‹ Œuvres complètes d'ʹElisa Mercœur de NantesChapitre 18 sur 46 · LES HABITANS DU PRESBYTÈRE · texte numérisé non relu

LES HABITANS DU PRESBYTÈRE

Francisca et son fils sont adorés des habitans du presbytère ; il ne manque au bonheur de la jeune femme que la présence d'Arthur. Elle est Tâme de la société de la noblesse des environs ; sa complaisance est souvent mise à Tépreuve , et c'est toujours sans faire acheter lé plaisir que l'on goûte à l'entendre, qu'elle exécute sur le piano les morceaux qu'on lui demande.

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Le comte et la comtesse de Trévelck , les plus proches voisins du presbytère du bon curé Ambrolse Rémy , déjà un peu âgés et sans enfans, voudraient que Francisca ne les quittât pas. Le comte tombe malade ; la comtese , secondée par la jeune femme dans les soins que nécessitent la maladie .du comte, s'attache encore à elle davantage. Toute la noblesse des environs doit célébirer la convalescence du comte ; une grand'messe et un Te Deum doivent être chantés en actions de grâce ; des sons beaucoup plus graves que ceux du piano de Francisca se font entendre au Te Deum , ce sont les sons d'un oi^e que la comtesse de Trévelek , à l'aide du curé, a fait* venir de Paris ep cachette de son mari et de FnupK^sçn , et dont eUe fait présent â la paroisse , en reconnaissance de ce que Dieu lui a conservé son. époux , et pour nciettre tout le monde à mémie d'apprécier Iç talent de Francisca sur ce^ instrument.

(Expiis45 (lu plao du chapitre XVIIX qui devait faire pariie du

' roman de Qualité Amours.)

L'iNtRIGANTE.

Les grâces et la beauté de madame Darbi avaient fait une telle impression sur le cœur d'Arthur, lorsque Roger le lui présenta , qu'il était devenu en peu de temps Tesclave soumis de cette dame. Ses moindres caprices étaient des lois pour lui ; toutes les femmes , pensait'il, seraient adorées si elles ressemblaient à madame Darbi. L'amour qu'il avait eu pour Juliette était entièrement effacé de son

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souvenir, et s'il la voyait encore quelquefois, c'était seulement .par bienséance. Juliette regardant Fabandon d'Arthur comme le juste châtiment de sa faute, le supporte sans se plaindre, et croit, en voyant le changement si subit d'Arthur, qu'elle n'en a jamais été aimée; mais, qui plus que Francisca, pensait-elle, avait dû croire a la constance de son amour? Louise ne lui semble être morte si jp^une, que pour éviter l'inconstance d'Arthur. S'il lui avait repris son amour pour le rendre à Francisca , elle se serait trouvée heureuse de ne plus être aimée par la certitude de son bonheur ; tandis qu'elle craint, connaissant la faiblesse de son caractère , que subjugué par les charmes de madame Darbi , car on ne lui a pas laissé ignorer qu'il en est éperdument amoureux , que cette femme, qui n'est autre qu'une intrigante , ne l'entraine dans quelque démarche honteuse.

Roger le visite souvent chez le banquier chez lequel madame Darbi est parvenue à

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le faire entjrer comine caissier. Il est tou*- Jours ]g^or|eur 46 quelques* billets de cette dame; Dérigpy les. reçoit avec transport. L'un d*eux lui apprend que pour sauver rhonoeur d'une famille infortunée , elle a répond\i de 10,000 francs; que, ne se trouvant pas en fonds , et toutes ses démarches pour arrêter les poursuites de la justice ayant été infructueuses, on saisira chez die le lendemaia si elle ne se procure la somme ;.. • qu'dle ne se trouve dans un tel embarras que par 1^ bonté de son cœur;... qu'elle compte asseas sur l'amitié de Dérigny pour penser qu'il viendra à spn secours;.^ que ce n'est que pour buit jours seulement qu'elle a besoin de la somnie;... qu'elle confie sa cause au CQQur du bon Arthur;... véritable moyen de le g£^ner!... C'est pour sauver l'honneur d'une famille infortunée, se dit Arthur, qu'elle se trouve dans l'embarras; on ne sau* raitle blâmer de lui prét^ secours; huit jours d'ailleurs sont bientôt écoulés. . • Roger em*porte les 10,000 francs... Elle lui adresse

succesdivement plusieurs deoiandes , qui toutes ont un motif louable, et qiii sont exaucées. Roger est habile à lever les difficultés... Mais Arthur finit par réfléchir et par refuser. •• Alors madame Darbi met la menace à la place de la prière. . • Elle découvrira tout au banquier, s'il persiste dans son refus ; et Arthur est obligé de céder. Un jour qu'il tient dans ses mains une des impérieuses demandes de madame Darbi , le banquier entre, tenant dans les siennes plusieurs billets qu'il place sous les yeux d'Arthur, et lui demande d'une voix forte qui les a signés. .. Le banquier répète sa demande à Arthur et le menace de le livrer à la justice s'il ne lui dit à l'instant qui a signé les billets. Atterré par le ton de cette demande , Arthur Toit le châtiment de sa faute; il veut fuir, le banquier lui barre le passage; alors, éperdu, hors de lui , Dérigny saisit un couteau poignard qu'il portait toujours sur lui , pour se défendre la nuit en cas d'attaque , et le plonge dans le sein du banquier, qui tombe sans pou*

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voir proférer une seule parole. Arthur, épou- Tantéy voit son crime; mais, sans chercher à fuir, il crie , on accourt : il demande qu'on le livre à la justice, qu'il est assassin et faussaire: onTentralne.

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(Eipoi^ do pTan dn chapitre XIX qui devait faire partie du roman

de Quaire Amoun^

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