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CHAPITRE XII

LES MOYENS d'aCCOMMODEK DES MAINS, BRAS ET ïambes ARTIFICIELLES , AV LIEV DE CEVX QVI AVRONT ESTE COVPÉS

Lanecessité nous a contraints à chercher les moyens d'imiter Nature , et

' Ce chapitre avec ses figures est extrait des Dix Hures de chirurgie , livre Des gangre72es el moriificalioiis, chapUre 19, fol. 117. La disposition du texte y est cependant assez différente pour que je donne quelque idée de la rédaction primitive. Voici comment le chapitre commençait.

Les moïens d'accommoder dos mains, bras et iambes ariificielles au lieu des membres extirpez.

« El combien que ce soit vne chose fort inhumaine d'ainsi extirper vn membre , neantmoins nous deuons préposer la vie de tout le corps à la perle d'vne partie d'iceluy, raesmement des membres que Ion peut ex-

E QVI DEFAlVT. (3i5.

suppléer au défaut des membres deperdus, comme tu verras aux membres artificiels. Les figures et porlrails des mains, bfas et iambes qui s'ensuiuent, représentent les mouuemens volontaires, de tant pi es qu'il est passible à l'art ensuiure Natùre. Car flexion et extension se peuuont faire par bras et iambes artificiellement faites sur ces portraits :

lesquels i'ay, par grande prière, recouuert d'vn nnmmé le petit Lorrain, serrurier demeurant à Paris, homme de bon esprit , auec les noms et explication de chacune partie desdits portraits , faite en propres termes et mots de l'artisan : à lîn que chacun serrurier ou horologeur les puisse entendre, et faire bras ou iambes artificielles semblables : qui seruentnon seulement à l'action des parties coupées, mais aussi à la beauté et ornement d'icelles, comme on peut connoistre et voir par les figure suiuantes.

tirper auec espérance de guerison : qui plus est l'vsage nous a donné les raoiens d'imiter nature, et supplier [sic) au deffaut des membres perduz comme tu verras aux membres artilicielz que nous descrirons cy après. »

Venait alors la figure de la iambe de bois pour les pauures, reportée urt peu plus loin dans les éditions suivantes; puis un paragraphe reproduit fôut entier au éômmencement du chapitre actuel : Les figures et, pouriraiis, etc.; puis, sanS autfe texte, la jambe artificielle, ta maiiï de fer et le bras de fer. Les autres figures sont d'une autre date, (lue nous fixefons à l'occasion de chacune d'elles.

LE DIX-SEPTIÈME LIVRE

Portrait de la main aniflcieUt.

Description de la main de fer.

1 Pignons seruans à vn chacun doigt, qui

sont de la pièce raesme des doigts, adioustés et assemblés dedans le dos de la main.

2 Broche de fer qui passe par le milieu

desdits pignons, en laquelle ils tournent.

Gaschelles pour tenir ferme vn chacun doigt.

4 Estoqueaux ou arrests desdites gaschelles,

au milieu desquelles sont cheuillcs pour arrester lesdiles gaschelles.

5 La grande gasclielte pourouurir les quatre

pelitesgaschclles, qui tiennent les doigts fermés.

6 Le bouton de la queue de la grande gas-

chette, lequel si on pousse, la main s'ouurira,

7 Le ressort qui est dessous la grande gas-

chette, seruant à la faire retourner en son lieu , et tenant la main fermée.

8 Les ressorts de chacun doigt, q ui ramènent

et font ouurir les doigts d'eux-mesmes , quand ils sont fermés.

9 Les lames des doigts.

La figure suiuantp le monstre le dehors de la main , et le moyen de l'attacher au bras et à la manche du pourpoint.

d'adiovster ce QVI DEFAvr.

Description du bras de fer '.

1, 1 Le bracelet de fer pour la forme du bras.

2 L'arbre mis au dedans du grand ressort

pour le tendre.

3 Le grand ressort qui est au coude, lequel

doit estre d'acier trempé, et de trois pieds de longueur ou plus.

4 Le rocquet.

5 Lagaschette.

> Ce bras de fer était déjà figuré comme il a été dit en ihGi. C'est probablement d'une macbinc de ce genre que se servait François de la Noue, capitaine huguenot du xvr siècle; je lis dans la notice que lui a consacrée M. liuclion:

« Au siège de l'ontenoy, il eut le bras gauche fracassé d'vn coup d'arquebuse. Il se refusa d'abord à l'amputation , déclarant

6 Le resort qui poise sur la gaschette , et

arresle les dents du rocquet.

7 Le clou à vis pour fermer ce resort.

8 Le tornant de la hausse de l'auant-bras,

qui est au dessus du coude.

9 La trompe du gantelet fait à tornant auec

le canon de de l'auanl-bras qui est à la . main : lesquels seruenl à faire la main prone et supine : c'est à sçauoir prone vers la terre, et supine vers le ciel.

qu'il aimoit mieux mourir que de se mettre hors d'état de combattre. Ses amis le persuadèrent enfin, et la reine deJVavarre eut la force de caractère de lui tenir le bras pendant l'operalion. Un bras de fer le mit en étal de tenir la bride de son cheval, et il vola aux combats avec une ardeur nouvelle.» IPanlliéon littéraire, chroniques du xw siècle, Salignac, Coligny, etc., p. xviij.)

