CHAPITRE in
EN ÔVÉL HVMÉVh LE VIUVS VEROL- LIQVE ÈÉi ENBACINÉ.
Combien que selon «lucuns, la cause antécédente de ceste maladie se fait indifferemmenl des quatre humeurs:
loutesfois il me semble que le fondement et la cause matérielle première et principale d'icelle, est vne matière piluileuse, grosse et visqueuse, altérée et viciée par ce virus : lequel consequemment altère et corrompt les aulres humeurs, selon la préparation qu'ils auront à le receuoir. Et pour probalion que ce virus est fondé eu l'humeur pituileux, c'est que par l'euacualion qui se fait de cesle humeur, soit par flux de bouche ou de ventre, ou par l'vrine, sueurs, et en toutes températures, soit cholériques, sanguines ou melancholiques, ladite verolle est guarie : ce que Ion voit par expérience. Aussi que les pa-
' Sous la custode; l'édition latine traduit: tM earcere.
E LIVRE
foxysmes ou mouuemens des douleurs se font la nuit plus que le iour, parce que lors la matière est en son rut ou mouuement. faisant distension au périoste, membranes et autres parties nerucuses, et retourne tous les iours en mesme manière que fait Vne fiéure quotidienne, causée d'humeurs pituiteux. Au.ssi l'on voit que les cholériques, sanguins et melancholiques, ne peuuent estre guaris que par l'euacualion de l'humeur pituiteux : et sont tous ou la pluspart des accidens suiuans ceste maladie, causés d'humeurs froids. Pareillement les malades se sentent blessés auec choses froides, et aidés et guaris par choses chaudes, soit par décoctions, onguens, emplaslres, parfums et autres remèdes, pris tant par dedans que par dehors.
D'ab.indant en toutes pustules ou vlceres, on Irouue vne dur. té en la racine, encores qu'elles apparoissent extérieurement bilieuses ou sanguines : car les ayant ouuerles on les trouuerà farcies d'vne matière gypseuse et blanche, ou vne pituite crasse, ou vn pus visqueux : aussi les parties froides et spermaliques en sont plus affectées que les chaudes. Les exostoses « ou nodus ne sont procréés qued'vnepituilccrasseet visqueuse^.
Aussi les vlceres ne peuuent estre curez que le corps ne soit vacué, et principalement par sueur : parquoy si la matière estoit chaude et seiche, seroit plustost entrelenut- par tels remèdes, que guarie. Pareillement on void que ladite verolle est guarie par remèdes chauds et secs, comme par
' Les éditions dé làtâ et 1579 disent : les eparosio$es.
' Le resté dé ce paragraphe a été ajouté en 157!).
DE LA GROSSE VEROLLE
la deéôclîon de gaiac, d'esquine salsa- ^àrille, et vif-argent, et aiilres choses prodoqnans la sueur
D'auaulage, cesLe maladie se cache au corps vn an sans démontrer quelquesfois signes apparens : ce que rie font les maladies Causées d'intempefature chaude.
t»arquoy ces choses bien considérées, on peut conclure que la base et fondement du virus verollique est Thuméur pituiteux : toulesfois elle peut estre compliquée auec autres humeurs, comme il appert aux tumeurs contre nature, lesquelles se trouuent peu ou point qtii purement et simplement soient faites d'vn seul huftieur:
mais celuy qui doinine en la tumeur prend la dénomination , comme nous auons dit au traité des tumeurs contre nature.