‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource] (volume 2)Chapitre 75 sur 515 · CHAPITRE XXIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIV

DE LA FIIÎVRE TIERCE CONTINA'E.

Voicy la dernière des fiéures qui se font de la bile, de laquelle nous auons peu de choses à dire , à cause de ce qui a esté dit de la nature et curation du causus : on peut comprendre ce qui est de l'essence et de la curation deceste fiéure tierce continue, y ayant peu de différence entre l'vne et l'autre, en sorte que Galien mesme à peine les distingue-il au Hure second des Crises^ chapitre 6. Geste fiéure donc n'est autre chose , qu't'He fiéitre con ■ tinue qui a des redouhlemens manifestes et des sensibles remissions de deux iours l'on, produite d'vne bile pure qui se pourrit dans les vaisseaux eslongnés du cœur.

Lors donc que la bile contenue dans

1 L'édition de 1575 ajoutait ici celte phrase, par laquelle se terminait le chapitre:

« Au reste de ce qui est icy dit de la curation du causus, tu peux comprendre les choses requises à la curation de la fieure tierce continue, de tant qu'ils ne différent rien l'vne de l'autre que de véhémente ardeur et inflammation. »

Dans le livre actuel, l'auteur a jugé à propos de parler plus au long de la fiéure tierce continue, elc'esl l'objet du chapitre suivant.

DES FIÈVRES

CCS vaisseaux vient îi se pourrir, si la Nature ne peut la chasser en l'habilude (lu corps, elle la vomit et dans les grands vaisseaux , et au cœur mesme : d'où il arriue qu'il se fait vne fiéure continue périodique , laquelle a deux accès ou redoublemens d'autant plus sensibles , comme aussi des remissions d'autant plus aisées à remarquer, que l'humeur qui se pourrit est eslongnédu cœur. Lors donc que ceste bile, de deux iours l'vn, accourt au foyeroù lapourritures'altache.elle s'eschauffe aisément, et allume vne chaleur remarquable , laquelle vient à se diminuer vu peu à mesure que ceste bile qui accourt se consomme, mais elle ne cesse point tout à fait que ladite bile ne soit tout à fait consommée : c'est pourquoy la fiéure est continue : et à cause du lieu où la bile se pourrit eslongnée du cœur, ladite fiéure a des redoublemens et des remissions manifestes. Pour la bile qui fait ceste tîéure, elle est moins acre et en moindre quantité que celle qui fait la fiéure ardente, et au reste n'est pas si proche du cœur , estant très véritable que tant plus l'humeur qui se pourrit est proche du cœur, plus donne-il de chaleur et de violence de fiéure.

Que si l'on me demande comment le reconnoistray vne fiéure ardente d'auec la fiéure continue, ie respons que la fiéure ardente brusle assiduellement les febricitans d'vne pareille chaleur, sans auoir de sensibles redoublemens ou remissions de deux iours l'vn : là où la tierce continue a des remises bien douces, et a des redoublemens remarquables de iour à autre , par conséquent ne garde pas vne pareille chaleur de son commencemeiil iusques à la fin. Au reste tous les accidens et symptômes sont moins

violons en la tierce continue qu'en la fiéure ardente, la soif et les veilles moindres: elle est plus longue et moins périlleuse, et ne se termine que vers le 14. iour.

Elle s'attache à ceux mesmes qui sont suiets au causus , sçauoir aux ieunes , bilieux , d'vn tempérament chaud et sec , en l'esté plustost qu'en autre temps, à ceux qui trauaillent beaucoup, qui veillent, qui ont beaucoup de soin, qui se laissent transporter à la cholere, qui s'exposent à l'ardeur du soleil, et qui vsent de viandes chaudes et acres, boiuent des vins forts , ieusnent beaucoup, ou ont amassé de la bile de longue main qu'ils auoient accoustumé de vuider en certaines saisons.

La cure de ceste fiéure est presque mesme qu'au rausus ;le viure ne doit pas estre si rafraîchissant et humectant : l'on peut nourrir le malade plus libéralement aux iours de remission.

