CHAPITRE XVII
DE l'érection et TENSION CONTINVE DV MEMBBE GENITAL.
Ces accidens s'appellent en latin Priapismus,clSatyi-ia,<!i.9: et sont deux noms .signifians deux choses de diuerses espèces. Car le premier adulent seulement aux hommes, et est vne tension du membre viril sans aucun ap-
DE LA GROSSE VEROLLE
po(U charnel : le second adulent aux hommes et femmes, accompagné d'vn désir furieux '.Outre cela, le premier est sans effusion de semence, le second auec effusion : d'où vient que si tost que l'habitation a esté auec la femme, incontinent il cesse. Mais au premier rien moins , qui est cause qu'il s'augmente de telle façon, que si l'on n'y preuoit bien tost, suruient vne mort cruelle, ou conuulsion insupportable.
L'vn et l'autre procède d'vne excessiue chaleur , et dilatation des artères, d'abondance de \ents qui remplissent le nerf caue du membre genilal , pour auoir mangé trop de viandes venteuses, et autres causes.
Si cela adulent à vne femme, au lieu delà tension sent en ses parties génitales vn prurit , ardeur, et douleur, accompagné d'vn désir intolérable de Venus, et est contrainte de porter souueut la main pour se frotter.
Pour curer l'érection , soit appliqué sur les reins vn cataplasme fait de morelle, joubarbe , pourpié , laictues, iusquiame , nénuphar, ciguë, pilés ensemble, et appliqués sur lesdits reins et sur l'entrefesson. Faut boire de l'eau froide, et vser de viandes semblables.
Maintenant nous retournerons à parler des causes et différences de la chaude-pisse.
' Ici Parcb'éloigneenticrementde Thierry; car si la définilion du priapisme est chez tous deux la même, Thierry dit du satyriasis que c'est érection de ta verge auec appétit d'habiter, p, 212.
Au résle, ce chapitre est tout entier de rédaction nouvelle, et manque non seulement daus l'édition de liiG'i, mais dans celles de 1575 et 1579; on le lit pour la première fois en 1585.