LA CONFESSION
Ait httr plie sous le poids de son crime ; si quelque chose peut en adoucir Famertume , %f^^ c'est qu'il fut criminel sans préméditatioD. 15it6t que Juliette a appris son arrestation , elle a obtenu la permission de le Tisiter; elle Tole à sa prison ^ lui parle de la clémence infinie de Dieu, et relèye, par ses pieuses^ exhortations , le courage abattu de celui q^ la dédaigna. Arthur Va priée d'écrire à soo
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bon oncle > le curé Ambroise Rémi ; il veut déposer le fardeau de ses fautes dans le sein de son second père, du protecteur de sa femme et de son fils. Le curé est arrivé à Paris ; il a caché à Francisca le sujet de son voyage; il a amené avec lui Pierre, ce serviteur qui y le jour du bal de l'anniversaire de Francisca , fit entrer M. Rémi , qu'un valet congédiait assez brusquement. C'est un orphelin élevé par le. curé, honnête garçon , plein de aèle , et tout dévoué à son protecteur. Toutes les démarches du curé pour arracher son neveu au déshonneur qui l'attend, ont été vaines ; il sera jugé le lende^ main. Il se rend à la prison de Dàîgny pour y recevoir sa confession. Arthur ne paraîtra point au tribunal des honïmes avant d'avoir désarmé la colère du juge suprême par un aveu de ses erreurs et de 8on:crime. Juliette est auprès de cet infortuné ; lorsqu'on introduit le vénérable pasteur, elle se jette aux pieds du vertueux prêtre, Im dit jqu'^e est coupable, implore sa bénédiction*€^ se retira
Dérigtiy M r^ufôUe I le bon oaré lui pr^nd lesiadoS) le» preste dans les sieniies , et dépose un baiser patciraeLsUrle froat d^oloré du m^lheui^eux fik de sa scnir; il lui parle de Diçu » de Dieu toujours indulgent Dérigny demande, à son oncle s'il eroit à llminoFta^ liAé de rame ; M. Rémi répond que ce serait un crime d'en douter ; <|ae la matière seule est mortelle y . mais que l'âme survit à ceU^ matière périasaUe pour y recetoir de Dieu la récompense de ses bienfaits ou la punition de seè lEBuutes. Arthur se voit repoussé de Dieu, son crime lui semble indigne de pardon ; puis , comme la bêle , il a cédé 4 Vinsr tinct de ses passions sans en calculer les suites L*. Trois fois l'amour avait embelli, sa vie, et cette somme de bonheur ne lui avait pas semblé suffisante; il lui fallait un quatrième amour : Dieu permit qu'une furie le lui inspira, pour venger les trois anges qui lui avaient donné le leur; et Dérigny raconte au bon causé que pour satisfisdre aux dépenses folles de madame Darbi, il a contrefait la
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signature du banquier; que cette faute Ta conduit au crime qu'il a commis ; que ce crime est trop grand pour que Dieu puisse l'en absoudre. • i Dieu a pardonné aux meurtriers de son fils !••• Cette réflexion du curé porte un peu de calme dans TAme d'Arthur; il reçoit à genoux et dans un grand recueillement le corps de noire Seigneur. Ce baume, versé sur les blessures d'Arthur semble diminuer ses souffrances; il prend les mains de son oncle^ les baise urée respect, les place sur son cœur, et lui recommande sa femme, son fils ; et Juliette , Juliette , si bonne , si malheureuse, met ordre à ses affaires, pour n'avoir après sa sentence , qui swa là mort , qu'à se disposer à paraître devant Dieu.
(Eipof4 da pkn da chapitre XX qui devait faire partie du roman
dp Quain Amours.)
VOILA CE QUI VlEBiT OE KAl|AtTU !
Les juges ont prononcé. Arthur subira la punition de son crime; déjà se fait entendre partout ce cri que des voix rauques répètent à Fenvi : Voilà ce qui vient de paraUre ! la sentence qui condamne à la peine de mort le nommé Arthur Dérigny , pour crime d'assassinat commis sur la personne de M, . . , banquier. D'autres crieurs font entendre une autre sentence , mais le nom ne parvient pas.
