C.R., t. VIIL, p. 229 (18 février
La dernière de ces propositions, étant généralisée, peut s’énoncer comme 1] suit :
Lorsque chaque azimut de réflexion ou de réfraction est, non pas égal, mais supérieur ou inférieur à l’unité, alors, si le nombre des réflexions ou des réfractions devient de plus en plus considérable, les azimuts des rayons successivement obtenus croitront ou décroitront sans cesse et indéfiniment, de sorte que, après un grand nombre de re-
flexions ou de réfractions, le dernier rayon réfléchi ou réfracté sera sensi-
blement polarisé dans le plan d'incidence ou perpendiculairement à ce plan. >
Au reste, cette proposition, ainsi que les précédentes, s'accorde avec les expériences des physiciens, particulièrement avec les formules et les expériences de Fresnel, relatives à la réflexion et à la réfraction opérées par la surface de séparation de deux milieux isophanes et transparents. Pour montrer une application des mêmes propositions à la réflexion opérée par des corps opaques, nous rappellerons ici quelques résultats obtenus par M. Brewster. Cet illustre physicien ayant fait réfléchir deux fois de suite, par un métal, un rayon polarisé à 45° du plan d'incidence, a mesuré l’azimut après la première et la seconde réflexion, dans le cas où elles ont lieu sous des incidences égales et tellement choisies que la seconde réflexion produise un nouveau rayon doué, comme le rayon incident, de la polarisation rectiligne. Or il résulte des propositions énoncées que, dans ce cas, la tangente de l’azimut doit acquérir, après la première et après la seconde réflexion, deux valeurs dont l’une soit la racine carrée de l’autre. D'ailleurs, en faisant successivement usage des métaux dont les noms suivent, M. Brewster a trouvé que l’azimut était :
Après la première Après la seconde réflexion. réflexion.
: dr LÉ Pour Pafgent. "3.0.0 42. o 39.48 Pour lé Gutb,5 ris ue 36.30 29. 0 Pour le mercure.;...,..1:,2,: 89,0 26. o Pour le métal des miroirs...... 32. Oo 21. O
et les tangentes des quatre azimuts mesurés après la seconde réflexion ont pour racines carrées les tangentes des quatre angles
na: 30"40;: 34°90, 31°47
qui different très peu, comme on le voit, des quatre azimuts fournis, après la première réflexion, par des expériences directes, les différences étant respectivement
On doit même observer que, pour déterminer l’azimut relatif à l’argent, après la première réflexion, M. Brewster a eu recours à deux
expériences distinctes, dans l’une desquelles le rayon réfléchi traversait une plaque cristallisée, propre à faire évanouir l’anomalie, sans altérer l'azimut, tandis que, dans l’autre expérience, le rayon réfléchi par le métal subissait deux nouvelles réflexions sur le verre, sous l'incidence de 54°+, par conséquent, deux réflexions capables de faire acquérir la polarisation circulaire au rayon incident, c’est-à-dire à un rayon plan et polarisé à 45° du plan d'incidence. Or, il est remarquable que les azimuts fournis par ces deux expériences se réduisent aux angles 42° et 42°, entre lesquels se trouve compris l'angle 42°23', déduit par le calcul de l’azimut du rayon ramené à la polarisation rectiligne par deux réflexions effectuées sous la même incidence, à la surface de l'argent.
Lorsque M. Brewster a fait usage de platine, d’acier et de plomb, il a obtenu, pour les azimuts relatifs à la première et à la seconde réflexion, des nombres qui ne s'accordent plus entre eux d’une manière aussi parfaite. En effet, il a trouvé que l’azimut d’un rayon primitivement polarisé à 45° du plan d'incidence, puis ramené, par deux réflexions effectuées sous le même angle, à la polarisation rectiligne, était : |
Après la première Après la seconde réflexion. réflexion.
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Or, les tangentes des trois azimuts relatifs à la seconde réflexion ont pour racines carrées les tangentes des angles
3526, 28°56/, :53°487, et les différences de ces angles aux azimuts mesurés après la première réflexion sont respectivement - RES OA, AE.
Quoique ces différences surpassent notablement celles qui étaient relatives aux quatre autres métaux, néanmoins elles ne sont pas assez
considérables pour ne pouvoir être attribuées aux erreurs d’observation et à cette circonstance particulière que la lumière employée par M. Brewster n’était pas une lumière homogène, comme nos formules le supposent, mais une lumière blanche, composée de rayons de diverses couleurs. Nous ne saurions dire si c’est à cette dernière circonstance qu’il convient d'attribuer la différence encore plus considérable qui se rapporte à la galène, et s'élève à 6255, ou si cette différence tient à ce qu’il ne serait pas permis de considérer la galène comme un corps isophane. C’est une question sur laquelle il nous parait utile
d'appeler l’attention des physiciens.
PHYSIQUE MATHÉMATIQUE. — Note sur l'égalité des réfracuons de deux
rayons lumineux qui émanent de deux étoiles situées dans deux por-
tions opposées de l’écliptique.