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— Eh bien ! voyons , mon maître.
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— Plaisante question... le recevoir et ^ ^^^ ^' vite, ce n'est pas un tel visiteur qu'on ^^'^'^^^ul. voie ou qu'pn fait attendre. P^coom^
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-Cest tout justement l'envie qui ne vous ^ pas. Et tout calculé , je pense que ibz aussi bien de le laisser où il est; ^oe Yois guère de communauté possi- W vous deux.
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90Q front ^venait moins hràlant ; certes , la potion la plus caimwte FeÙt mojos physi-^ quement soulagé «que cette verre d'élocution.
Mais quand il eut tout dit, quandia vi- Iiration prolongée de sa dernière- phrase aTertit celui qui Técoutait que la parole lui était accordée à son tour et qu'on attendait sa réponse, alors*. ...laissant aller avec bruit la chaise, sur laquelle il s'appuyait , Roger , le visage animé d'une ironique gaieté, les tnâts contractés ^ les muscles agités par unie soudaine et jpyeuae convulsion, les lèvres écartées , les dents à découvert^ fit entendre un long et fougueux éclat de rire, bruyant., insultttit, satanique, et s'avançant vers Dé^ rigny:
^*-«Ma parole d'honaelir,ilestfbu! s'écria* t-îl.»
Stupide, muet de surprise , Arthur fit exk arrière un mouvement spontané.
— cOui, fou! archifoul continua Rogec dans son imperturbable audace. Quels yeux
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terribles l bon 'Dieu! quel air courroucé! Allons, mon cher, calmez-Tous ^ la fureur vous va njal.
— Moùsieur ! savez-vous bien !.•.
— Que je suis un impertinent , n'est-ce pas? c'est vrai, quant à l'air du moins. J'ai tort , grandement tort. . • • Tenez , pardotm^B* moi , comme je m'accuse avec toute la fran^ chise et la promptitude possible. Que toulez-vous , ce que vous m'avez dit n'est qu'un tissu d'extravagance et j'ai ri.... sansdessein, malgré moi. Encore une fois, j'ai eu tort, car f aurais dû réfléchir que si vous étés insensé, vous êtes malheureux, que vous n'avez pas le sens commun dans vos chagrins» mais que vous n'en souffrez pas moins et beaucoup !... Vous avez la fièvre , j'en suis sûr. »
L'impertinent saisit le bras de l'insensé, et de force le retint immobile un instant , sous les doigts qui en inspectaient les pesantes et capricieuses pulsations.
Lorsque l'air et le ton sérieux furent revenus sur son visage et dans sa voix , lorsque
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Dérigny^ décourroucé, fut en état de Tenten*dre, Roger reprit ayec ttne gii'ayité doctorale:
— t Ecoutez-moi, tant que vous avez parlé, j'ai cherché phrase à phrase TexpUcation de ce que vous disiez. Dans ce que vous n'avez probablement regardé que comme une relation de faits, je n'ai vu ^ moi, que l'exposé de votre caractère ; vous l'avez, sans vous en douter, entièrement déroulé devant moi et mis dans tout son jour , à la portée de ma petite vue intellectuelle. En vous traduisant à mesure , émotion à émotion , en abaissant l'idéal àu niveau du positif, j'en suis venu à tous connaître beaucoup mieux que vous ne vous connaissez vous-même.
— C'est un peu fort !
' — Nullement. J'ai mis une demi-heure à étudier mon Dérigny, ce n'est pas aller vite; il m'est souvent arrivé d'apprendre, corps et âme, tout un individu dans une minute.
— Ah!
— - Sans doute , il y a tant de gens qu'un
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regard, un geste, une intonation vous révèlent tout entiers. Mais vous , tous étiez un peu difficile; il y a, dans votre caractère, des points presque imperceptibles, des nuances presque insaisissables. .
— Que votre sagacité à pourtant vus et saisis? ^
— Ma sagacité ! merci ; vous m'allez faire une réputation d'observateur. . <
— Puisque vous me savez si bien , vous plairait-il.... Gomment dirai-je ? de m'enseigner mon Moi ?
— Si vous voulez, me voilà prêt à vous donner en même temps une leçon de monde. . • Je n'entends pas monde, ce qu'on a coutume de nommer ainsi, ces niaiseries d'usage, ces puériles études sur le maintien et sur la voix, ce cathéchisme du bon ton ; je veux dire , par leçon de monde , ce qu'on définit en style vulgaire par savoir mener sa barque , et ce que j'exprimerai d'une façon plus noble avec une figure plus poétique , par savoir s'orienler sur l'océan du sort. Enfin , ce que je veux
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VOUS apprendre, c'est à faire J'analyse raiâonnée de ,VQtre existence sociale.
— Eh bien ! voyons , mon maître.
< — Pourrîez*vous d'abord me dire lequel est le plus sage y quand le bonheur se présente» de le recevoir ou de le renvoyer ?
— Plaisante question... le recevoir et bien vite , ce n'çst pas un tel visiteur qu'on renvoie ou qu'on fait attendre.
— C'est pourtant ce que vous faites^
— Gomment?
— Mais oui , voilà je ne sais combien de temps qu'il se morfond à votre porte et vous l'y laissez bien décidé à ne pas ouvrir. Vous croiriez déroger à votre dignité d'homme sensible en lui donnant audience ; ce n'est pas un hôte d'assez bonne compagnie pour vous, et s'il était aussi effronté que moi, s'il entrait malgré vous, mal lui prendrait, je crois, d'avoir été assez. hardi pour forcer la consigne.
— Ainsi, selon vous...
— Vous êtes malheureux, parce qu'il
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VOUS plait de l'être ; car ce n'est pas le sort qni Yous boude, mais c'est vous qui luii faites la moue.
— Je vous remercie de m'apprendre qu'il ne tient qu'à moi de faire connaissance avec le bonheur, c'est une découverte que je n'eusse pas faite à moi seul , et s'il me prend envie de voir un. peu comme il s'annonce. . . .
. — C'est tout justement l'envie qui ne vous prendra pas. Et tout calculé , je pense que vous £érez aussi bien de le laisser où il est; car je ne vois guère de communauté possible entre vous deux.
— Et pourquoi , s'il vous platt?
.»-T- Pourquoi? C'est que le malheur vous est devenu nécessaire ; vous l'avez rendu inhérent à votre nature , c'est quelque chose d'indispensable, à votre existence, un aliment intellectuel dont vous ne pouvez plus
vous passer; aussi, crainte d'en manquer, vous en faites provision, et s'il vous en fallait subir, une disette, je vous regarderais en danger d'inanition sentimentale , d'étisie