‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 290 sur 482 · CHAPITRE XLV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLV

DB hX MANIERE d'exTRAIEE LES PIEHRES AVX HOMMES , QV'ciN APPELLE LE GRAND ET HAVT APPAREIL

Auparauant Textraction de la pierre, le patient doit estre bien purgé et saigné , s'il eu est besoin , et ne

trop volumineuses, et figure à cet effet des tenailles tranchantes de son invention.

40 rage 130 , il raconte son opération de taille hypogastrique, dont il est également l'inventeur, et dont l'opinion commune est qu'il a en même temps prononcé la procriplion. Or, il n'en est pas ainsi, et en lisant attentivement le texte , on arrive à ce résultat , que Franco recommande la lithotritie pour les pierres trop grosses ; qu'avant de l'avoir imaginée , il était obligé de laisser ses opérations imparfaites; qu'une fois cependant il eut l'audace et le génie, après une incision périnéale inutile, de faire une incision hypogastrique , ce qui faisait deux opérations sur le même sujet. Or c'est cela qu'il ne veut pas qu'on fasse, attendu qu'avec la lithotritie l'incision périnéale suffira toujours : combien que ie ne conseille à personne d'ainsi faire ainsi plustosi vser du moyen ■par nous inuenlé.

50 Page 145 et suivantes, il décrit le fondamental de son invention pour saisir la pierre à la manière d'une anse, et l'attirer plus aisément au-dehors.

6° Page 147 , il décrit le vesical à quatre inventé par un sien cousin , et par lui perfectionné, espèce de pince à quatre branches destinée à saisir la pierre comme les lilholabes de la lithotritie moderne.

70 Page 161 , il propose directement une véritable taille bilatérale, à l'aide d'un lithotorae double, analogue à celui de Dupuytren. Je dois dire seulement que cet instrument avait déjà été décrit et figuré par Guy de Chauliac pour le débridemenl des plaies.

Et enQn.pagc 156, il ajoute à tous ces procédés la description du grand appareil qu'il

[E LIYBE,

faire roperation le lendemain qu'il aun pris médecine : pource que tout le corps en est encore esmeu. D'auantagc on pourra fomenter les parlies pudibondes de clioses qui iiuraeclent et relaxent , à fin que la pierre soit mieux tirée.

Il faut situer le patient sur vne table ferme , les reins sur vn coussin, et sous les fesses vn drap en plusieurs doubles, et qu'il soit à demy renuer-

a extrait, dit-il, d'vn docteur appelé Mariant Saucii Barolitani. C'est là que Paré a repris le texte et les figures , et nous aurons dans les notes suivantes à examiner à la fois la description originale de Marianus Sanctus, la première copie de Franco, et la deuxième copie de Paré.

' C'est à ce chapitre que commence l'exposition du grand appareil, décrit pour la première fois par Marianus Sanctus ; et le Libellus aureus de celui-ci est assez célèbre pour que nous indiquions, chemin faisant, comment il est écrit.

On trouve d'abord une lettre de Marianus à Jean Antracino, une réponse de celui-ci, une dédicace à l'archevêque Caraffa, et une préface ou proemium. Après quoi commence l'ouvrage divisé en 23 chapitres.

Le premier chapitre est consacré à exposer l'ordre que l'auteur veut suivre. Il est cependant terminé par quelques mots , sur l'utilité d'une purgation avant l'opération, pour évacuer la bile.

Le deuxième traite de l'anatomle de la vessie ; il n'y a pas une idée.

Le troisième s'occupe du temps d'élection. L'auteur démontre très longuement que l'astronomie est essentielle au médecin ; le tout pour appuyer cette proposition: qu'il faut choisir la saison conforme à la coinflexion de la vessie, qui est froide et sèche; c'est-à-dire, en première ligne l'automne; en second lieu le printemps. Il faut éviter par-dessus tout la quadrature ou l'opposition de Saturne et de Mars avec la Lune.

Le quatrième chapitre entame la description des instruments, et s'occupe d'abord delà Sonde exploratrice, fistula seHsiringatentaiiua}

OPERATIONS

sé, les cuisses pliées, et les talons vers les fesses : et luy laut lier les pieds près les clieuilles auec vnc bande forte et large de trois doigts, la passant par derrière le col deux ou trois fois : et d'icelle seront liées les mains contre ses genoiiils , ainsi que tu vois par ceste figure • .

elle ne dilTère de celles que nous avons représentées ci-devant page 4G1 , que par l'adjonction de deux ailes, au pavillon.

Les dix chapitres suivants achèvent de décrire l'appareil instrumental , et c'est au 15' seulement que l'auteur traite de la position à donner au malade, tandis que c'est par là que débute A. Paré.

