‹ Œuvres complètes d'Ambroise Paré [electronic resource]Chapitre 382 sur 482 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

^Ès "yî6lNES QVE LA FEMME AVRA CON- 'CÈV,' ET EST GROSSE d'ENFANT.

Leg' signes par lesquels la femme sera asseurée d'auoir concëu , soiit :

premièrement, si elle a eu autresfois énfans , elle prendra garde quand la semence ne luy sera" point sortie de -sa matrice après là copulation : car si elle est retenue , iille sera asseurée d'auoir conceu : pareillement elle sent, lors que les semences sontioin- •'fes ,' vn petit frisson et hori ipilation, où bérissonnement en tout le corps :

et telle chose se fait à cause que la •'mIatTicé- se comprime, et son orifice •■se cldst pour retëtiir les semences:

"iàirisi' ttue phr fôi^ nous sentons à la fin qu'aùons'pissé , qui se fait par la 'contraction de la vessie , à cause de l'air (jni siibit s'intrdduit pour rem- ■^lir' dùcunement ce qui est vuide'.j

• Aussy si elle; a senti quelque petite: "'dbùlèur autoiu" du nombril et petit' "veritre : si elle est fort eildormie^, et' -■'si la compagnie de l'homme ne luy!

-' plaist comme auparauaht : si sa face ■' est ■descoulout'ée , entre blanche et, «'pàlle, c'est signe de conception. Au-; ' curies qn'elqlie temps après la cou-;

ception ont des tauelures-' en la face,!

• les yeux enfoncés ','et lè blanc d'iceuxi

' Ce mbïnbré de Ij'hrase : Ainsi que p'ar-^^ ^ fois )ious semons, etc., a été ajouté en 1579.

' Ces mots, si die 'est fort endormie, sont " line addition de 1575.

■ ^'£>ei rdiietiirés '/ 16' liilin lïOiiaït mn, 'des taches.

EME LIVRE

liuide : autres ott douleur de teste auecvn verligo, leur semblant que tout tourne dessous dessus», pour la con turbation des esprits animaux causée des vapeurs qui s'esleuent au chef du sang menstruel retenu : et le terme de ses fleurs reuenu , au lieu de les auoir, ses tetons s'endurcissent et luy cuisent : à raison du sang qui les distend et amplifie. Adonc peut estre asseurée d'eslre grosse d'enfant : ioint 'que sur les trois mois ou quatre , le mouuement de l'enfant les rend certaines et asseurées : et lors que l'enfant est ja parfait , et commence à se mouuoir,le lait sort des mammelles.

Autres sont rechignées^ , melancholiqueset desplaisanlesà ellesmesmes, tant pour-ce que les esprits sont obscurcis de vapeurs suscitées de bas en haut, que pour le fardeau non accoustumé, dont tout le corps est appesanti. Aucunes ont mal de dents, défaillance de cœur, appétit depraué, auecnausée^, dit des anciens Pica, faisant qu'elles desdaignent les bon- > nés viandes , et quelquesfois appelent • choses contre nature , comme charbons, terre , cendres , vieux harens -pourris , fruits verts et aspres , poi- ■ ure et autres espiceries , boire vinaigre , et autres semblables, le tout selon la qualité et saueur des humeurs

' La phrase se terminait ici en 1673, cl l'auteur reprenait immédiatement : Elles sont rcchiijnees , etc. En 1575 il ajouta: . pour la conlurbalion des esprits animaux cau- .sés des vapeurs qui s'esleuent au chef du sang menstruel retenu ; et le reste du paragraphe fut cnlin ajouté en 1585.

' L'édition de 1573 dit seulement, elles sont recliignees, et ajoute immédiatement après : ylucunes ont mal de dents , etc. Le reste de la phrase a été ajouté en 1575.

