‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 112 sur 482 · CHAPITRE XXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVII

LA MANIERE DE POVRSVIVRE LA CVRA- XION DV MEMRRE AMPVTÉ.

Or pour reprendre nostre premier point , et paracheuer la cure encommencée par le moyen des remèdes propres et conuenables à nos vlceres, il faut premierenaent noter, qu'auparavant que d'oster les liens desquels on aura lié les vaisseaux , il convient que l'agglutination d'iceux soit faite , et de peur qu'il ne vienne nouueaux flux de sang, qu'ils soient couuerts de chair. Qui se fera en appliquant des sus quelques remèdes froids , astringens, etemplastiques, comme la poudre qui s'ensuit.

• Cette parenthèse est encore une addition fort tardive d'A. Paré , car on ne la rencontre pour la première fois que dans l'édition posthume de 1598.

DI-S CONTVSIONS , COMBV

-2f. Pulu. boli arm. farinœ hordei , picis resinœ, gypsi ana g . iiij.

Aloës , nucum cuprcssi , corlic. granat.

ana B-j.

Incorporent, omnia simul, flalpul. sublilis.

De laquelle en sera aspergée et saupoudrée toute l'vlcere par l'espace de trois ou quatre iours. Puis après on n'en vsera qu'à l'endroit des vaisseaux qui auront esté liés, et en sera encôre continué par l'espace do huit ou dix iours, î\ fin qu'on soit bien as seuré que les vaisseaux soient estoupés et couuerts de chair : mais sur le reste de l'vlcere sera appliqué vn digestif, et continue iusques à ce qu'elle soit tournée à suppuration. Car lors on qiiiUera le digeslif pour prendre les medicamens mondificatifs, comme sont ceux qui s'ensuiuent.

2t. Terebent. venetae lotœ in aq.Yitae § .vj. Mellis rosati colati § • ''j- Succi plantaginis, apij et centaurij minoris ana § . ij.

Bulliant omnia simul vsque ad consumplionem succorum , auferantur ab igne , addendo Farinae hordei et fabar. ana § . j.

Theriac, Gai. 5 . fi.

Aloës , myrrhœ, arislolochiœ, ana 5 . iij. Croci 3 . j.

Fiat mundificatiuum 1.

Or il est ainsi que long temps après l'amputation, les patiens pensent encore auoir en son entier le membre qui leur a été amputé, comme i'ay dit : ce qui leur adulent, comme il me semble , pource que les nerfs se retirent vers leur origine. Car, comme escrit Galien au liure De motu musculorum, contraction est la vraie et propre ac-

' Tout ce commencement du chapitre ne date que de l'édition de \W\ ; avec le paragraphe qui suit recommence seulement le texte de 1552.

STIONS KT GANGRENES. Î23l

tion du nerf et muscle , et quant à l'extension , ce n'est tant action que mouvement K Or les nerfs en se retirant font grande douleur, et presque semblable aux retractions qui se font aux spasmes. Pour à quoi remédier, faut leur frotter la nucque et toute la partie affectée auec le Uniment qui s'ensuit, et qui est de grande efflcace contre spasme, paralysie, stupeur, contorsions , distensions , et autres affections, principalement des parties nerueuses, prouenantes de causes froides.

Saluia;, chamœp t. maioranœ, rorismarini, menlhœ, rutœ, lauand. anam. j.

Florum camomill. raelil. summitatum anelhi et hyperici ana p. ij.

Baccarum lauri et iunipeii ana § . ij.

Radie, pyreth. 3. ij.

Mast. assœ odorata; ana § . j. C

Terebentbinae venetŒ! Ib. j.

Olei lumbricorum, anelhi et catellorum ana 5 . vj.

Olei terebenthinœ §.iij.

Axungiœ humanae § . ij.

Croci 3. j.

Vini albi odoriferi ft. j.

Cerœ quantum suflicit ;

Contundenda contundantur, puluerisanda puluerisentur, deinde macerentur omnia in vino per noctem, posteà coquantur cum oleis et axungia pra;dictis in vase duplici : fiât linimentum secundum artem : in fine adde aquœ vitœ 5 . iij -.

D'auantage en traitant cesle playe, il est conuenable de procurer la cheute des extrémités des os que la scie

< Cette citation de Galien a été ajoutée en 1579.

