CHAPITRE XXXV
DES ERRHINES ET STERNVTATOIRES.
Errhines sont medicamens appropriés au nez, à fin d'expurger le cer-
1 Je copie ce titre, comme plusieurs autres des précédents chapitres, dans l'édition de 1675; déjà, dès la suivante, ils avaient été reportés en marge pour la plupart, et dans ce changement plusieurs étaient restés oubliés.
DES MEDICAMENS.
ueaii, et tirer les excrcmens d'iceluy par le nez, ou pour nettoyer et deterger ceux qui ja sont adhorens et attachés au nez, comme il aduient aux polypes, ozenes, et autres vlceres d'iceluy. Ces errhines sont ou liquides, ou secs, ou de consistence emplastique.
Les liquides, que les Latins nomment Caputpurgia , sont faits aucunesfois des jus des herbes, comme des jus de porée, choux, mariolaine, anagallis, hyssope , mélisse, ou des eaux d'icelles , meslées ou cuittes auec du vin, ou quelque syrop, comme oxymel sdllilicum , syrtipus de hyssopo, syrupus rosaius, ou mel anlhosatum.
Souuentesfois sont faits des poudres de poyure, pyrethre, marrubium, nigella romana, castoreum, myrrhe, ellébore blanc, euphorbe, cyclamen, et autres poudres meslées en petite quantité , comme à vne drachme ou vne drachme et 'demie, selon la violence du médicament, auec les jus susdits dépurés, ou les eaux distillées des mesmes herbes. Le tout le sera manifeste par deux exemples suiuantes.
Of. Suçci betœ, maioranœ et brassicse ana
Depurentur et modicè bulliant cum vini albi 5. ij.
Oxymelitis scillitici §.6.
Fiat errhinum.
Quelquesfois quand il est question de faire plus forte attraction du cerneau, l'on peut adiouter ou faire dissoudre en la décoction de l'errhinum quelque médicament purgatif, comme l'agaric, le diaphœnicum, sené, cartami, et autres semblables, dont est ■venue la distinction des errhines en
ceux qui tircnlla pituite, bile, et melancliolio, selon que le médicament dissout en iceux a vertu d'attirer vn humeur, ou autre. Exemple proposé par monsieur Rondelet, est tel.
7f. Radicum pyrclhri, irid. ana § . j.
Puleg. calam. orig. ana ni. j. Agari. trocliis. 3. iij.
Florum anthos et slœchados ana p. j.
Fiatdccoclio in ïïj.j. colat. dissol. mellîs
anthos. et scill. ana 5 . iij.
Fiat caputpurg.
Toutesfois le cas escheant qu'il faille que les purgatifs entrent en la composition de l'errhine, il sera meilleur d'vser d'iceux simples, comme d'agaric, turbith, colocynthe, et semblables, que de composés, comme diaphœnicum et semblables : car ceux cy rendent la décoction plus espaisse, et par conséquent mal-habile à passer par les conduits et os spongieux qui mènent au cerueau, faisant en outre obstruction au nez , et empeschant la liberté de la respiration.
Exemple d'vn errhiiie fait auec poudres.
7f. Succi betœ § . j.
Aquaî saluiœ et betonicœ ana o-ij. C Pulueris castorei 9 . C Piperis et pyrelbri ana 9 .j.
Fiat caputpurgium.
Les errhines secs , que les Latins appellent Siernu/a/ona, à cause qu'ils prouoquent l'esternuement, sont faits des poudres seulement bien puluerisées. Les poudres sont semblables aux précédentes, ou autres aromatiques, lesquelles sont faites et meslées en petite quantité, laquelle communément ne monte point à plus de deux drachmes.
LE VINGT-CmQVI^ME LIVRE,
Exemple.
"if. Maioranae, nigcllœ, gaiyophyllorum, zinzibcris ana 3 . J.
Acori, pyrethri et panîs porcini ana