SIGNES DE LA VEEOLLE
Lors que la verolle est récente , il il s'apparoist vlceres à la verge', OU à la vulue, tumeurs aux airies, chaude - pisse , iettant quelquesfois sanie puante et fort fétide, laquelle prouient des parastates^, ou des vieeres qui sont au conduit de la verge : ils ont aussi douleurs aux iointures, teste, espaules, et autres parties, auec vue lassitude des bras et ïambes, de façon que les malades disent qu'il leur semble auoir esté
' Ici Paré auait ajouté en 1570 un paragraphe sur lu pelade qui coupait le sens, et n'était inanifcslemcnt pas à sa place. Je l'ai reporté au cliapilrc DaProynostic, ci-aptés, paçeô34.
2 toutes les éditions du vivant de Paré <iî5en( pàfàitdtén , l'édition latine proslàtcL
battus de basions^ ne pouuans cheminer, ny porter leurs mains sur la lesle, sinon auec grande difdculté.
H leur surnient inllammalion à la bouche, et tumeur aux amygdales, qui les garde de bien parler, et aualler leurs viandes, et mesmes leursaliue :
aussi ils ont pustules et boulons à la teste, et par tout le corps, et souuent vn chappelel autour du front, cheu te de poil ( dite alopécie, ou pelade ) à la teste , sourcils, et à la barbe, auec amaigrissement de tout le corps, et grandes inquiétudes.
Il faut icy noter, que tous ces signes ne suruiennent pas à chacun malade, mais à aucuns d'iceux. Les plus certains sont , quand le malade a quelque vlcere malin aux parties honteuses, calleux, dur et difficile : et encore que les vlceres soient consolidées, et qu'il y reste certaine dureté , principalement à la verge, cela dénonce la verolle à curer: et apparoissent tumeurs aux aines, qui s'en retournent dedans le corps sans se suppurer. Et lorsqu'il suruient aucun des signes susdits, il faut iuger qu'ils ont la verolle : toutesfois il faut bien noter que plusieurs ont signes euidens de la verolle, sans qu'ils ayent vlceres à la verge , ny bubons aux aines , ne chaude-pisse, neanlraoins qu'en telles parlies le plus souuent s'apparoissent les premiers signes : mais ont quelques vlceres ou pustules en autres parties , lesquelles ne peuuent estre curées , quelque diligence qu'on y puisse faii e, si ce n'est pair le bénéfice du vif-argent.
Lorsqu'elle est inueterée , les douleurs sont fixes et arrestées, auec lophes ou nodus : carie et pourriture aux os dé la leste, ou aux bras, et au deuarit deâ ïambes : aussi ilê ont des tumeurs noueuses^ tenipllêâ de ma-
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tieredure, en maiiiere dechaslaignes, ou comme vn nerf ou tendon pourri , qui sont fort enracint'es : et après estre ouucrles, dégénèrent en diner ses espèces d'vlceres, à sçauoir, putrides, et corrosiues, et autres, selon la diuersité des corps. Les douleurs vexent plus les malades la nuit que le iour : ce qui aduient , pource qu'eslans tenus chaudement, icelle chaleur esmeut l'humeur: ioint que le virus verollique s'attache le plus souuent à l'humeur pituileux, lequel la nuit a son mouuement : partant il s'esleue et distend le périoste , et autres parties nerueuses, qui est cause auec l'acrimonie du virus, faire de grandes douleurs. Qu'il soit vray , les pauures verollés , au matin , après auoir crié toute la nuit, commencent à se reposer : parce que ledit humeur piluiteux commence à s'abaisser, et quitter place au sang , qui a sa domination au matin. OnpeuL ici adiouster autre raison, c'est que le malade ne troimant occasion de parler la nuit à aucuns, et voir choses diuerses, son esprit est attentif du tout à sa douleur'.