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Tous les crieurs quittent le quartier en même temps; un monsieur a tout acheté. .. Quelque malade peut-être, que ces cris incommodent, Taura prié de les renvoyer; mais point, c'est un parent de Juliette. Il la trouTe à vingt pas de sa maison; il lui dit, pour rengager à rentrer, qu'il vient pittser une heure avec elle. < Eh bien ! lui dit^He , donne^moi votre bras. • Elle veut employer ce temps à se promener ; elle part le lendemain pour un long voyage ; elle veut revoir encore le jardin du Luxembourg ; cette promenade est si belle l elle la parcourt et paraît, lorsqu'elle est dans le bois, examiner avec attention un de ses arbres. Elle veut s'asseoir sur le banc le plus proche 4e cet arbre : c'est celui contre lequel elle s'«tait appuyée lorsque Dérigny la secourut , ^t le l^anc sur lequel il la fit asseoir. Elle prie son parent de la conduire jusqu'à une église qu'elle lui indique ; il veut l'attendre , elle s'y oppose. Elle se met à genoux sur la pierre , entend la messe dans un grand rer
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çueSlement , communie. . . Elle sort de l'église, prend un fiacre, et se. fait conduire à à la prison de Dérigny... Illui apprend quil doit mourir le lendemain ; elle l'exhorte au courage, lui dit qu'il ne mourra pas seul, qu'elle receyira Ja mort du coup dont il sera frappé. . . Elle yeut encore une fois être bénie par l'honnête curé, qui ne quitte pas son neyeu; mais elle demande, qu'il la bénisse ayec Arthur. Ils se mettent à genoux, leyertueux prêtre étend ses mains si pures sur leurs têtes inclinées, et les bénit. Dérigny demande pardon â Juliette , elle le presse sur son cœur... Elle rentre chez elle, prend qudque nourriture, donne l'ordre de ne recevoir personne , et se met à écrire.
(Eipoié du pl«ii do chapitre XXI qui devait faire partie du roman
de Qualrê Amourt,)
tA CBAMETTE DBS CORDAMNéS.
Juliette, qui ne s^est pas couchée, est sortie de grand matin pour aller entendre la messe; elle a fait des aumônes. En rentrant, elle demande si son café est prêt , parce qu'elle doit sortir. Elle se fait habiller en noir; elle ôte de son cou la chaîne d'or où pend sa montre, la passe au cou de sa femme de chambre; elle la préTÎent qu'elle ne rentrera pas diner.
Dérigny a prié toute la nuit et a demandé à Louise de désarmer en sa faveur la colère céleste ; il a lu quelques passages de la Sainte-Bible et de l'Imitation de Notre Seir gneur Jésus-Christ. Si le repentir peut effacer le crime. Dieu lui pardonnera le sien.
