‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 230 sur 515 · CHAPITRE VIIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIT

DESCRIPTION O EAVX CORDIALES, ELEC- TVAIIIES, OPIATES, PILVLES, ET AV- TIIRS REMEDES A PRENDRE PAR LA BOVCHE, PRESERVATIFS ET CVRATIFS DE LA PESTE.

Ceux qui n'ont accoustumé et abhorrent à manger au matin , prendront quelque médicament contrariant au venin : et entre tous l'eau theriacale est tres-excellente, de laquelle, après s'eslre habillé, et ayant rendu ses excremens , et fait quelque exercice, il en conuient boire un doigt, la mcslant auec bon vin : et d'icelle aussi on s'en lauera les mains et la face, et pareillement la bouche et les oreilles , et on en tirera aussi vn peu par le nez. Car elle conforte le cœur, chasse le venin loin d'iceluy, et n'est seulement vtile pour précaution, mais aussi est propre pour la curation , à prendre promptement qu'on se sent frappé , par-ce qu'elle prouoque grandement la sueur, et partant chasse le venin des parties internes aux externes : et la doit-on faire au mois de luin, attendu que les herbes en iceluy temps sont en leur grande vigueur et force. La composition en est telle ^.

if. Radicum gentianae, cyperi, lorraenlilla;, diclamni , enulœ campanae ana § . j.

Foliorum lapsi barbali, cardui benedicli, mofsus diaboli, pimpinellm, scabiosœ, oxalidis agreslls minoris ana m. G.

Summitatum rulœ p. j.

1 Nous avons déjà vu au chap. 38 du livre de la grosse Ferolle, deux recettes A'eaux «/;eriacute; celle-ci en est lout-à-fait différente. Comparez tome II , page 699.

DE LA

Baccariini mvrti 3 . j.

Rosarum puipurcariim, floruni biiglossi, borraginis et hypericonis ana 5 j.

Mundentur omnia, pislenturet macereiitur xxiiij. horarurn spalio in vini albi aut maluatici , aqiia; rosarum et oxalidis ana tt>. j. deinde reponanlur in vase vitreo, et addatur Ihcriacœ et milhridalij ana §.(!>. fiât distillatio in balneo Maria;.

El l'eau estant distillée, on la mettra en vne pliiole de verre, et de rechef on y adioustera

Croci 5. j.

TerrîB sigillata;, boli armeniae, santali ci- Irini , rasiira; eboris , limaluriE cornu cerui iunioris prope caput assumpti ana 3 . C .

Puis on estoupera la phiole, et la laissera-on fermenter au soleil par l'espace de huit ou dix iours, et sera gardée : et lors qu'on en voudra vser, on en prendra deux doigts en vn verre , plus ou moins , selon la force et vigueur des personnes. On en peut bailler aux petits enfans qui encore tettent, et à ceux qui sont ja sevrés , et aux femmes grosses : et à fin qu'elle soit plus gracieuse et facile à boire, on la peut faire passer par la chausse d'Hippocrales, lors qu'on la voudra prendre, y adiouslant vn peu de succre et canelle concassée.

Autres prennent au matin par précaution, de la racine d'enule campane , ou zedoar, ou angelique, en les maschant et tenant en la bouche. Les autres prennent de la racine de gentiane pilée, le poids d'vn escu, et trempée la nuit en vin blanc, et en boiucnt deux doigts au matin à ieun ; les autres prennent du vin d'aluyne :

autres vsent de conserue de roses, de buglosse, de chicorée, violettes de mars, fenoil doux : autres prennent de la terre sigillée , ou de la corne de m.

PESTE. 3(jy

cerf ratissée, le poids d'vn escu , dodans vn œuf mollet auec vn peu de saflran^ puis boiuenl deux doigts de vin : aucuns prennent de l'eau de vie, et y meslent de bon vin blanc, du bol d'Arménie, racine de gentiane, lormcu tille, dictam, semence de genéure , doux de girofle , macis , canelle, saffran, et autres semblables, les faisant distiller in balneo Mariœ.

On pourra aussi vser de cesle eau cordiale, qui a très grande vertu.

^. Radicis aristolochiœ longœ et rotundœ, lormenlilla; , dictamni ana 3. iij.

Zedoariae §. ij.

Ligni aloës, santali ciîrini ana 3. j.

Foliorumscordij, hypericonis, acetosœ,

rutœ, saluiae, ana § . fi.

Seminis iuniperi, baccarum lauri ana

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