ÉTÉ
c'est-à-dire les positions qu’elles occupaient dans l’état d'équilibre;
les autres s’en écarteront à droite et à gauche; et le rayon, semblable
à une corde vibrante, prendra la forme d’une ligne sinueuse, composée d’ares alternativement situés de part et d’autre de sa direction primitive. Les aœuds du rayon, comme ceux d’une corde vibrante, seront, à chaque instant, les points où les molécules conserveront ou reprendront leurs positions initiales. Seulement ces nœuds, qui sont fixes dans une corde vibrante, se déplaceront d’un instant à l’autre dans le rayon lumineux. Ces nœuds seront d’ailleurs de deux espèces, chaque nœud étant de première ou de seconde espèce suivant que les molécules desquelles il s’approchera, en se déplaçant dans l’espace, se trouveront situés d’un côté ou de l’autre par rapport à la direction primitive du rayon. Si le milieu donné est du nombre de ceux dans lesquels la propagation de la lumière se fait en tous sens suivant les mêmes lois, et si d’ailleurs ce milieu est parfaitement transparent, l'épaisseur d’une onde plane, ou la longueur d’une ondulation lumineuse, ne sera autre chose que la distance entre deux nœuds de même espèce, et la vitesse de propagation avec laquelle chaque nœud se déplacera, en passant d’une molécule à une autre, sera ce qu’on nomme la vitesse de propagauon de la lumiere. Si le milieu donné ne remplit pas les conditions énoncées, l'épaisseur d’une onde plane ne sera plus la distance entre deux nœuds de même espèce du rayon lumineux, mais la projection de cette distance sur une droite perpendiculaire aux plans des ondes; alors aussi la vitesse de propagation des ondes planes restera distincte de la vitesse avec laquelle se déplacera chaque nœud du rayon, et sera la projection de cette dernière vitesse sur la droite dont il s’agit.
Puisque, dans les corps parfaitement transparents, le module d’un mouvement simple se réduit à l’unité, il est clair que, dans ces corps, le déplacement d’une molécule éthérée, produit par un mouvement simple, et mesuré parallèlement à un axe fixe, a pour expression l’amplitude des vibrations parallèles à cet axe multipliée par le cosinus de l’angle variable que l’on obtient en ajoutant à l'argument du mouvement simple un paramètre constant. Ce paramètre, que nous avons
nommé paramètre angulaire, peut changer ou non de valeur avec la direction de l’axe fixe, suivant que le rayon donné est ou n’est pas polarisé en ligne droite. Si l’on considère un rayon simple quelconque, dont la polarisation soit elliptique, ou circulaire, ou rectiligne, comme résultant de la superposition de deux autres rayons simples polarisés en ligne droite dans deux plans rectangulaires entre eux, l'amplitude des vibrations, ainsi que le paramètre angulaire, changera généralement de valeur quand on passera d’un rayon simple à l’autre; et ce paramètre, pour chacun des deux rayons composants, sera le complément d’un angle mesuré par le produit de deux facteurs, dont l’un représentera la distance de l’un des nœuds du rayon au second plan invariable, tandis que l’autre facteur représentera, dans l’argument du ‘mouvement simple, le coefficient de la distance d’une molécule au même plan. Les deux paramètres angulaires, relatifs aux deux rayons composants, devront être égaux ou offrir pour différence un multiple du nombre 7, si le rayon résultant est polarisé én ligne droite. Alors les deux rayons composants offriront les mêmes nœuds, les nœuds de première espèce de l’un pouvant coïncider avec les nœuds de première ou de seconde espèce de l’autre. Si d’ailleurs on suppose que, dans le milieu donné, la propagation de la lumière s’effectue en tous sens suivant les mêmes lois, le plan de polarisation du rayon résultant formera, avec les plans de polarisation des rayons composants, des angles dont les tangentes trigonométriques seront les rapports direct et inverse de l'amplitude des vibrations de l’un à l’amplitude des vibrations de l’autre. Le rayon résultant sera polarisé circulairement si les amplitudes des vibrations moléculaires sont les mêmes dans les deux rayons composants, et si de plus les paramètres angulaires diffèrent, dans ces deux rayons, ou d’un angle droit représenté par {r, ou d’un multiple de cet angle, en sorte que la distance entre deux nœuds consécutifs, appartenant à l’un et à l’autre rayon, soit précisément le quart de la lonsueur d’une ondulation lumineuse. | Concevons à présent que des rayons simples, en nombre quelconque fini ou infini, soient superposés les uns aux autres. Cette superposition
donnera naissance à un rayon résultant qui cessera généralement d’offrir, même dans un milieu parfaitement transparent, la polarisation elliptique, ou circulaire, ou rectiligne. On doit toutefois excepter certains cas particuliers où le mode de polarisation du rayon résultant sera facile à prévoir. Ainsi, par exemple, si les rayons composants sont tous polarisés en ligne droite et renfermés dans un même plan, les vibrations des molécules éthérées, dans le rayon résultant, seront constamment dirigées suivant des droites que renfermera encore le plan dont il s’agit, et par suite le rayon résultant, sans être un rayon simple, pourra encore être désigné sous le nom de rayon plan, ou polarisé en ligne droite.