‹ Œuvres complètes d'ʹElisa Mercœur de NantesChapitre 21 sur 46 · E BÉNÉOIGTINé · texte numérisé non relu

E BÉNÉOIGTINé

C'était par nne daire et fraîche nuit d'ao^ tourne , le ciel était de ce bleu foncé , de cette nuance primitive dont il se colore lorsque , tout nouvellement déchargé de nuages , il ne reste plus aucun voile sur la nudité de son azur. La lune, dans toute la richesse et la beauté de sa lumière , brillantait de son reflet d^argent les feuilles humides des ar^ brcs. La pluie qui venait de tomber avait

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t^mé la colère du yent dont la voix radoucie ne feisait plus entendre que ce bour*donnemenl continu qui ressemble au bruit que fait une roue glissant au loin sur un pané plan , dans un chemin sans ornières. Ce sourd et monotone murmuré, loin de llnterrompre , semblait au contraire compléter le silence qui r^;nait dans une fertile vallée située aon loia de» bords dq. Clain , et que traversaient alors trois r^gieux de Tordre de Saint-Benolt, montés sur des mules espagnoles»

Quoiqu'ils fussent compagnons de voyage, que ce fût la nuit et que la route qu'ils parcouraient fût plus que suflSeainme'nt large pour ranger, de front leurs . troisi montures , eette petile troupe était cependant partagée. Le plua jeune des moines allait de. quelques portées de flèche en avant des. deux autres firèree qui marchaient sur la même ligné et tellement près, d'un^ pas tellement ^al^ qu'on aurait dit leurs mules attelées ensemble i quelque timon invisible. Ge r^p-e

4o6 LOUIS XI ET LE BÉHBBIGTIN.

jwrochemeptpliyai^u&iie semlrfiiît pas étabfo une grande oommttiii€alioQ morale entre ces boBS pèrea. Peut-értre avaientôb fait Toea de aileiice. Ce qu'il y a, e*est que paa un» parofe ne s'échajqmit de leurs lèvres dose» qu^agi^ tait seul le frémisseaient de la respâralioai et 9 i F^xalBiner au tirorera de leurs yenx^ leur pensée ne paraissait pas être plus bavarde que leur iroix, eàr leur^ss^e, aux traits gros et communs, ne se revêtait, quoique fortement coloré , qoie de eetle ex« pression stagnante qui indique rknmobâité d'un esprit toujours tourné au même "verat de nuttité. Cependant , d'après leurs lâves co«^ leurs et leur monaede rotondité , qui ne vè^ vêlaient guère les austérités du cloître , on soupçonnait aisément que les bons' pères ne songeaient pas si exclusiiwment au dlel qu'ib se souvinssent quelquefois de ht terre.

Quant au bénédictin qui fonadlt Ifavaiit^ gaorde, bien que Tattitilde daeâvaUer n'aidât pas à faire juger du plus* on meios :de dévcK loppement de sa taiUe , on voyait pouif tant

bOVIS XI It U BÉNiDICTIM. 4^7

que c'était uo honftote de haute stature et d'une coDStitutioift athlétique, qooique mai^ gre. Le définit d'embonpoint témoignait évi-* demment chez lut de TactiTiCé de cette force nerreuse, qui est rarement le partage des membresarrondis, ^que lessiens^ aux formes herculëennea,^ attestaient par l'extrême saSMie de le»rs muscles aux jointures anguleuses;

Autant la figure de ses deux eompagnoue était bourgeoisement insignifiante , autant la sienne était éneigiquement expressive. Sei traits en dehors étaient parfaits par la régu^ Isrité du détail et l'harmonie de l'ensemble i son front large et haut , ses yeux noirs , aux ipasfes paupières ,^ se tenant à l'ombre sous dopais sourcils, son nezaquilin, aux étroites narrines, sa bouche un peu graïH%s, maitf bien dessinée, ayant ce feston prononcé, qui semble drapetr la lèvire supérieure , eff trois angles ouverts, formés par la naissance du front et l'enclaTement des lèvres , achevaient un proÊl romain , encadM dans Un oval grec. Ses cheveux, d'un noir indien ,

^uu lOUIS XI £T tE BÉNÉDICTIN,

étaient rares sur le sommet de la tète; mais, comme ils ne s'appliquaient pas sur le crâne , en mèches plates et lisses, leis temjpes sëtrou^ valent suffisamment garnies de leurs touffes de demi^^anneaux.

