LE DOVZi
bien garder de mettre quelque nœlul sur ledit lien , ou bien à l'eiidroit du dos, ou des fessés, on aux costés : ny à l'endroit d^s iointures, ou au derrière de la teste, ou aux costés des temples, ny sous les aisselles, aines, et plantes des pieds : et pour dire en vn mot , à l'endroit où le malade a accoustumé de se coucher , et s'appuyer. Plus, il faut plier les bandes à l'endroit qu'on veut qu'elles soient attachées et cousues, à fin qu'elles tiennent plus ferme : car quand les bouts sont larges , encore qu'elles soient liées estroittement , toutesfois elles ne tiennent pas fidèlement. Parquoi i'ay tousiours de coustume de les replier en long en leur extrémité, lors que ie les veux coudre et arrester 1.
Quant au second , le Chirurgien qui aura fait les ligatures, doit prendre garde aux intentions pourquoy elles ont esté faites, et s'il a bandé bien proprement , et face qu'elles soient belles à voir , et qu'elles ne rident point, à fin de contenter les malades et lesassistans : car chacun ou-
1 A.. Paré avait déjà donné ce précepte, et même avec plus de détails , dans le Liure des fractures de l'édition de 1564, chap. 6, fol. 43, verso.
«7e ne veux icij oublier à t'adiicrlir , ion bandage fait, qu'il ne le faut pas coudre lu fin de les bandes en lu largeur que elles sont : car elles ne liendroienl pas si ferme, ores qu'elles fussent estroillement allachées : mais le les faut replier en long de coslé et d'autre, faisant l'exiremilc d'icelles presque en pointe ■ puis les coudre pour les arrester ; en quoy fai.\ant lu prendras garde de ne faire la couslure à l'endroit de la plaije, de peur de la douleur qui s'y feroit en les y atlachanl. »
Ce passage me paraît d'un haut intérêt pour l'hjsloire des bandages. On voit que Paré ne savait les arrêter qu'à l'aide d'un noeud ou d'une suture, et qu'il ne faisait point encore usaye des épingles, bien qu'on
\IF, LIVIÎE,
urier doit poliretembellir son ouurage, tant que possible lui sera.
Les bandages trop lasches aux fractures et luxations sont souuent cause de rendre les parties tortues , bossues, et contrefaites
Auxifractures, luxations, et séparations des os, aussi aux playes et contusions faut commencer le bandage , et y faire les premières reuolutions ou tortillemcns , qui seront deux ou trois , et les serrer ( s'il est possible ) plus en tels endroits qu'és autres , à fin de tenir fermement les os en leur lieu , et exprimer et expulser le sang et autres humeurs qui peuuent estre ja flués, et aussi pour garder qu'il n'en Que plus qu'il ne sera besoin. Car par une fracture ( laquelle ne se fait iamais "sans contusion) le sang sort de ses vaisseaux, à raison qu'ils sont violentement foulés, pressés, et exprimés : qui cause meurdrisseure en la chair, de couleu r premièrement rouge, puis liuide ou noire, parce que le sang estant hors de ses propres vaisseaux s'est espandu en la chair et sous ie
les trouve nommées plusieurs fois dans ses OEuvres, et par exemple ci-devant, page 214, première colonne. Nous avons vu également, à l'occasion du bec de lièvre, (lue la suture entortillée proposée par Paré était pratiquée à l'aide d'aiguilles et non pas d'épingles. On a cherché à diviser l'histoire des bandages en plusieurs époques; à mon avis , l'époque principale serait celle de l'invention, mais surtout de l'application des épingles : car c'est elle qui sépare absolument la déligation ancienne de la déligation moderne.
1 Cette remarque, assez mal liée à ce qui précède et à ce qui suit, est de 1585. Elle semblerait véritablement mieux à sa place dans le chapitre suivant, où il est parlé des inconvénients des bandages trop serrés dans les luxations et les fractures. L'auteur y revient d'ailleurs également au chapitre 5.
DES
cuir, et en la siibstnnce des parties subiacéntes. Partant faut conduire la bande le pins loing de la partie fracturée, ou luxée, que l'on pourra. Car qui ieroit autrement, il renuoyerait le sang: au lieu blessé, et pourroif causer apostemes et autres mauums accidens. Or le sang qui Que , tend en bas seulement par vn chemin : et celuy qui est exprimé , va par deux , à sçauoir de haut en bas , et de bas en haut K Toutesfois il faut auoir esgard de le repousser plustost vers le corps que vers les extrémités, parce qu'elles ne sont assez capables ny fortes pour receuoir sans accident telle abondance de sang : car il s'y pourroit faire une inflammation ou aposteme :
et lors qu'on le repoulse vers le corps, il est régi et gouuerné par les Vertus et facultés naturelles '-.
1 Galien sur la sent. 25. de la 1. sect. des Fractures. — A. P.
Toute la fin de ce paragraphe est empruntée, sauf quelques dillérences de rédaction, à l'édition de 1564, chapitre cité, folio 4:j ; mais le texte primitif étant réellement beaucoup plus clair, je crois devoir le reproduire.
a Ayant réduit le membre , le plus près qu'il sera possible de sa Jicjure naturelle , il faut.... commencer le bandage sur la fracture , et y faire trois ou quatre tours , à jin de tenir mieux les os. De là retourner la bande en haut sur les parties saines , tousiours tirant vers le corps , et te plus loin de la fracture que l'on pourra , iusqu'à ce qiCe la bande soit tout employée .- car par ce moyen on repoulse le sang qui ia esloit coulé à la fracture et aux enuirons d'icelle : aussi on engarde qu'il en coule d'auantuge. Or qui feroit la ligature autrement , il renuoiroil le sang au lieu blessé : et pourroit causer apostemes et autres mauuais accidens. Car, comme dit Hippocrafev, le sang qui coule en bas , seulement y va pur vn chemin : mais celiiy qui en est repoulsé par la bande , va par deux sentiers, à sçauoir de haut en bas , et de bus en haut. En quoy
IVAGlïS. ^ .281