' Le commencement de ce «hapitre est extrait presque entièrement du chapitre 32 de Franco, page 121. Je noierai cependant que Franco recommande de lier les mains, sur le carpiis ou sur la malléole du pied, et qu'ainsi il ne demande que deux forts hommes pour tenir le patient , au lieu de quatre.

Probablement Paré avait suivi en ce point les indications de Laurent Colot , bien que sa description soit fort loin d être claire. Marianus a oublié de dire ce qu'il faut faire des mains du malade. Dans son li" chapitre, il recommande d'attacher la table à la muraille avec des clous, et d'y placer le lit, de telle sorte que le patient, regardé du côté où est l'opérateur , y paraisse plutôt assis que couché. La ligature est décriteau chapitrelG:

« Que l'on prenne pour faire celte ligature deux bandes égales , de la longueur de 16 palmes , attachées l'une à l'aulre par le milieu do leur longueur; cette portion moyenne sera appliquée sur le cou du patient, et un aide les y maintiendra fixes d'un côté, tandis que de l'ajitre côté le mailre commencera la ligature. Il prendra donc les deux chefs de la première bande, qu'il conduira, l'un par devant la poitrine, l'autre par derrière, les rapprochera sous l'aisselle , et les réunira en les tordant en guUe de corde ; et descendra ainsi en les entrecroisant toujours jusqu'à la région du coude; il liera ensuite la Jambe près du

DE CHIRVUGIE.

I La figure d'vn homme situé comme il faut j nnaud on luu veut exlrnire la pierre de la vessie

Estant le patient ainsi lié, faut auoir quatre hommes forts , non craintifs ny timides , à sçauoir , deux pour luy tenir les bras , et les deux autres qui luy tiendront d'vne main vn genoiiil et de l'autre le pied: si bien et dextrement qu'il ne pourra remuer les iambes ny hausser les fesses, mais demeurera stable et immobile, à fin que l'œuure soit mieux faite.

Estant le patient ainsi situé, faut auoir vue sonde d'argent ou de fer ,

jarret, de la même manière, descendra jusqu'auprès du talon, croisera les deux chefs sur le cou-de-pied, en entourant deux fois le pied lui-môme ; reviendra les croiser sur le cou-de-i)ied, el les assujettira en ce point par un nœud, ou remontera jusqu'au mollet , si la bande est assez longue. Il en fera ensuite autant de l'autre côté, et complétera ainsi la ligature. »

Cela n'est pasnon pliissuffisamment clair, sans doute parce que cela n'est pas suffisamment exact.

» A. Paré a corrigé l'inexactitude de coKo figure par la note marginale suivante :

// faut que le malade soit situé les fesses plut prêt dH bout et extrémité de la table.

48o LE QVINZIÉM

ouuerte au dehors, et assez large, à fin que le tranchant du rasou- puisse entrer librement dans sa cauilé pour guider la main de 1 inciseur. La figure est telle

« Avant d'en venir à l'opération , Marianus a un cliapitre de medici piœparaiione , quia trop d'intérêt relativement à l'histoire de l'art au xvi« siècle, pour que nous le passions sous silence. Le voici donc en entier.

De la préparation du médecin.

« Avant que de passer à l'incision , nous disons que le médecin doit disposer en ordre tous les instruments que nous venons de décrire, afin que quand il en demandera un, un aide un peu intelligent ne lui en présente pas un autre; ce qui ne l'embarrasserait pas peu dans l'opération. C'est pourquoi pour éviter toute perte de temps, nous exposerons comme il doit s'arranger avec ses instruments.

» Le lit étant donc préparé, et le malade couché , avant d'appliquer les bandes qui tourmentent déjà le patient, l'opérateur doit se munir de ses instruments en secret et à la dérobée , pour ne pas causer par le déploiement de l'appareil un surcroît d'épouvante. Il mettra donc tous les instruments en argent entre les manches de l'habit et la chemise {iiuer lunicœ et diuploidis municas), dans l'ordre où nous les avons i décrits, la sonde d'abord et ensuite les autres jusqu'au dilatatoire. Quant à celuici dont les bras écartés tiendraient trop de place, il lecachera dans un étui de cuir [in caliyis) attaché sur l'ombilic; un peu au-dessous seront placées les tenailles; et en dernier lieu les latéraux, a cause de l'afDnilé qu'ils ont avec les tenailles. Ceci a un autre but , c'est de réchauffer un peu ces instruments , de peur que le froid du métal ne blesse la vessie, attendu que le froid est ennemi non seulement des os, des dents, des nerfs et de la moelle . mais encore est capable d'amener la destruction du corps humain. Tous les instruments étant ainsi cachés , il doit encore recouvrir ses deux manches d'une petite compresse , tant pour

Page 1