Les remèdes doiuent estre mesurés à proportion que ce mal approche plus ou moins de la fiéure ardente. Il ne faut point espargner la saignée, les lauemens, les purgatifs, les alteratifs, les corroborans, les epithemes, frontaux, et autres remèdes se rapportans à ceux que nous auons spécifiés au chapitre précèdent. Bref, le causvs et la tierce continue differans seulement du plus et du moins, doiuent aussi estre traités par remèdes qui soient differens du plus et du moins seulement.

le diray pour conclusion, que la fiéure que les autheurs appellent syno^iue bilieuse se rapporte à ceste fiéure icy continue, d'autant qu'elle se fait du sang qui se change et.se tourne en bile : elle a neantmoins vne chaleur vn peu plus douce que les fiéuresqui sont faites de la bile pure

l38 LIL VINGTIÉ

qui se pourrit Et voila ce que nous auons à dire des fleures bilieuses.

cuapitrl: XXV.

DlîS FIIîVRES PITVUEVSES, EX MEMIE- . REMtCNT DE I.A OVOTIDIANE INTEIlnlITTENTE , LEGITIME ET ILLEGITIME 1.

Nousparlerons icy des fleures faites de pituite , qui semblent estre opposées aux précédentes, en tant que la pituite est froide et humide, et la bile chaude et seiche. Or de ces fleures , il yen a quatre espèces, la quotidiane inlerraillente, la quotidiane continue, Vepiale, et la lyi trie. Pour la quotidiane intermidente , elle a esté ainsi appellée, non de l'humeur qui la fait, mais du temps et que l'humeur qui

' Ce chapitre répond d'une part au chapitre G de l'édition de 1576, et d'autre part ati chapitre 24 du livre des Tumeurs de 1579 et des éditions suivantes , intitulé : De la Jiditre qui sui-uieiit aux tumeurs œdeinalcuses. Comment Paré avait-il eu l'idée bizarre de rattacher la fièvrC quotidienne à l'œdème, c'est te qu'il explique lui-même au début de ce dernier chapitre :

« Toutes les espèces et différences des tumeurs œdémateuses expliquées, reste à parler briefuement de la Déure accidentaire, qui assez souuent leur suruient. Icelle retenant du mouuement de l'humeur pituiteux dont elle est excitée, est ordinairement de l'espèce de celles que les Médecins appellent quotidiennes intermittentes, »

Le chapitre de 1575 a lui-même un autre commencement, que nous avons reproduit ci-dessus à l'occasion du chapitre 17 ; et de même aussi le premier paragraphe du texte actuel ne ressemble à tipn do ce qu'on lit dans les autres éditions. C'est au deuxième paragraphe que les l'édaulioiis se rappru-

ClUÎMll

ME LIVRE

la fait a ses mouuemens , et que ladite fleure a ses accès ou exacerbalions, qui est tous les iours : c'est pourquoy elle est appelée des Grecs Amphimerinos , et est définie fiéu e pourrie, qui a tous les iours des accès cl inlerminsions , faite d'vne piluile douce ou insipide qui se pourrit hors des grands vaisseaux.

Elle fuit donc tous les iours son accès de la longueur de dix-huit heures, donnant inlermission et relasche manifeste le reste du iour C'est vne fiéure qui arriue fort rarement, à cause que la pituite se pourrit fort difficilement, d'autant qu'estant familière à la Nature , elle se la reserue pour la tourner en aliment et nourriture, en cas qu'elle ait faute de sang : comme enseigne Galien au commentaire deuxième du liure d'Hippocrale du régime de viiire és maladies aiguës, partie 44.

Les causes primiliues d'icelle sont, froideur et humidité de l'air qui nous enuironne , long vsage des choses froides et humides qui aisément se corrompent et pourrissent , comme fruicts nouueaux et poissons : intermission d'exercice accouslumé. Les causes antécédentes sont grande repletion d'humeurs , principalement phlegmaliques etpiluiteuses. Les causes dispositiues sont la froideur et débilité de l'estomach cl du foye, qui au lieu d'humeurs cuiles en font de crues et mal digérées 2. La cause conioinle est le phlegme putréfié hors des

1 Le texte de 1575- et celui de 1579 se bornent à donner cette déDnition; le reste du paragraphe est une addition propre au ivre posthume.

