DE SCISSVRE , QVI EST LA PREMIERE ESPECE DE FRACTVRE
SileChirurgien connoist parles signes prédits l'os estre fracturé et seissuré, et qu'il n'y ailpiaye suffisante : pour la traiter, faut premièrement raser le poil, puis couper le cuir musculeux et le Pericrane auecques vn rasoir, et faire la section triangulaire ou cruciale, de grandeur qu'il sera besoin (car telle chose ne se peut bien escrire) euilant louiours tant que possible sera, les commissures et les muscles temporaux. Et ne faut que le
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Chirurgien face difficulté de ce faire : car il est plus expédient faire vue incision pour descouurir ros,quenele descouurir et ne connoislre la nature de la fracture : car ayant fait la section et n'ayant rien trouué, facilement la playe se consolide, mesme commedit Hippocrates : il est meilleur guarir les maladies auecques longitude de temps en sûreté, qu'auecques crainte et soupçon en bien peu de temps ' .
Doncques ladite seclion se fera auecques vn rasiùr : et où il y auroit playe du bastpn qui auroit donné le coup, icelle seruira d'vne desdites incisions.
Rasoir pour faire incision.
Aucuns enleuent toute la pièce dudit cuir musculeux et Pericrane , ce quei'ay fait plusieurs fois^.Puis après
1 Cornélius Celsus. — Hippocr. — A. P. — Ces cltaLions manquent dans l'édition de IbGi ; de mêm.e, dans celle édition et celle de 1575, il n'est point parlé ûa besoin d'éviter tes rpuscles teniporaux.
^ On s'étonne de voir ce mauvais procédé mentionné ainsi sans autre réflexion par A-, Paré. Pierre d'Argelata , au xiv siècle, défendait expressément d'enlever les lambeaux résultant de l'incision ; mais il est vrai
i.r iivrriKMF. livre,
faut bien séparer le Pericrane d'auec le Crâne , de peur qu'on ne le touche de la Trépane (car tel attouchement seroit cause d'induire douleur el inflammation) en commençant aux angles de la playe auecques tel Cizeau.
Cizeaii pour séparer le Pericrane.
Et après faut emplir toute la playe de charpy , à fin de tenir les léures esleuées et dilatées iusques au lendemain, et par dessus appliquer remèdes repercussifs et restraintifs du
de dire que d'autres chirurgiens agissaient autrement. Il semble que Marianus Sanctus était de cet avis : vahms ipsum AMPi'TAREy?rjitrâ Lriangulari, vel oclogonaliter aul cnicialiier, non dubilule. — De capiiis lœsion., in coll. Ulfenlmch., p. 896. Du reste cette méthode a persisté beaucoup plus tard, el l'on en retrouve des traces jusque vers la fin du xviir siècle.
flux de sang. Et s'il aduenoit qu'il fiist impétueux el si grand qu'il ne peust estre eslanché par iceiix , alors faudroit lier le vaisseau , faisant vn point d'aiguille, commençant à passer l'aiguille à la partie extérieure au trauers de tout le cuir musculeux, puis la repasser par la partie intérieure et faire le nœud dessus, y appliquant vue petite compresse ronde faite de linge, de grosseur d'vn tuyau de plume d'oye, de peur que le fil ne coupe le cuir, et euiterla douleur, le serrant si fort que le sang ne puisse passer outre ledit vaisseau. Et ainsi faisant, l' on estanche les flux de sang que les remèdes astrictifs ne peuuent faire.
Ce que i'ay fait puis nagueres à vn charretier, lequel ainsi qu'il estoit sur sa charrette tomba la teste première sur le paué en ceste ville , et se feist vue bien grande contusion sur l'os Pariétal, partie postérieure: au moyen deqdoy le conuint inciser , tant pour faire vacuatlon du sang meurtri , que pour auoiresgard au vice de l'os:
et par ladite incision fut coupée vne artère. Dont celuy qui le traitoit ne luy sceut estancher le sang , duquel ledit charretier auoit perdu si grande quantité, qu'il ne se pouuoilpas seulement tourner dans son lit et à peine parler, tant estoit foibleet débile'.
Icy i'ay bien voulu reciler telle histoire, à fin d'instruire le ieune Chirurgien qu'il ne laisse mourir vn homme par faute d'vn petit point d'aiguille : lequel ne doit seulement estre fait en la teste, mais aussi en
' C'est ici une de ces observations dont la rédaction n'ayanljamais été changée, pourrait soulever des doutes sur la date de la doctrine professée parl'auteur. Les motspi/i,v naijueres se rapportent à la date de la première édition de ce livre, 1561.