‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 369 sur 482 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

DV VICE DES ÏAMBES DONT LES MALADES SONT APPELLES VARI ET VALGI, ET DES ÏAMBES TROP GRESLES 2,

Il m'a semblé bon d'escrire vn vice dont le patient selon la disposition est nommé en latin varus, à sçauoir, quand le pied est tourne vers le dedans : et ce vice vient quelquesfois

'J'ai dit dans la note précédente que celle figure avait déjà élé publiée en 1564. Elle avait pour litre : P^n detOerde fer blanc, lequel se peut attacher {au moyen de ses deux petites boucles) au poignet, pour empescher que le poulce ne se ployé dedans la main, qui se fait par-ce que les nerfz ou tendons qui estendenl ont esté couppez. Du reste, la bataille de Dreux ayant élé livrée en 15G3, c'était donc le doigtier imaginé pour le gentilhomme blessé à celle bataille que Paré s'était hûté de figurer dans le livre qu'il avait sous jircsse.

'Ce chapitre elles figures qui l'accompagnent datent de 1575.

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dés le ventre de la more: laquelle pendant sa grossesse s'est tenue trop longuement assise les iambes croisées : ou pour-ce que la mere a tel ■vice : ou pour la mauuaise figure qu'aura tenue la nourrice enuers l'enfant , pour ne l'auoir tenu bien droit, ou pour auoir pressé et tourné le pied contre sa figure naturelle.

Car les os des petits enfants nouuellement nés sont fort mois.

Au contraire, quand le pied est tourné vers la partie extérieure , on nomme le patient qui a tel vice , valgus , qui se fait aussi de mesme cause : et l'vn et l'autre vice est nommé du vulgaire pied-bot : et n'advient pas seulement au pied, mais aux. genoiiils pareillement.

Pour remédier à tels vices, et réduire les os en leur lieu , il les faut pousser en leur situation naturelle.

Et faut icy noter, que si le malade est varus , il faut pousser le pied et le tenir comme si on le voulolt rendre valgus. Au contraire, s'il estoit valgus , le faut pousser comme si on le vouloit rendre varus : et les y faut tenir assez long temps , à fin que les os puissent demeurer en leur deuë situation. Car, où l'on se contenteroit de remettre seulement les os à leur place , ils retourneroient en leur premier vice. Parquoy il faut d'auantage les pousser, et les y faut tenir , tant par bandages et compresses appliquées au lieu vers lequel tend le vice , et aussi par petites botines propres à ce faire , lesquelles seront de l'espaisseur d'vn leston , faites de cuir boiiilli, et fendues par le deuant et sous le pied , à fin qu'elles s'ouurent mieux pour y mettre le pied :

et seront liées et attachées commodément : et y sera appliqué ce remède, qui en tel cas est excellent :

EMB LIVRE)

■if.. Thuris, mastichcs, alptis, bo» Armenia ana 3. j.

Aliiminis rocba;, résina; pini siçciB gubtilissimè puliierisatorum ana 3. iij.

Far. volalilis § . j. G.

Albumina ouoruni q. s.

Fiat medicamenlum.

On y peut adiouster de la térébenthine , de peur qu U ne se desseiche trop.

Il faut icy noter qu'on ne doit aucunement faire cheminer les enfans vai-es etvalges, que premièrement les iointures ne soient bien affermies , de peur qu'ils ne se desboitent de rechef. Et lors qu'on voudra les faire marcher, on leur baillera des souliers assez hauts, cQmme des demies botines , et lacés par le deuant , ou attachés à vn petit crochet , et qu'ils soient de cuir assez solide : à fin de tousiours tenir les os fermes sur leur iointure , et qu'ils soient contraints d'y demeurer.

Et faut faire que la semelle soit plus haute du costé où le vice est enclin à se tourner, à fin de le faire renuerser du costé qu'il sera nécessaire , comtne tu vois par ceste figure,

Pçr trait (fe deux petites botines, Vvne quuerte, et l'aulrç close.

d'adiovster

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