LE DIX-SEPTIlîME LIVRE

Autre portrait »

D'vne main faite de cuir boiiîlli, ou papier collé, les doigts tenant vne plume pour escrire, à celuy qui auroit eu la main du tout coupée et

amputée (où le' malade mettra dedans son moignon le plus auant qu'il pourra) : laquelle s'attache à la manche du pourpoint par certains trous que tu vois en la figure.

Serablablement quand à quelqu'vn par une playe les tendons et nerfs de dessus la main seront coupés, qui fait que le malade ne peut leuerla main , demeurant quasi inutile : elle sera tenue et esleuée par cest instrument fait de fer blanc , couuerl de taffetas ou autre chose, et sera posé sous la main, ioignant la première iointure des doigts : puis attaché par

dessus le carpe. Cela fait que la main demeure droite, de façon que le malade s'en aide par le moyen dudit instrument , qu'on peut nommer Bresse-main. Le bout de cest instrument qui est rond, se doit mellre contre la première iointure des doigls, et l'autre bout contre le carpe : et sera serré par les liens fort ou peu serrés , ainsi qu'il sera nécessaire.

Figure dit dresge-mûiH *.

' Cet antre portrait se voit poUV la prÈmière i > Cctlc figure (lU drcfsc-mnin,'tyCC le tctte rois dans l'édition de 1585. qui s'y rapporte, a été ajoutée en 1685.

D ADIOVSTEn CE QVI DEFAVT.

Ponrail des ïambes ariifioielka, ïambe reuestue. ïambe nuei

Description de la iambe de bois.

0. Le lien par lequel on tire l'anneau de la gaschette, pour plier la iambe.

1 Le cuissot, auec les clous à vis, et les trous

desdits clous, pour cslargir ou astreindre sur la cuisse qui sera dedans.

2 La pomme pour poser et appuyer la main

dessus et se tourner.

3 Le petit anneau qui est au deuant de la

cuisse, pour dresser et conduire la iambe où l'on veut.

4 Les deux boucles de deuant, et celle de

derrière, pour tenir et attacher au corps du pourpoinct.

5 Le petit fond au bas, dedans lequel se met

la cuisse iusques à deux doigts près du bout, seruant aussi à faire la beauté et forme de la iambe.

6 Le ressort pour faire mouuoir la gaschette

qui ferme la iambe.

7 La gaschette qui tient le baslon de la

iambe droit et ferme, de peur qu'il ne renucrse.

S L'anneau auquel est attaché vne corde pourtirerlagaschelte.àlinque le baston se puisse plier, lorsque l'on se sied et que l'on est à chcual.

9 La charnière pour faire ioiier et mouuoir

la iambe , mise au deuant du genouil.

10 Vn petU esloqueau ou arrest pour garder

que la gaschetlc ne passe outre le cuissot : car si elle passoit outre, le resort se roraproit, et l'homme tomberoit.

1 1 La virolle de fer, dedans laquelle le baston

est inséré.

J2 L'autre virolle au bout du baston, qui porte la charnière à faire mouuoir le pied.

13 Vn resort pour faire remettre etreietler

le pied en sa place.

14 L'arrest qui sert au resort pour reietter

le pied en bas.

ïambe r eues tue.

A Lames pour la beauté du genouil.

B La greue pour la beauté et forme de la iambe.

C Le gras pouracheuer la forme de la iambe. D Lames pour former le coup de pied.

LE DIX-SEPJIÉME LIVKE,

Description de la figure de la iambe de bois pour tes pauures.

Figure d'vne iambe de bois pour les panures.

oaRepresente l'arbre de la iambe.

bb Lesdcux fourchons pour insérer la cuisse, dont le plus court se doit mettre dedans iambe.

ce Te monstre le coussinet, lequel se met pour supporter mollcmenlle genoiiil sur la rondeur de l'arbie.

dd Sont les courroyes auec boucles Irauersantes en deux, endroits, les fourchons de la cuisse pour la serrer et tenir entre iceux.

Par e t'est marquée la cuisse, à fin de t'enseigner la vraye position d'icelle sur ladite iambe de bois.

D'abondant il aduient souuent, que pour auoir receu quelque coup d'espée, ou autre instrument tranchant, aux tendons et nerfs de la iambe, le malade après la consolidation, ne peut qu'à bien grande peine marcher et leuer le pied, le traînant en arrière, comme estant à demy paralytique. Pour remédier à cest accident, le malade aura vn chausson au pied, auquel sera attachée vne bande marquée par A A, icelle faite de toile large de trois doigts , laquelle sera fendue au milieu de la iambe, à fin qu'elle passe aux costés du genoiiil, attachée fermement aux œillets du pourpoincl, à fin de tenir le pied esleué lors que le malade chemine.

La figure est telle

' Cette figure avec le texte qui précède est une addition de 1676; et c'est ici qu'alors se terminait le Livre.

d'adiovster <

Figure d'vne bande pour aider à leuer le pied.

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