Son teint, naturellement d'un brun-clair, était assombxi par l'effet du hâle , et cette couleur, empruntée du soleil achevait de donner à sa physionomie la sévérité convenable au dessin hardi' de ses traite et à l'â*^ prêté dt. ses regards qui jaillissaient comme autant d'étincelles de l'ardent foyer de ses yeux. Il y avait sur cette figure quelque chose 4'inexplicable , tenant à la fois de l'enfer et du ciel, une poésie d'expressioki mélangée de celle d'Ossian et de celle du Dante. Et la lune , en l'éclairant de sa lueur fantastique, donnait à toute la personne du voyageur l'apparence d'uae ombre évoquée par la puissance ^es charmes de q^elquq pytho^ Qiase antique;

C'était un homme au milieu de la vie, d'uuQ qpaii'aqtaiqe d'années à peu près. Quoi-*

qu'il fût encore danstouie'sa preaiîèpe vigueur, quelques rides déjà creuses rayaieut ^ soB front et. ses joues; mais elles ne. sem*blaient pas avoir été crayonnées par le temps ; elles paraissaient là plutôt comme une em«prcinte extérieure du sceau des passions , et raqpeët de ces rides faisait présumer facilement que le front qu'elles sillonnaient renfer* mait desombres et orageuses pensées, et qu'au nombre de ses convictions les plus in10lies , acquises par l'expérience ou conçues p w la divination , la plus forte ne devait pas être celle* du néant des vanités humaines.

Sa mule , ' à l'instidot de laquelle il avait , dans sa ' rêverie , laissé la direction i de la route, semblait , à l'imitation des coursiers d*Hippolyte , piyptager la grave préoccupation de son maître , quand tout à coup cet animal , qui , jusqu'alors, s'était montré digne de sa liberté , frappa d'un long cri l'écho de la vfldlée , se cabra et fut sur le point de démohter le bénédictin ; heureusement l'esprit de celui^i revint' assez à temps pour sur-

4lO LOUIS X( ET Ii£ BENiDIGTIN.

monter cette tentative d'insorrection. Ua cheval fougueux , le mora aux dents , la selle vide et la bridé flottante , prcmipt coniine Téclarr , avait passé près d'eux et eausé Te^ froi de la mule épouvantée de cette bondissante apparition.

Monture et cavalier avaient conclu la paâx et cheminaient tranquillement ensemble^ lorsqu'au bout de qudques minutes, TooDh* bn^use béte s'arrêta de nouveau , renâcla et témoigna , par son piafiS^ment éoergi'ÊpKfy que la terreur Tempéchait d'avaneer^ L'objet qui causait sa frayeur était un vieux trône d'arbre^, cadavre végétal , dont les branches, nues et tortueuses formaient sur le sol un }eu d'ombre bien capable dfépouvanter un animal phis courageux. Le moine , après IV voir mutiiement aiguilhmnée , allait loi feire prendre un détour pour c^passmr l'arbre malencontreux , lorsque l'air lui apporta quelques sons étrangers à la voix du veat et ressemblant à de sourda gémissemeas hu*mains. Le voyageur descendit alors au pln-^

tôt de sa montare, qu'il traîna par la bride; il s'avança vers l'eadroit d'où ks sons avaii^^t été jetés jusqu'à lui , et irit , étendu sur la terre^ un homme blessé , dont le sang ccmlait à flots sur rherbe empourprée et fumante.

A cette vue, le premier mouvement du bénédictin fut d'attacher sa mule à la branche la plus voisine, et de prendre dans une petite valise, du linge et une fiole contenant une espèce de baume vulnéraire. Il se baissa ensuite pour p^asser ses bras sous les reins du blessé et tâcher de le mettre sur son séant* Mais quelle fut la surprise du moine lorsqu'à la faveur de la clarté de la lune , il reconnut dans cet homme un des serviteurs les plqs affidés du cardinal -ministre Jean de la Ballue.

— t Eh l mon Diei) , mon pauvre Bélée , s'écria-t-il , qui vous a mis dans un aussi pi-? teux état ? »

Bébée , reconnaissant à son tour celui qui l'interrompt, bégaya quelques mots sa^s suite, qui indiquaient que le^tmalheureux

4ia LOUIS XI ET 1£ BÉNÉDICTIN.

avait quelqi:^ diose.de secret et d'important à confier à la discrétion du bénédictin;. mais bientôt les paroles manquèrent à ses lèyres, sMèteretombasurle bras qui laMutenait....

fieurfyudemeot ce n'était pas le silence de la nJort,

Yersois , c'était le nom du moine , pensant ^ue la confession de Bélée pouvait bien être la révélation de quelque secret du cardinal , se hâta de profiter de l'évanouissement pour poser un premier appareil sur les blessures^ L'odeur du baume dont il Tcrsa quelques gouttes sur les chairs à vif, étant excessive^ ment forte , ranima les esprits du patient, et quand la charitable opération fut finie » Yersois, l'ayant adossé contre un arbre et lui ayant passé son rosaire autour du cou , s'agienouilla à côté de lui^ croisa les mains , baissa la tête et écouta.

