DICE
souuenlhorsdc l'eau, puis s'y remettoit ». *
Truie marine.
Ce monstre marin , comme dit Olaus, fut veu en la mer, prés l'isle deThylen, située vers le Septentrion, l'an de grâce mil cinq cens trente huit, de grandeur presque incroyable, à sçauoir de soixante et douze pieds de longueur , et quatorze pieds de hauteur, ayant distance entre les doux yeux de sept pieds ou enuiron :
son foye estoit si grand qu'on en remplit cinq tonneaux, la teste semblable à vne ïruie, ayant vn croissant situé sus le dos , au milieu de chaque costé du corps trois yeux, et le reste tout couuert d'escailles.
Poisson nommé Orobon^.
Les Arabes habitans le mont Mazouan , qui est le long de la Mer- Rouge, viuent ordinairement d'vn poisson nommé Orobon , grand de neuf à dix pieds, et large selon la proportion de sa grandeur, ayant escailles faites comme celles du Crocodile.
Iceluy est merueiileusement furieux contre les autres poissons. André ïhcuet en fait assez ample déclaration en sa Cosmographie.
\ Des Crocodiles ^.
Le Crocodile, comme escrit Aristole
1 II y avait ici , dans les éditions de 16*3 et 1576, l'histoire cl la figure d'vn snmilicr marin. Mais en 1682, Paré la transporta dans son Discours de la licorne, où elle Cft restée dans Icscdiiions suivantes.
2 Ici se trouvait, dans les éditions de 1673 à 1676, l'histoire et la figure li'vn clephani de mer; Paré les a transportées en I6S2 dans son Discours de la Licorne.
5 Cet article a été ajouté en 1679.
AY IIVUK nrs MO^'STI'.F.S.
(5s liiiros (lo Vflisloire et parties itex ani- )iiaiuv , est vn {^ ^an(l animal long do qiîiiize coudées. 11 n'eng-endrc point vn animal , mais des œufs , uon plus gros que ceux d'oye :ilen faitsoixanle au plus. Il vit longtemps , et d'vn si petit commencement sort vn si graud animal : car les petits csclos sont proportionnés à l'œuf. Il a la langue si empeschée qu'il semble n'en auoir point , qui est cause qu'il vit partie en terre , partie en eau : comme estant terrestre , elle luy tient lieu de langue, et comme estant aquatique, il est sans langue. Car les poissons, ou ils n'ont point du tout do langue, ou ils l'ont fort liée et empeschée. Le seul Crocodile entre toutes bestes , remue la mâchoire de dessus : celle de dessous demeure ferme, parce que les pieds ne luy peuuent seruir à prendre ny retenir >. Il a les yeux comme vn pourceau, les dents longues qui luy sortent hors la gueulle , les ongles fort pointus , le cuir si dur qu'il n'y a flèche ne trait qui le sceust percer. On fait vn médicament du Crocodile nommé Cnicodilée , contre les suffusions et cataractes des yeux : il guarit les lentilles, taches et bourgeons qui viennent à la face. Son fiel est bon contre les cataractes appliqué és yeux : le sang appliqué és yeux clarifie la veuë.
Theuet, en sa Cosmographie, iom. 1.
chap. 8. dit qu'ils habitent és fontaines du Nil, ou en vn lac qui sort desdites fontaines , et dit en auoir veu vn qui auoit six eniambées de long, et plus de trois grands pieds de large sur le dos, tellement que le seul regard en est hideux. La manière de les prendre est telle. Subit que les
' Le perroquet remue son bec deisus el dessous. — A. P.
Egyptiens et Arabes voyent que l'eau du Nil dénient petite , ils lancent vne longue corde, au bout de laquelle y a vn hameçon de fer asstiz gros et large , pesant enuiron trois Hures, auquel ils attachent vne pièce de chair de chameau , ou d'autre beste : et lors que le Crocodile apper çoit la proye, il ne faut à se ielter dessus . et l'engloutir : et estant l'hameçon au allé bien auant, se sentant piqué, il y a plaisir à luy voir faire des sauts en l'air, et dedans Teau. Et quand il est pris , ces barbares le tirent peu à peu iusques prés le bord de la riue, ayant posé le cordeau dessus vn palmier ou auti'e arbre , et ainsi le suspendent quelque peu en l'air, de peur qu'il ne se iette contre eux et ne les deuore. Ils luy donnent plusieurs coups de leuier, l'assommeni et tuent, puis l'escorchent , et en mangent la chair qu'ils trouuent tres-bonne.
lean de Lery, au chapitre 10. do son Histuire de laterre du Brésil , dit que les saunages mangent les Croco ■ dites, et qu'il en a veu apporter do petits aux sauuages tous en vie en leurs maisons , à l'entour desquels leurs petits enfans se ioiient , sans qu'ils leur facent aucun mal.
Deux poissons, l'vn comme vue panache, el l'attire comme vne grappe de ruiiin *.
llondelet en son liure des poissons insectes, c'est-à-dire qui sont de nature moyenne entre les plantes et animaux, baille ces deux figures, r vne appellée Panache de mer, par ce qu'elle représente les panacbes qu'on porte aux chapeaux : les pescheui s pour la similitude qu'elle a au bout du membre viril, l'appellent Vii-
' » Article ajouté en 1579.