3 La phrase s'arrêtait ici en 1573,ettoulle reste du paragraphe est uueaddition de 1575.

De tA GENER /VTIOiy*

qui regorgrent de l'amarry au ventricule. Or quelqueslois tel appétit depraué dure iiisqucs ù ce que la femme aye enfanté: etaussisouucnt ccsselors que l'enfant est plus grand, qui consomme tout le superflu tant bon que mauuais. Les femmes vefues et filles, et autres qui ne sont grosses , sont remédiées en leur prouoquaïit leurs mois (car cessant la cause cesse l'effet) lesquels en vain ou combat et tasche à guarir pendant que leur cause est entretenue : mais aux femmes grosses on ne le doit faire , de peur de les faire auorter , acte inhumain et damnable. Autres ont tel mal le plus sonnent trois mois après, et se rengrege lors que les cheueux viennent à l'enfant , et principalement quand c'est vne fille.

D'auantage, communément au second mois il suruient rétention des fleurs : d'autant que l'enfant agrandit , aussi plus attire-il de sang pour sa nourriture que de coustume : estant employé en trois parties, de la première desquelles plus pure , 1 enfant s'en nourrit. La seconde, qui est moins pure , est enuoyée aux mamelles de la femme à faire le laict pour la nourriture de l'enfant quand il sera né. La troisième , qui est la moins pure que les deux autres, demeure en la matrice , faisant ce qu'on appelle le giste ou arriere-faix seruant de lict et coussin, attendu que dedans iceluy l'enfant nage , et y est supporté, puis ietté deuant et après l'enfanlemeUt.

Autres sentent leur vrîne plus chaude et ardente que de coustume',

' L'édllion de 1573 dit en cet endroit : Qui se f'aict pour la rétention de .se» jlcurs, qui faict que la bouche de la matrice en est plus chaulde. Le texte nouveau, jusqu'à la

et en outre rougeasti e : car à cause de la rétention des mois, la bouche de la matrice est eschauffée, estant par conséquent la vessie qui luy est au dessus , coniointc par certains petits filaments , par lesquels la plus subtile et sanieuse portion du sang resude dans icelle , faisant l'vrine teinte de rougeur, comme monstre Hippocrate, lin. 1 De morh'is mulierum.

Autres ont grande douleur aux reins et aux aines , et par interualle sentent tranchées au ventre. Item si les veines de la poitrine et celles qui sont sur les mamelles, sont plus enflées que de coustume : mesme les mammelles s'enflent et durcissent i dés le second mois , et leur cuisent vu peu, à raison du sang qui monte :

aussi leurs papilles et mammelons deuiennent rougeastres ou noirastres, auec petites tubercules semblables àporreaux, tout le corps s'appesantist , le ventre s'enfle , par-ce que l'enfant prend croissance , partant les costes et lombes se dilatent : et par succession de temps rendent du laict, qui est quand l'enfant est ja parfait , acheué, et commence à se mouuoir.

Et lors qu'ils sont sus les derniers mois, sentent grande pesanteur aux hanches, la face maigrit, les yeux , le nez , la bouche agrandissent , et ses parties génitales se tuméfient. Item toutes les veines de son corps sont

fin du paragraphe, date de 1575. Le texte primitif montre suffisamment quel est le sens du mol Jleiirs employé plus haut; il est synonyme de mois ou règles; il ne faut pas oublier son étymologic latine, puores.

' L'édition de 1573 , suivie celte fois par celles de 1575 el 1579, ajoutait immédiatement : et par succession rendent du laict. Ces mots se lisent environ dix lignes plus loin dans le texte actuel; et tout ce qui les sépare a été intercalé en 1586.

644 Dix-uvr

fort pleines de sang, principalement celles des cuisses et des iambes, et autour de leur nature , et sont trouuées souuent variqueuses , dilatées , et entortillées , et quelquestois de plusieurs reuolutions circulaires loin tes ensemble pour la suppression du sang^ :

dont s'ensuit grauité et pesanteur de tout le corps, qui fait qu'elles ne peuuent cheminer qu'à bien grande peine, principaleinent quand elles ' sont proches d'accoucher.

Hippocrates Aphorisme 41 ,liure 5, dit, que pour prouuer si vue femme est grosse, luy faut faire boire de l'hydromel fait auec eau de pluye, quand elle s'en va coucher : si elle est grosse , sentira des tranchées , pourueu qu'elle ne soit accoustume à telbreuuage.

Page 1