‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 310 sur 515 · DV POISSON NOMMÉ CASPILLY · texte numérisé non relu

DV POISSON NOMMÉ CASPILLY

ii se voit au goulfe d'Arabie vn poisson nommé CaspiUy^ armé d'aiguillons , dont il en a vn au milieu du front comme vne corne , long de quatre pieds, fort aigu. Iceluy voyant venir la Baleine , se cache sous les ondes, et choisit l'endroit plus aisé à blesser, qui est le nombril : et la frappant , il la met en telle nécessité que le plus souuenl elle meurt de toile

^ Tout ce paragraphe, jusqu'en cet. endroit, est exlrait, avec une méchante figure qui suivait, du livre des Monstres dé 1579.

DE LA LICORNE

Llessure: et se senlaot touchée au vif, commence à faire un g^rand bruit, SB tourmentant et ballant les ondes, escumant comme vn verrat, et va d'vne si tres-grande fureur et roideur se sentant prés des abboys de la mort, qu'elle culbute et renuerse les nauires qu'elle rencontre, et fait tel naufrag-e qu'elle les onseuelit au profond de la mer. Ledit poisson est merueilleusement grand el fort, et lors que les Arabes le veulent prendre, ils font comme au crocodile, sçauoir est auec vne longue et forte corde, au bout de laquelle ils attachent vne pièce de chair de chameau , ou autre besle : et lorsque ce poisson apperçoit la proye, il ne faut à se ielter dessus et l'engloutir. Et estant l'hameçon auallé, el se sentant piqué, il y a plaisir à lui voir faire dessaylts en l'air, et dedans Teau :

puis estant las, les Arabes le tirent à coups de flèches, el luy donnent tant de coups de leuierqu'ils l'assomment :

puis le mangent, et gardent sa plus grande corqe pour en vser (X)ntre les venins, ainsi que les autres fout des cornes de Licornes.

CHAPITHE XIII.

PV POISSON NOftlMÉ VjLETIF , ESPECE DE UCORJSE DE MER.

André Theuet en sa Cosmographie, dit que courant fortune en l'Océan es cosles d'Afrique, visitant la Guinée et l'Anopie , il a veu le poisson cy après représenté, ayant yne corne sur le front en manière d'viie scie longue de trois pieds et demy, et large de quatre doigts, ayant ses pointes des deux costés fort aiguës. Il se com-

bat furieusement de ceste corne.

Ceux de la Guinée l'appellont en leur iai'gon fictif.

Défunt monsieur le Coq, Auditeur en la Chambre des Comptes à Paris , me donna vne corne dudit poisson qu'il gardoit en son cabinet bien cher rement : lequel sçachanl que i'ostois curieux de rechercher les choses ra, res et monstrueuses, désira qu'elle fusl mise en mon cabinet, auec mes autres rarilés. Ladite corne est longue de trois pieds et demy, pesant cinq liures ou enuiron, ayant cinquante et vne dents aiguës et tren.

chantes, longues du trauprs d'vn pouce el demy : eslans icelles dents vingt-cinq d'vn coslé, et vingt-six de l'autre. Ceste corne en son commencement est large d'vn demy pied ou enuiron, allant lousiours en diminuant iusqu'à son extrémité , où elle est obtuse ou mousseuse , estant platle, et non ronde comme les autres cornes. Le dessus est de couleur comme d'vne sole, et le dessous aucunement hlanc , et fort poreux.

Il s'en trouue d'autres moindres, et plus petites, selon l'aage du poisson.

Plusieurs estiment ledit animal estre vne licorne marine , el s'en seruent contre les morsures et piqueures de besles venimeuses , comme l'on fait de la icorne de licorne. Le populaire l'estime estre vne langue de serpent, qui est chose faulse.

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