ÂU)rs Bélée, après l'avoir adjuré par l'iknage du Sauveur , la diacrélioD d^un pr^re et la nifijeslé de Ja tombe, de. veiller religieuses^

ment sur le dépôt du secret qu'il aUait recueillir ) lui raconta ce qui smt :

Chargé d'importantes dépêches adressées par' le cardinal de la B'allue* et Guillauine d'Harrencourf , évoque de Verdun, au prince Charles de France , réfugié en Bretagne , le messager se rendait à Nantes pour y remplir l'objet de sa mission , lorsque son cheval , effrayé par l'aspect du vieux tronc d'arbre dont nous avons déjà parié , refusa obstinément de passer outre ; irrité par les coups d'épeton qui lui labouraient les flancs , l'indocile palefroi faisant succéder la colère à l'obstination , désarçonna rudement son cavalier et s'échappa libre du poids d'un maître. Alors trois hommes armés qui suivaient Hélée depuis sa dernière halte et s'étaient arrêtés pour être témoins de la lutte entre lui et son cheval, s'approchèrent vers lui , et l'ayant frappé de leurs poignards , : s'apprêtaient à le dépouiller, lorsque le bruit d'une

cavalcade qui passait non loin de là les contraignit , pour leur salut, de laisser leur vie-

4l4 ^VIS XI BT Lt BilviDlGtîK.

lime et de fuir au plus ^ite. Bëlée ajouta que la caTalcade ne s'était pas assez approchée pour qu'il pût appeler au secours.

— ir Et vos papiers? interrompit le béné-^ dictiu avec une inquiète précipitation.

— J'avais pris heureusement la précaution de les coudre dans la doublure de mon pour* point*... Ils sont ici. »

Versois, se décroisant les mains, en porta rapidement une au-devant du justaucorps de Bélée; et, rassuré par le bruit que fait du papier qu'on froisse entre les doigts, sa figure, un instant contractée par la crainte que ces lettres ne fussent plus au pouvoir du messager , reprit l'expression de pitié sainte et de recueillement religieux qui convient au visage d'un confesseur recevant les aveux d'un mourant.

— « Mon père , lui demanda le pénitent, me promettez -vous de faire parvenir en secret ces dépêches au prince Charles de France ?

— Soyez en paix , mon frère ; je m^ngage à les remettre moi-même aux mains du duc

de Berri.... Hau j'oubliais que je n'ai aucun gage attestant ma mission qui puisse me faire introduire auprès du prince !

r— Cet anneau vous en servira ; c'est une bague appartenant au cardinal ; elle est connue des officiers du prince Charles , comme de ceux du duc de Bretagne , à qui ce mes* sage est également adressé... Tenez, prenezla, mon frère.»

' Et l'anneau fut passé à l'index du bénédictin qui , n'ayant plus rien à savoir y tira de son aumônière un couteau à manche de buis , décousit la doublure du justaucorps , et , ôtant les dépêches , les cacha sous sa robe , dans une petite poche pratiquée au défaut de la hanche. Bélée le regardait faire ; et , quand tout fut achevé :

— N'oubliez pas, lui dit le moribond d'un ton d'iDJonction solennelle et d'une voix inspirée par la mort, n'oubliez pas , mon père, que vous avez reçu des bienfaits du cardinal, et ne trahissez pas la confiance que je mets.

4l6 LOUIS XV fj £B BÉfVÉDIGTIN.

en expirant, dans votre reeonnaissaBce et dans YOtre fidélité.

C'était son dernier mot : Teffort qu'il tenait de faire avait achevé d'épuiser ce qui lui restait de raison et d'existence y et le mdheiir reux, suant une eau brûlante , se débattait dans les angoisses de ragonie,k>rsque les deux compagnons de Yersois . s'approchèrent du lieu de cette scène funèbre.

Vous pensiez probablement, ne. voyant pas arriver les bons pères, qu'ils avaient peut-être été aussi eux accosté par quelques voyageurs incivils. Nullement, le seul être vivant qu'ils eussent rencontré , était le cheval de Bélée. En voyant ce palefroi errer sans maître , il était venu à la pensée des mpines de tâcher de s'en saisir ; après d'assez longues tentatives j ils avaient fini par s'en emparer, et ils l'amenaient à la remorque de leurs mules ^ quand Yersois leur crie d'avancer.

Tous trois alors placèrent et attachèrent sur son cheval l'infortuné Bélée ; mais la

charge du palefroi ne fut bientôt plus qu'un cadavre.

Yersois , laissant à ses deux compagnons la conduite de ce triste convoi , leur assigna un lieu de rendez-vous et partit au plus grand trot de sa monture ; mais il ne se dirigea pas du côté de la Bretagne.