2 L'édition de 1552 présente ici un passage supprimé dans les suivantes, attendu qu'il se rapportait exclusivement au traitement des amputations où l'on avait cautérisé les vaisseaux.

« Et alors que l'enverra qu'il sera temps

LK DrXlERIE LIVRE.

cL l'air auront touchés * : ce que le Chirurgien fera par l'applicalion des cautères actuels sur lesdits os, en l'application desquels se doit bien garder de toucher aucunement les parties sensibles: mais en vser discrètement, comme i'ay descritpar cy deuant. Sur quoi tu noteras , que les os ne se doiuent tirer par violence, ains en leseshranlant peu-à-peu : desquels nonobstant tu ne dois espérer la cheute de trente iours , ou plus ou moins, après

de faire tomber les eschares; fauU applicqucr medicamentz suppuratifz cimoleficaiifz (émollients) qui en relaxant font venir le pus entre les dictes eschares et la chair, comme vn tel.

"if. Farinœ friimenli et hordei ana 5 . iiij. Cum decoclo nialuarum violarum, et radicis althcae , adde :

Butyri sine sale et axungiae suillse liquefactae ana 5 . ij.

Yitellos ouorum numéro iiij.

Fiat cataplasma secundum artem.

»0u basilicon auec huillerosat, ou beurre seul , ou iaulne d'œufs agitez et battus en huile : et généralement toutes choses vnctueuses.

» Apres la chute desdictes eschares , fault mondifier auec tel ou semblable mondilicatif.

"K. Terebenthinœ venetœ § . iiij.

Syrupi rosati, et absinth. ana 5 . ij.

Pulueris radicis arislolochia; , ireos , mastich., aloes, myrrhœ, ana 5.6.

Fiat mundiflcatiuum.

Autre.

7^. Terebenthinie lotaï in aqua vilœ, etc. »

(Suit la deuxième formule que l'on rencontre dans le texte actuel de ce chapitre; après quoi l'auteur ajoute.-)

» Le raondificatif de apio est aussi en tel cas fort conuenable. » Folio 67.

1 L'édition de 1652 dit: — Que les cautères el ail' auront touclié : qui se fera par la ri itération des cautères actuels, etc.

l'amputation. Ce fait, tu vseras des remèdes propres pour consumer les chairs spongieuses et supercroissantes , comme sont vitriol bruslé', poudre de mercure , et autres, entre lesquels l'alun cuit etpuluerisé en ce cas est fort commode , si on l'applique seul ou auec autres mondificatifs.

De ces remèdes tu pourras vser iusques à l'entière guerison de l'vlcere , et les diuersitier comme tu verras qu'il en sera besoin 1.

1 Le chapitre finit ainsi dans toutes les éditions à partir de celle de 15G4; mais au lieu de la dernière phrase, l'édition de 1552 portait :

« El le seruira (l'alun puluerisé) de cicatriser ou faire le cuir, et paracheuer la cure de l'vlcere : laquelle parfaicte , le patient pourra auoir main de fer, s'il a souffert amputation de la main, ou ïambe de bois, etc. » Folio 68.

Et suivaient les figures des divers membres artificiels ; jambes, mains, bras, avantbras. Ces figures avaient été également conservées en cet endroit dans l'édition de 1564, où elles constituaient avec leur texte le chapitre 29 du Liure septième ; plus tard , et dans les éditions complètes , elles ont été reportées au Livre de la prothèse , ou des moyens d'adiouster ce qui défaut , chap. 12.

Au reste, on voit que Paré attache assez peu d'importance aux procédés spéciaux d'amputation pour chaque membre; il prend la jambe pour type, et semble d'avis que le procédé suflit et doit être le même pour tous les membres. On trouve cependant un procédé particulier pour les doigts [Liure des opérations , chap. 30) ; on le verra dans le chapitre suivant, pratiquer une désarticulation du coude. La grande Apologie contient plusieurs observations d'amputations faites suivant la nouvelle méthode, c'est-àdire avec ligature des vaisseaux ; mais il est à noter qu'il ne s'agit là encore que des doigts ou de la jambe. L'amputation de la cuisse dans la continuité efl'rayail les chirurgiens de cette époque.comme elle avait effrayé leurs devanciers ; il semble même qu'il eu était ainsi de celle du bras, Dalcchamps, qui

DES CONTVSIONS,

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