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LICOIINE. •
venin |)Pstifcr6 n'est encore arrcsté en vne partie par vne bosse ou charbon, il vague et erre de lieu t\ autre, et se meut l'iiricusemeut (comme la heste sauuage qui est en rulh et en amour) auec douleur, qui ne donne aucun repos au pauure malade, à cause de la grande malignité vénéneuse et furieuse qui ne cherche que à accabler le cœur et autres parties nobles. Parquoy sans faire aucun delay, il le conuient vuider et euacuer, pourueu que la bosse ou charbon n'apparoissent desia.- d'aultant qu'alors ilfauldroit s'en abstenir, parce qu'on interromproit le mouuement de Nature, et l'empescheroit de ietter le venin hors. Or ledit venin sera vacué par vomissemens, flux de ventre, sueurs, et autres vacuatlons que descrirons icy, les plus signalées que i'ay cognu par expérience. Entre lesquels pardessus tout sont le Theriaque et Melhridat, etc. »
Ici on retombe dans le texte du chap. 24 du livre de la Peste , mais pour quelques ligne seulement ; et voici la nouvelle pratique :
« Dont subit que le patient se sentira frappé, prendra dudit Theriaque ou Milhridat. La quantité se doibt diuersifier selon les personnes. Car les forts et robustes en pourront prendre vne dragme et plus, auec six grains de scamonee en pouldre ; les moyens, demie, auec trois grains de ladicte scamonee: et les enfans encore moins, et sans scamonee, dissoult en eau de chardon benist, ou bugiosse, ou de l'ozeille. Apres l'auoir pris , se faut proumener et se mettre au lict chaudement , etc. »
Celte nouvelle pratique ne venait pas d'une nouvelle expérience; Paré cite en marge comme autorité iVïco/e Nancel en son Traicié de la peste, dont le nom reviendra encore à la fin de ce discours. C'est sans doute à cette source qu'il avait pris le remède suivant, omis dans le livre de 1585.
« Elecluaire de l'œuf, duquel vsoil l'empereur Maximilien , bien estimé des gens doctes.
» Prenez vn œuf frais, et faicles sur les deux bouts vn petit Irou : puis on s.oufUera par vn des bouts pour faire sortir tout le blanc et le iaulne : Iceluy vuidé, le fault remplir de safran Oriental subtilement pul-
DfSCOVRS DE LA. LICpRNB.
uerisé : Et après estoupper les trous d'vne autre coquille d'œuf, auec mastic fort masché. et le scicher près le feu, tant que la couucrUire tienne fort. Cela faict, le fault mettre cuire soubs les cendres chaudes , et l'y laisser tanfc^u'il vienne de couleur violette, et qu'il se puisse pulueriser auec la l Oquille. Puispezerla dicte pouldre, el prendre autant de semence de rue puluerisee, et du Dictamnus albus, racine de Tormentille, de chacun demy-once, puluerisez bien subtilement , graine de Moustarde deux dragmes, aussi puluerisee , et le tout incorporé. A quoy on adioustera autant de bon Therlaque, lequel sera derechef incorporé en vn mortier de marbre, par l'espace d'vne heure. Icelle mixture sera gardée en vn vaisseau de verre bien bouché.
» Or durera ceste composition trente ans : Et d'autant qu'elle sera plus vieille, d'autant sera-elle meilleure.
» Elle preserue de la peste, en prenant tous les matins à ieun la grosseur d'vn poix : et la tenant longuement en la bouche, à Gn que la vapçur et vertu soit communiquée au cerueau. Si l'on se sent frappé de peste , il en fault prendre la grosseur d'vne febue, et la deslayer auec eau d'Endiue ou AcCt leuse , et vn peu d'eau de vie. Puis se promener, si l'on peult : et après se poser dedans le lict, etcouurir Ires-bien, et mettre vue grosse bouteille remplie d'eau bouillante à ses pieds , et suer par l'espace de deux heures, plus ou moins, selon la vertu du malade: et aprçs se faire bien essuyer. Notez que pendant que l'on suera on se doit garder de dormir. Apres la sueur, sera baillé quelque bon bouillon, auquel il y aura vn peu de ius de citron, et du safran. »
J'ai conservé cette recette à cause de son titre et de sa composition étrange; elle est juivie d'autrçs dont j'ai retrouvé la plupart éparpillées en divers chapitres livre de La Peste, el la patience m'a manqué pour faire la même recherche à l'égard du resle.
Au chap. 23, correspondant au chap. 38 du livre et portant le même titre, j'ai remarqué un passage plus intéressant touchant la cautérisation des charbons; ou pourra le
comparer avec le texte primitif, ci-dessus, page 441.
« Sur tout le ieune Chirurgien doit bien aduiser, que si la pointe du charbon apparoist noire, il la fault canleiiser auec huile feruente, ou eau forte, ou cautère actuel : car par ce moyen, on luy faict perdre vne grande partie de sa malignité, à cause que l'on donne issue au venin, et s'appaise la douleur, et te puis asseurer l'auoir faict auec heureux succez. Or on ne les doibt cautériser, s'ils ne sont noirs, parceque ceste noirceur est la gangrenée, et partant moins douloureuse. Dauantage il se fault garder de cautériser ceux qui sont rouges, douloureux, ou enflammez, de peur de causer vne extrême douleur, et accroissement de fiéure, et estre cause de la mort du pauure malade. Dieu sçait combien ces ieunes Barbiers esleus à penser les pestiferez en ont fait mourir par ce moyen.
» Apres la cautérisation , on fera des scarifications dessus, iusques à ce que le sang en sorte. Puis on y appliquera le cul d'vne poule commune qui ponne , à fin qu'elle ait le cul plus ouuert; ou vne grosse poule d'Inde , etc. »
Je laisse cette histoire du cul des poules , trop longuement exposée au chap. 34 du Livre^ictuel (page 432). 4près celaje ne trouve plus rien de nouveau , à l'exception de l'espècç d'épilogue qui termine le Discours.
« Fiis du brief Discours de la Peste, extraict du vingt vniesme Uure de mes OEuures. Que si aucun désire en auoir plus ample inttruction et intelligence, qu'il lise ledit vingt vniesme liure, là où sont déduites au long plusieurs autres dispositions etaccidens qui la suyuent. Finalement, qu'il voye vn traicté que nagueres a faict monsieur Maistre Nicole de Nancel , Medecin'demeurant à Tours, lequel en a autant bien escrit que nul autheur que i'aye oncques cognu, et d'vn langage facile à entendre, selon la doctrine des Anciens : par où l'on peult iugcr (si ie ne me trompe) qu'il a mis la main souuentefois aux armes, pour combattre et vaincre ceste maladie, et les accidens qui la suyuent. »
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