CHAPITRE XLL
DV VOIHISSEME^T.
Aussi le vomissement purge les humeurs que les médecines fortes ne peuuent bien faire , et par le moyen d'iceluy l'humeur vénéneux est ietté le plus souuent hors. Parquoy si Nature tend à se descharger par iceluy, on luy aidera en donnant à boire au malade demie liure d'eau tiède, quatre onces d'huile d'oliue, vne once de vinaigre, et vn peu de jus de raifort : puis tost après luy faisant mettre en la gorge vne plume d'oye imbue en huile, ou vne petite branche de rosmarin : ou mettra les doigts au profond de la gorge , pour se prouoquer à vomir.
Autre l omiioire.
Prenez eau de semence de lin, laquelle soit mucilagineuse , et en faut boire vn verre d'icelle estant vn peu liede.
Attire.
Prenez de la décoction de raifort ou de sa semence , et semence d'arroclie , de chacun trois dragmes.
Demie once d'oxymel, et autant de syrop aceteux.
Et faut en donner à boire au malade en bonne quantité vn peu tiède.
Autre.
Prenez six onces d'oxymel de Galien, et deux onces d'huile commune, et soit donné ticde.
DÉ LA
Or si Nature n'est facile à se descharger par le vomissement, ne la l'aut contraindre : car estant fait par véhémence , il cause distension aux fibres nerueuses de l'eslomach , et abbat les vertus , et quelquesfois rompt quelque vaisseau aux poulmons, dont s'ensuit flux de sang qui abbrege la vie du malade. Parquoy en tel cas ne faut prouoquer le vomir : mais plustost l'eslomach sera corroboré par dehors de sachels faits de roses, absinthe, santaulx (ce que descrirons plus amplement cy après) et par dedans de jus de coings ou berberis , et bons boiiillons, et autres choses qui corroborent l'eslomach.