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volant : estant vif il s'enfle cl se rend plus {ffos, cslant priué de vie dénient tont ilfîtri et mollasse. Il leluist do nuit comme vne estoile.
Pline escrit (|u'en la mer on trouue non seulement des figures des animaux qui sont sur la terre : mais le croy que ce portrait est la grappe de laquelle il parle : car par tout le dessus représente vne grappe de raisin qui est en fleur : elle est longue comme vne masse informe, pendante d'vne queue.
LAloés, poisson monsiiueiix^.
En la mer de i'isle Espagnolle , aux terres neuues, se trouuent plusieurs poissons monstrueux. Entré lesquels Tbeuet, liure 22., chap. 12., Tome 2.
de sa. Cosmographie, ûil en auoirveu vn fort rare qu'ils nomment en la langue du pays aloés, et est semblable à vne oye, ayant son col baut esleué, la leste faite en pointe comme vne poire de bon cbreslien , le corps gros comme celuy d'vne oye, sans escailles, ayant ses quatre nageoires sous le ventre : et diriez à le voir sur l'eau eslre vne oye faisant le plongct parmy les ondes de la mer.
Limaçon de la mer sarmalique ^.
La mer Sarmalique , qu'on dit autrement Germanique orientale, nour rit tant de poissons inconneus à ceux qui babilent és régions cbaleureuses, et tant monstrueux que rien plus.
Entre autres il s'en trouue vn tout ainsi fait qu'vn limaçon : mais gros comme vn tonneau , ayant les cornes quasi coramecelles d'vn cerf, au bout
1 Article ajouté en 1679.
8 Article ajouté ô la même date que le
VDIClî
desquQlles, et aux rameaux d'icelles, y-a de petits boutons ronds et luysans comine Unes perles. 11 a le col fort gros, les yeux luy esclairenl comme .vne cbandelle , son nez est rondelet et fait comme celuy d'vn chat , auec vn petit de poil tout autour , ayant la boucbe fort fendue, au dessous de laquelle luy pend vne eminence de chair assez hideuse à voir. Il a quatre iambes, et des pattes larges et crochues qui luy seruent de nageoires, auec une queuë assez longue, toute martelée et coulourée de diuerses couleurs, comme celle d'vn tigre. Il se tient en pleine mer, de force qu'il est craintif : car ie suis asseuré qu'il est amphibie , participant de l'eau et de la teri'e. Quand le temps est serain , il se met en terre sur le riuage de la marine , là où il paistj^ct mange de ce qu'il trouue de meilleur. La chair en est fort délicate et plaisante à manger : le sang duquel est propre contre ceux qui sont gastés du foyeet qui sont pulmoniques, comme est celuy des grandes tortues à ceux qui sont atteints de lèpre. Theuet dit l'auoir eu du pays de Dannemarch ».
Du Hoga, poisson monstrueux ^.
En la grande largeur du lac Doux , sur lequel la grande ville de Tbemistitam, au Royaume de Mixique, est bastie sur pillotis comme Venise, se trouue vn poisson grand comme vn veau marin. Les sauuages de l'Antartique l'appellent Andura : les barbares du pays et Espagnols, qui se sont faits maistrcs de ce lieu par Ie.s conquestes de leurs terres neuues,
Theuet liu. 20. chap. 18. tom.2. desa Cosmographie. — A. P.
« AnlcleaJouliJen 16?9i
l'appellent Hoga oreilles pou tliflerentescrvn poiu ceair terrestre : il a cinq moustaches longues de (leiny pied ou enuiron, semblables à celles d'vn gros barbeau ; la chair en est Ires-bonne et délicieuse. Ce poisson produit ses petits en vie , à la façon de la baleine. Si vous le contemple/ lors qu'il se ioïio noïianl dans l'eau , vous diriez qu'il est tanlost verd , ores iaune, et puis rouge , ainsi que le caméléon : il se tient plus au bord du lac qu'ailleurs, où il se nourrit des fueilles d'vn arbre appelle Hoga , dont il a pris son nom. 11 est fort dentelé et furieux, tuant et deuorant les autres poissons, voire plus grands qu'il n'est : c'est pourquoy on le poursuit, chasse et occit, à cause que s'il entroit aux conduits , il n'en laisseroit pas vn en vie : parquoy celuy qui plus en tue est le mieux venu. Ce qui est escrit par Theuet, chapitre 22. tome 2. de sa Cosmographie.
Certains poissons volansK
André Theuet, tome 2. de sa Cosmographie, chapitre 10., en nageant sur mer dit auoir veu vne infinité de poissons volans que les saunages appellent Bulampech , lesquels se lancent si haut hors de l'eau d'Où ils sortent, qu'on les voit cheoir à cinquante pas de là : ce qu'ils fout d'autant qu'ils sont poursuiuis d'autres grands poissons qui en prennent leur curée. Ce poisson est petit comme vn macquereau 2, ayant la teste ronde, le dos de couleur azurée , et deux ailes aussi longues presque que tout le corps , lesquelles il cache sous les
1 Article de 1579.