarison de telle maladie. Et outre ce, ie conseille au Chirurgien ne vouloir aussi négliger les remèdes approuués par les Médecins anciens et modernes : car combien que par la volonté de Dieu, telle maladie soit enuoyée aux hom mes, si est-ce quepar sasaincte volonté les moyens et secours nous sont donnés pareillement de luy.pour en vser comme d'instrumens à sa gloire ,
i Pscaume G. — A . P.
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chcrclians roraodes en nos maux , mesmes en ses créatures, ausquelles il a donné certaines propriétés et vertus pour le soulagement des panures malades : et veut que nous vsionsdes causes secondes et naturelles, comme d'instrumens de sa bénédiction : autrement nous serions bien ingrats, et mespriserions sa beneficence. Car il est escrit, que le Seigneur adonné la science aux hommes de l'art de Médecine, pour estre glorifié en ses merueilles Et partant ne faut négliger tous autres moyens, que descrirons cy après.
Il reste maintenant rechercher les causes et raisons naturelles de ceste peste.