'■^ L'édition de 1575 no parle pas de ces causes [/i.v/Josi</He*, et elle se l)oine aussi à l'indication de la cause coiiioiiiie; lereslo duparagrnphcj depuis ce«nioij3i Oi'ocpliUyiHcitiCii

DES ni!

grands vaisseaux, ou en rbabitudo ft espace do loul lo corps, ou pour, mieux dire en la première région d'iceliiy. Or ce pLlegme ou piUiileesl doux ou insipide, ol non salé ny acide, cslanl vray que ce premier là l'ait la liéure quoUdiane inlorniillenle cxquisilo ou legiiime, là où les autres espèces de piluile l'ont l'intermittcnlc^^astarde. C'est pourquoy.l'on peut auec raison appeler ceste icy légitime, à cause de I Lumeur qui la fait ; qui est la vraye et naturelle pituite pure cl simple, etnon estrangereou meslée auec quelque autre humour, d'où se l'ont les quolidianes intermittentes bastardes.

Les signes de ceste fiéure quotldiane intermittente sont pris do trois choses , sçauoir des naturelles,, des non naturelles, et de celles qui sont contre nature. Des choses naturelles, car le plus souuenl ceste fiéure prend ceux qui sont de nature ou tempérament froids et humides , comme gens \ieils, femmes^ petits cnfaiis, et hommes eunuques, pour l'abondance du phlegme qui est en eux. Ladite fiéure prend les vieils naturelleïmmtj pource qu'en iceux la chaleur naturelle est foible, débile, et ne peut cuire les alimensen quelque. petite quantité qu'ils puissent estre pris : mais elle prend les enfanspar accident, et non naturellement, car ils sont chauds et humides :

mais pour la quantité des alimens qu'ils prennent^ et l'inconstance et mouuement désordonné <, ils engendrent grande abondance d'humeurs crues, qui est la cause matérielle de la fiéure quolidiane. Des choses non naturelles : car telle ficure prend plus souuent en hyuer qu'au prin-

cst une addition du livre poglliumCi F<e texte do lâ79 suit c«lui de iblùt

;vHES. l'jy

temps, aux pays froids ut humides, par vne manière do vinro oiseuse et sédentaire : par l'vsage des vlanthîs non seulement froides et humides, mais aussi chaudes et seiches, si elles sont prises en telle et si excCSsiuo quantité qu'elles débilitent et suIToquent la chaleur natiu-elle : car lo vin, bien qu'il soit de faculté chau 'e et seiche, ton tesfois, pris trop abondamment, il engendre de la pituite et des maladies froides : ainsi l'ebrlelé et yurongnerie ; la crapule , la crudité , le bain , l'exercice et trauailpris incontinent après le repas, rauissant les viandes deuant qu'elles ayent eu le loisir d'estre cuites pour estre distribuées à l'habitude du corps ; bref toutes les autres causes qui peuuent engendrer en nous abondance de pituile, peuuent exciter la fiéure quolidiane. Le troisième chef d'où sont pris les signes de ceste fiéure, sont les choses contre nature, pource que ceste fiéure suit le froid , en tant que tout le corps est refroidi, et principalement les extrémités '.

Les accidens de telle fiéure sont douleur d'cstomach., pource que lo phlegme pour la plus part s'engendro en iceluy, d'où s'ensuit vomissement pituiteux : en outre la face apparoist toute pasle, mesme durant l'estat de l'accès : et la bouche est humide sans soif, à cause que l'estomach estant rempli de pituite, la bouche et la langue s'en resenlent, pour la continuité de la tuniqueinterieure qui leur est commune auec le ventricule. La fiéure donc quotidiane faite de phlegme doux, commence par le froid

» Ceparagiaplie est presque tcxUiellcmcnt t copié sur le texte de i:,là ; celui de 1579 n'en diflère que parce qu'il a subi plusieurs supprebbionB.

