CHAPITRE XL
DE PLVSIIîVnS EVACVATIONS QVI SE FONT OVTRE LES PRECEDENTES, ET PBEMIE REMENT DE LA SVEVR.
Ayant parlé des euacuations qui se fout par l'apoateme pestiféré , par les
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charbons et autres éruptions du cuir, il nous reste de présent à parler de celles qui se font par sueur, vomissemens , flux de sang par le nez, ou hemorrhoïdes, et par les mois aux femmes, aussi par le flux de ventre, et autres, à fin que par telles euacualions on aide encores Nature à expeller le venin du dedans au dehors , et principalement que celuy qui n'est encores paruenu iusques au cœur n"y puisse aller aucunement.
Et en telles euacuations le chirurgien aura esgard où Nature est coustumiere à faire sa descharge , et aussi où elle tend à faire sa crise : toutesfois icelles euacuations ne sont pas tousiours critiques , mais symplomatiques ou accidentaires , comme Nature n'ayant tousiours puissance de faire bonne concoction comme elle dcsireroit, à cause de la malignité de la matière, qui est altérée et corrompue, et du tout contraire aux principes dont nous sommes composés.
Et pour commencer à la sueur , si Nature tend à se descharger par icelle, elle sera prouoquée en faisant coucher le malade en vn lit bien chaud et bien couuert , et luy mettant cailloux chauds, bouteilles ou vessies de porc ou de bœuf remplies d'eau chaude , ou esponges trempées en quelque décoction chaude et puis espreintes , et faisans ce qu'auons dit cy deuant pour prouoquer la sueur.
Les anciens nous ont laissé par escrit, que toutes sueurs sont bonnes aux maladies aiguës , pourueu qu'elles soient faites aux iours critiques, et soient vniuerselles et chaudes, et parauant signifiées en iour démonstratif: mais en telle maladie de peste, ne faut attendre la crise, comme nous auons dit, mais aider Nature à chasser subitement le venin hors par tous
moyens où on verra que Nature s'enclinera le plus. Le malade donc suera vne heure ou deux , plus ou moins , selon qu'on verra eslre nécessaire.