Le bon curé arrive ; il est suivi de Pierre , l'orphelin qu'il a élevé et qu'il a amené avec lui à Paris. Pierre se jette aux pieds de Dérigny, lui dit qu'il vient pour le sauver, qqe les momens sont comptés , qu'il doit profiter de ceux qui lui restent pour fuir; que dans peu il ne sera plus temps ; qu'il doit vivre pour sa femme, pour son fils; que lui n'a point de famille sur qui le déshonneur de sa mort puisse rejaillir ; qu'étant tous les deu^ de la même taille , et ayant les cheveux de la même couleur, il lui sera facile de sortir de la prison sans être reconnu ; qu'il n'est besoin pour cela que de changer de vêr tement* Dérigny se jette dans les bras de Pierre , refuse le sacrifice de ce fidèle servir teur : il a fait le crime , il doit subir la peine«
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M. Rémi presse Pierre et Dérigny sur son ccfeur ; le bon vieillard les mouille de ses larmes. La porte s*ouTre ; à la Tue de ces deux hommes ri étroitement serrés sur le sein du vénérable pasteur, une larme coule sur les joues de Fesécuteur des hautes-œuvres. Il s'avance vers Dérigny, il n'ose lui dire qu'il vient le chercher pour le mener au supplice; mais Dérigny comprend la mission et le lan^ gage muet de cet homme; il sait gré au bourreau de son silence; il se laisse conduire ; le curé et Pierre le suivent. La fatale charrette est au bas de l'escalier; il y monte; son onde tenant un crucifix et un chapelet Ji la main , se place à ses côtés. La charrette reste à la même place; qu'attend-^Ue ? Un autre condamné et son confesseur y montent; ils s'asseoient derrière Dérigny qui ne les voit point; tout disparaît pour lui ; il n'aperçoit que les cieux ; il baise les divines plaies de Notre Seigneur mort sur la croix pour racheter tous les hommes. Les grilles de la jDour de la prison s'ouvrent; les chevaux
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cheminent lentement. En entrant dans une rne étroite , une des roues de la charrette des condamnés est accrochée par les roues d'un landeau qui semblait être pressé de sortir de cette même rue. Le landeau est découvert ; un jeune homme y est assis mi face d'une belle et él^ante dame ; Dérigny est prêt à se trouver mal^ il a réconnu madame Darbi. C'est elle qui est dans le landeau et qui crie avec humeur au cocherd'avancer. Le valet de chambre ^fui est sur le siège croit , en apercevant les condamnés, que madame Darbi souhaite retourner chez elle ; il descend , se
présente à la portière , et demande où madame désire qu'on la conduise. ^^ « Au bois de Boulogne. » Et le char part rapide comme l'éclair.
La charrette, au terlne du voyage, «'arrête ; les condamnés et leurs confesseurs en des~ céndent ; ils montent sur l'échafaud qvâ va , en terminant leur supplice, éterniser leur déshibnneùr. . . Un cri aigu se fait entendre ; on distingue ces mots : c Roger , Arthur ! »
Tous les regards se dirigent au pied de l'é» chafaud. La foule se presse autour d'une femme ; chacun voudrait lui porter secours; on la relèye, on la délace, mais en vain. Un billet cacheté est dans son sein ; il est à Ta* dresse du curé Ambroise Rémi, oncle et confesseur d'Arthur Dérigny. Le commissaire le prend , Touvre : il peut contenir quelque chose de favorable à l'accusé; il le lit, le replie, et le remet à Ambroise Rémi. C'est un testament olographe de Juliette de Rersanec, baronne de Saint-Aire^ en faveur de Francisca ^ femme d'Arthur Dérigny , dont Ambroise Rémi sera l'exécuteur testai mentaire.' Juliette venait de faire entendre son cri de mort.
Une scène non moins déchirante succède à celle qui vient de se passer ; au cri que Juliette a jeté , Dérigny qui n'avait point cher* ché à connaître les traits du malheureux, qui comme lui va recevoir la punition de son crime, se retourne, et voit Roger. Roger, qui , par ses perfides conseils , l'a conduit
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sur réchafaudoù ils vont recevoir la mort... Roger a été céadamné pour assassinat prémédité. Il a frappé, au détour d'une rue, un Anglais qui emportait une forte somme qu'il
avait gagnée à Frascati. Roger Favail suivi ; les cris du malheureux avaient, attiré du monde; Roger avait été arrêté et conduit en prison... Roger a compris au cri échappé à Juliette et au testament trouvé dans sor sein la nature de ses liaisons avec Dérigny. Il veut mourir le premier; Dérigny Taccable de reproches. C'est au plus coupable à être témoin du supplice de l'autre $ et la tète d'Arthur tombe la première»..
Je serais inconsolable si l'aperçu que je viens de donner des six chapitres qui manquent au roman des Quatre Amours j, ne pouvait donner l'idée de ce qu'ils auraient eu de dramatique et de touchant sous la plume de ma chère Elisa.
y^ Me&gcbur y
Née Adélaïde Aumànix
Ci)tonti)Uf0 Ifn 15* dihlr.