aux extromilés, par pouls petit et profond, qui toulesfois on l'estat de l'accès semonstreplus fort, plusgrand et humide, et plus loger, pourmesme raison que la chaleur de cesle fiéure semble au premier attouchement douce, vaporeuse et humide , mais enfin y tenantpluslong-lempsla main elle se sent acre, tout ainsi que le feu allumé en bois verd se monstre du commencement petit , languide et fumeux : mais enfin ardent et riolent, lors que le bois estant eschauffé et reseiché, l'action et l'ardeur du feu n'est plus empeschée par la présence de l'humidité contraire. L'accès se termine par petites sueurs, lesquelles aucunes fois ne se montrent point du commencement, mais approchant la crise elles suruiennent en plus grande abondance. L'vrine est pasle du commencement et espaisse, et aucunes fois lénue là où il y a obstruction : mais là où la matière est cuite comme elle est en Testât de la fleure, l'vrine se monstre rousse. Si au commencement de la fiéure ilsuruient vn vomissement pituiteux , cela signifie qu'elle sera en peu de temps terminée, tant pour la ténuité de sa matière, que pour ce que par telle euacuation est faite excrétion de la cause coniointe de la fiéure '.

La fiéure quotidiane le plus souuent

' Tout ce paragraphe se lit de même dans toutes les éditions ; c'est ce qui m'a autorisé à corriger ces derniers mots, la cuusc conioiuie de la.maiiere , qui se lisent dans le livre posthume , par ceux-ci : la cause conioiiite de lajiéure, qu'on trouve dans toutes les éditions du vivant de l'auteur.

Au reste, tout ce qui suit jusqu'au dernier paragraphe , à part dos modifications insigniflantes de rédaction, est copié sur le tente de 1575, suivi lui-même par celui de

LE VINGTll^ME LIVRE ,

est longue, pour ce que l'humeur pituiteux estant de sa nature froid et humide, est lourd, pesant et tardif à semouuoir : et outre non sans danger de plus grande maladie, pour ce que le plus souuent elle se change en fiéure ardente ou en quarte, par ainsi il se fait complication de maladies. Car comme ainsi soit que la saueur salée soit propre entre toutes les humeurs à la seule pituite, et que telle saueur est fort proche de la saueur araere. en laquelle mesme aisément elle se change et dégénère par adustion, il ne faut s'esmerueiller si la pituite par telle adustion se change en bile rousse et noire.

Tous ceux qui relouent de fiéure quotidiane, ont la faculté concoctrice fort débile , et partant ne leur conuient bailler abondance d'alimens et difficiles à cuire. En la fiéure quoli diane, tout le corps est plein d'humeurs cruds.

Toute ceste fiéure dure le plus souuent soixante iours. Si dés le commencement de l'accès on vient à vomir, et si à la fin il suruient de grandes sueurs, ce sont signes qu'icelle sera tosl terminée , pource que la matière est obéissante , et la vertu naturelle forte, au moyen que la vertu expullrice iette hors la matière d'icelle fiéure.

Au reste , donne-toy garde d'estre trompé , prenant vne fiéure double tierce pour vne quotidiane , pource qu'elle répète et donne lous les iours vn accès comme la quotidiane. Or il sera aisé de les distinguer, si tu considères l'espèce et forme essentielle de Tvne et de l'autre. Les causes sont contraires , et pareillement les symptômes. D'auantage les quotidianes prennent tousiours après midy, sur le soir el commencement de la nuict ,

lors que par l'absence du Soleil l'air estant refroidi, tout noslre corps est pannlleraont refroidi : d'où vient que les humeurs froides ont leur mouuement en iceluy, lesquelles auparauant estoient aucunement retenues parla chaleur : les doubles tierces au contraire commencent et surprennent le matin , et deuant midy.

