C.R.,T. XXVL p. 441 (17 avril
Dans l’avant-dernière séance, nous avons rendu compte des propositions faites par MM. Naquet et d’Avout pour rendre plus faciles le dépouillement et le recensement des votes dans les élections nouvelles. Les conclusions du Rapport que nous avons lu à ce sujet ont été adoptées par l'Académie. Mais de nouvelles propositions adressées par divers auteurs ont été renvoyées à notre examen; nous allons en rendre compte en peu de mots.
M. Hubert a proposé des feuilles de pointage qui ont beaucoup de rapport avec celles qu'avait présentées M. Naquet. Dans le système de M. Hubert, les points, remplacés par des ovales ou espèces d’ellipses, deviennent plus apparents; chaque scrutateur est chargé du dépouillement des votes émis en faveur de cinq candidats dont les noms sont écrits sur une planche, au-dessus les uns des autres; enfin la feuille de pointage se transforme en un cahier dont chaque feuillet se divise
en cinq parties correspondantes aux cinq candidats, et présente, à la suite du nom de chaque candidat, cent points au plutôt cent ovales répartis entre dix lignes superposées. Le scrutateur pointe et numérote les feuillets placés en avant du nom d’un candidat, à mesure que ce nom sort de l’urne. Lorsque le dépouillement du serutin est terminé, l'inspection seule du dernier feuillet, et du numéro qu'il porte, fait immédiatement connaître le nombre total des voix acquises au candidat dont il s’agit. Supposons, par exemple, que le dernier feuillet soit le quatrième, et qu'il indique 42 votes acquis à un candidat. On en conclura que le nombre de voix acquises à ce candidat est inférieur à 400 et précisément égal à 3/42.
Ce procédé a l’avantage de restreindre en surface l'étendue des feuilles qui doivent être simultanément parcourues par les yeux des scrutateurs. Mais à côté de cet avantage se trouverait l'inconvénient devant lequel M. Naquet s’est arrêté, savoir, de trop augmenter le nombre des scrutateurs.
M. Augier suppose qu’on remet à chaque électeur, avec sa carte, un bulletin divisé en cases, sur lesquelles s'inscrivent les noms des candidats, puis qu’à l’aide d’une machine à découper on sépare chaque bulletin en bandes dont chacune contient un seul nom, puis enfin que l’on attache ensemble, et que l’on compte, après les avoir réunies par centaines, les bandes qui portent le même nom. Il est vrai que ce mode de dépouillement paraîtrait avantageux sous un certain rapport, puisqu'il dispenserait de lire les bulletins avant qu’ils fussent découpés. Mais la Commission observe qu’il faudrait les lire après, et que ce mode d'opération peut prêter à des erreurs ou des fraudes qu'il ne serait pas possible de discerner; ce qu'a reconnu l’auteur lui-même. |
MM. Vuillermet et Sabran avaient d'abord remplacé les feuilles de pointage par un Tableau unique dans lequel le nom de chaque candidat était suivi de trois ou quatre dizaines de points que renfermaient trois ou quatre colonnes verticales. Ces colonnes étaient censées correspondre aux unités, dizaines, centaines, etc. Le pointage
he COMPTES RENDUS DE L'ACADÉMIE.
s'exécutait, pour chaque candidat, à l’aide de trois ou quatre épingles qui s’appliquaient successivement sur les divers points, et qui s’enfonçaient dans un tapis étendu sous le Tableau. La position de ces épingles indiquait, à chaque instant, le nombre des voix déjà obtenues par le candidat. Enfin, des numéros d'ordre placés dans la première colonne verticale en avant des noms des candidats facilitaient la recherche de ces mêmes noms.
L'usage des épingles offrant quelques inconvénients sous le rapport de la stabilité, MM. Vuillermet et Sabran y ont substitué plus tard des chevilles qui s’enfoncent dans des planchettes en bois percées de trous. Enfin, à ces planchettes ils substituent maintenant un mécanisme semblable à celui dont on se sert pour compter les points au jeu de billard. Seulement ils emploient trois ou quatre dizaines de boules diversement colorées, et correspondantes aux unités, dizaines, centaines, etc. A l’aide de ce mécanisme, comme à l’aide de la planchette, on connait à chaque instant, sans aucune addition, le nombre des voix acquises à chaque candidat. Les auteurs supposent d’ailleurs que deux ou trois personnes chargées de la même opération s'arrêtent de 25 en 25 bulletins, pour s'assurer qu’elles marchent d'accord. En cas d'erreur, elles n'auraient à vérifier que le travail relatif aux 25 derniers bulletins.
Ce dernier procédé procure, en réalité, une économie de place; mais ce serait aux dépens de l’économie de temps, et d’ailleurs la mobilité des boules pourrait devenir une cause d'incertitude.
En résumé, les Commissaires proposent à l’Académie de remercier les auteurs des divers Mémoiresde leurs Communications.
THÉORIE DES NOMBRES. — Rapport sur un Mémoire de M. Gorini, relalif aux résidus des puissances d’un méme nombre.