CHAPITRE XX m
DES SVPPOSITOIRES, NOVETS , ET PESSAIRES.
Suppositoire est vne manière de tente (ayant le temps passé eu figure
ringue ordinaire ; A. Paré est le premier qui ait parlé de cette seringue perfectionnée et propre pour se donner soy-mesme im clystere. Mais il ne semble pas donner l'instrument comme de lui, et nous ignorons à qui est due cette modiûcation.
Il est à remarquer que dans ce chapitre il ne parle que des seringues j toutefois, les chausses à clystere étaient encore en usage de son temps, et se trouvent mentionnées au chapitre 48 du livre de la Peite. Voyez cidessus, page 4ôO.
LE VINGT-CINQVIÉMIÎ LIVRE
de gland , dont encore pour le iourd'huy elle relient le nom de glans^) qui se met au siège, à fm d'irriter le muscle sphincter à l'expulsion des excrcmens contenus és intestins. Ceux que l'on fait de présent n'ont figure de gland , mais pluslost de pessaire :
car on les fait ronds et longs, en forme de chandelle de cire, d'où vient que le vulgaire de Languedoc les appelle candelettcs.
Ils sont doux, ou mediocres.ou forts.
Les doux et médiocres sont faits des poudres laxaliues, commode bière , sel , et miel. Les forts sont composés des poudres de scammonée, euphorbe, colocynlhe, et semblables, auec miel, ou ius d'herbes acres, ou fiel de bestes. Quelquesfois ils sont faits de seul sauoD, souuent aussi des troncs de porée,oude sa racine, aucunesfois d'vn lardon.
Pour composer vn suppositoire , faut mettre pour vne once de miel, vne dragme de sel , ou de poudre irritante et laschante, comme il est facile à connoistre par les exemples.
Suppositoire médiocre.
7f. Mellis cocll j.
Hierœ picrœ et salis communis ana 5. C .
Fiat suppositorium longum quat. digitor.
:2f. Mellis cocti § . j.
Pulueris colocynthidos B.C.
Salis gemmae 3 .j.
Fiat suppositorium.
Nous vsons des suppositoires , quand le patient pour son imbécillité ne peut pas endurer clysteres , comme és fiéures ardentes, ou quand les malades ne veulent prendre clystere , aussi quand oh ne rend point le clystere qu'on a pris : finablemeut
1 L'édition de 1576 disait : de balanut.
DES MEDICAMENS.
tis affections froides de la teste , qui endonneutles malades, nous vsons communément de suppositoires forts et aigus , à Ou d'exciter la vertu expultrice du muscle sphincter, estant assoupie par telles maladies : ou bien quand la maladie de son naturel est telle, qu'elle est euidemment offensée par rysage des ciysteres : comme en Tenterocele, en laquelle si le boyau est rempli du clystere , il presse d'auantage le péritoine, et de sa granité tombe plus aisément par la partie relaxée ou deschirée dans le scrotum.
Les nouëts , que l'on appelle en \a.lin Noduli , ont mesme vsage que les suppositoires, et souuenlesfois sont pris pour suppléer le défaut , tant des suppositoires que des ciysteres , quand on est en lieu où l'on n'en peut pas fournir. Et pourtant les nouëts sont faits des medicamens que l'on peut partout facilement trouuer :
sçauoir est , de iaunes d'œufs meslés auec du sel et du beurre, aucunesfois fiel et miel, et le tout lié en vn linge médiocrement délié à la grosseur d'vne aueiaine, laissant du fil de quelque longueur au bout , à fin que quand on les mettra dans le siège , qu'ils se puissent retirer quand on voudra. Vous le pouuez ordonner en ceste manière.
2f. ■Vitellumvnius oui.
Cui adde salis modicum , fellis veruecis et mellis ana §. fi.
Bulyri g . iij.
Misce, flant noduli filo appensi.
Les temps propres à prendre tant suppositoires que nouëts, est le matin auant dlsner comme des ciysteres, car à telles heures Nature a coustume de reietter les excremens. Si on est contraint d'en vser après disuer , que
ce soit pour le moins quatre heures après le repas.
Pessaire est plus gros que suppositoire , et est approprié à la matrice : lequel est fait de cotton ou soye, ou linge et laine pignée, en laquelle on a mis quelque médicament pour mettre au col de la matrice : lequel est fait ou pour vlceres du col de la matrice, ou pour prouoquer ou arresler les menstrues, ou pour la suffocation de la matrice, et purger les excremens d'icelle. Parquoy ils sont faits de gommes, jus, semences , herbes, racines, appropriées aux intentions que nous voulons, et incorporées en consistence emplastique et solide, pour les mettre en figure d'vu doigt dedans la matrice : mais on a coustume de les lier au bout, comme appert par les exemples.
Pts-mre prouoquanl les mois.
"if. Myrrhpe, aloës ana 5. j.
Sabinœ, serninis nigellae, artemisiaj ana 3.ij.
Radicis ellebori nigri 3. j.
Croci 9. j.
Cura succo mercurialis et melle flat pessarium filo alllgatum coxee.
Pessaire ■pour anesler les mois.
"if, Mastiches, thuris ana § . iij.
Aluminis, rosar. rubr. nue. cupressi ana §• ij-
Ladani, hypocistidos, sumach, myrtill.
ana 3. iij.
Fiat pessarium cum succo arnoglossse, et cotone.
A l'exemple de ceux-cy on pourra faire d'autres pessaires pour amollir, astreindre, mondifier, incarner, cicatriser les vlceres du col de la matrice : lesquels faut prendre au soir quand
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on se couche, et les faut garder six ou sept heures.
Or les pessaires se font , non seulement des poudres de medicaraens receuës et abreuuées de quelque suc, comme portent les exemples cy-dessus mentionnées, mais aussi de simples poudres receuës en vn sachet de linge rare délié et farci, d'vn peu de cotton pour le faire enfler et bouffer en iuste grosseur. De telle forme de pessaire nous pourrons commodément vser contre la cheuto et précipice de l'amarry L'exemple proposé par monsieur Rondelet en son liure des Mcdicamens internes, est tel.
^. Benioini, styrac, garyoph. ana 5. j. Gallia; moscata; 3. ù .
Moschi g . vj.
Fiat puluis exceptas bombace, imponalurin vlerum.