La brieuelé et douceur de l'accès et grande sueur, sont signes que la fiéure est briefue et salutaire, si cela adulent l'humeur estant ja cuit. •

La curation consiste en deux choses , sçauoir est , en régime et medicamens. Le régime doit estre ténu et incisif, l'air clair, chaud et sec modérément. Les alimens soient pain bien cuit , chaudeaux faits de poulailles cuites auec racines de persil , ozeille, petit houx, semences froides, et autres semblables. On peut manger poulets, mouton, perdris, et petits oyselets , poissons d'eau douce rostis, oeufs mollets. Les fruits soient raisins, pruneaux, amandes, dactes. Le breuuage soit petit vin blanc , trempé auec eau cuite : l'exercice modère est tresbon, comme aussi les frictions de tout le corps : le dormir est commode s'il est fait aux heures deuës , et qu'il soit proportionné aux veilles. Quant aux affections de l'ame , il faut que le malade se resioùisse, et qu'il prenne tousiours bonne espérance de sa santé.

A l'heure de l'accès les pieds et les iambes du malade soient mises en eau tiède, en laquelle aura cuit camomille, anet , melilot, marjolaine, sauge, rosmarin. Les medicamens alteralifs sont syrops digestifs, apéritifs, oxymel : tels que son t lessyrops d'absinthe, de menthe, des deux et cinq racines, auec décoctions de camomille, calamente, melilot, anet, et leurs semblables, ou

VRës. i4i

auec décodions communes, Los medicamens purgatifs .soient diaphœnirum , electuaire diacarthami , hiera picra, pillnles aurées, agaric, lurbith, desquels on fera piition auec eau de menthe, mélisse, hyssope, sauge, fenouil, scariole : aucuns seront donnés en forme de bolus auec sucre, selon que le docte Médecin considérera estre moins moleste et fascheux au malade. Euuiron Testât de la maladie, il faudra auoir esgard au ventricule, et principalement à l'orifice d'iceluy, d'autant qu'il est le siège principal de la pituite, qui fait ceste fleure quolidiane. Parquoy de deuxiours rvn,il sera bon de l'oindre d'huile de camomille auec vn peu de vin blanc. Il sera bon aus.si de le décharger par vomissement, auec le suc de raue , et force oxymel, ou auec décoction de semence ou racine d'azarum , ou de camomille, auecsyrop aceteux, et sur le commencement de l'accès, lors que Nature commence à s'esmouuoir. Pour vne quolidiane inueterée , que l'on n'aura peu guérir par remèdes communs etv.sités, il n'y a rien si propre que de donner demie drachme, ou vne drachme entière de theriaque vieille, auec sucre en forme de bolus, ou bien dissoute auec vn peu d'eau de vie K

Que dirons-nous delà saignée? estelle nécessaire en la cure des quotidianes? Les autheurs grecs n'en font aucune mention, ue semblant pas estre à propos de rafraîchir vn corps par la saignée, qui tombe malade pour estre trop rafraîchi. Les Arabes sont d'vn autre aduis, et estiment

• Ici se termine le chapitre dans l'édition de 1676, et de même aussi celui du livre des Tumeurs de 1679. Le reslc est donc une addition projirc au livre posthume.

LE VINGTIlblR LIVRF.,

qu'il est ù propos quelqucsfois , lorsqu'on s'apperroit quelque plcnilude , délirer vn peu des;iiis-, tanlusl du bras droit, lors que le temps et la saison est cliaudo et bouillante , lanlost du bras gauche quand le temps est iVoid.

Pour moy i ay appris des meilleurs médecins de Paris , qu;\ cause de la pourriture, et de ceste chaleur cstrangere qui s'introduit dans les humeurs, que ce n'est pas mal fait d'esuenter par fois la veine, principalement lors que nous obseruonsqueles \rlnes sont espaisses et rouges, que nous voyons que la fiéure s'augmente et s'aigrit, et que nous craignons quelques grands et violens symptômes qui peuuent eslre cause de quelque sinistre accident à la vie du malade. En cecy il faut s'en rapporter à la prudence du sage médecin, qui après auoiv bien pesé et balancé toutes les circonstances qui se Irouuent et au tempérament naturel du malade, et aux. conditions de la fiéure, peut ou prescrire, ou obmettre ce remède.

Pource qui est delà quolidiauebastardc, nous en dirons vn mot au Chapitre vingt-sept.

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