LA PRIERB.

Transportons -tious maintenant au château chi Plessis-Ies-Tours , résidence ordinaire de Louis XI.

La chambre â coucher du roi était assez petite V mais l'élévation de la voûte rendait insuflSsant pour Féclairer le peu de joar qu'une étroite et haute fenêtre laissait filtrer à travers ses vitraux de couleur sombre. Les murs étaient recouverts d'une tapisserie de

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Flandre , représentant une chasse au sanglier , un épisode de la vie de saint Hubert ; et , sur le fond terne de cette tenture , ne ressortaient nullement les rideaux de damas pourpre qui drapaient le lit placé dans un renfoncement assez obscur. Le reste de Tameublement de cette pièce n'était remarquable ni par la richesse ni pour le goût du travail. C'étaient , selon la mode d'alors , de lourdes masses de bois grossièrement découpées à larges coups de ciseaux , dont les pesantes moulures et les massifs ornemens devaient inspirer la crainte d*un éboulement du sol fatigué de leurs poids.

Seul dans cette chambre , un homme d'un certain âge , revêtu d'une espèce de robe de chambre, d'une longue jaquette de drap brun et de chausses de même couleur, était , la tète nue, les mains jointes et les yeux levés, dévotement agenouillé devant un prie- Dieu d'ébène sculpté. Un riche missel à feuillets dorés , à fraîches et délicieuses vignettes, était posé , ouvert sur le prie-Dieu , et sur le

4aO LOUIS %l ET LE BiNiDIGTIN.

kfiut du missel se trouvait placé un phapeau de fe.Qtre noir, dont la forme était entourée d'une douzaine de petites images de plomb , simulacres de vierges et de saints. Celle qui élait alors dans la direction dçs regards du pénitent représentait une Notre-Dame , à laquelle cette prière fut adressée à voix un peu sourde, mais lente et fortement accentuée.

«Bienheureuse mère du Sauveur, miséricordieuse Notre-Dame d'Embrun , ne refuse pas d'octroyer ton aide céleste à un misérable pécheur qui s'humilie aux pieds de ta toute-puissante divine sagesse; dissipe ces ténèbres politiques qui m'environnent , et dénonce à ma vengeance , à ma justice » veux-je dire , les traîtres qui ourdissent leurs complots contre moi; car, j'en suis sûr, sage Notre-Dame , il y a quelque perfidie sous jeu dans cette interminable affaire de l'apanage de mon frère de Berri. Ne me réduis pas à la triste nécessité de tenir la promesse que j'ai faite à mon beau cousin de Bourgogne.

XX>UI8 XI ET LE BdSIfiDICXIll. ^21

Tu sais que lorsque je lui eogagèai ma^iyjraie par6le de donner la Champagne et la Brie-J mon frère Charles , je ne Vai hii que papoe que je n'a?ai9 que ce moyen de me tirer saio et sauf des ongles du Hou , prêts à m -entrer aiu cœur. Le duc m'a traité là cbmme un'ejo* font qu'on châtie; et moi , comme un enfant» j'ai dû crier merci quand j'ai vu la verge se lever sur moi. Tu n'as point oublié mon séjour à Péronne ni mon voy^fe à Liège ; tu es trop équitable pour regarder comme un parjure l'oubli du serment que j'ai fait k cet enragé de Bourguignon , ce vrai tSiureau toujours montrant la corne. Tu comprends combien il serait dangereux , pour l'éclat de ma couronne et le bien de mon royaume , que je fusse contraint à m'en souvenir ; et si je te prie d'aider à ce qu'il tne soit pterohis de manquer de mémoire , sans qu'il m'en advienne mal de mon oubli , c'est autant et plus même ,' sois^n bien persuadée , dans ton intérêt que dans le mien. Car réfléchis un peu , chère Notre-Dame , comment vou-

4dd LODU XI vr US VkrxtDKTTK.

drais-ta que je pntse vélir tes moines et doter tes cou^ens , s'il me faHait dépenser à éqni^ per mes hommes d'armes et à munir mes places fortes tout Tardent que mes bonnes tflles me fbnmisseift. J'aurais beau augmenter les taxes , la guerre a un trop rude appétit pour quitter le fi^tin, tant qu'il y reste encore quelques os à ronger. Judicieuse comme tu l'es , tu conçois tout cela bien des fois mieux que je ne puis l'exprimer ; et pourtant tu me laisses m'aventurer à l'aveugle , me heurter . contre mille suppositions , sans toucher à la tiMindre certitude. Qui peut t'avoir indisposée contre moi , toi qui me fus toujours si douce et si gracieuse amie? Aurais -tu regardé d'un oril mécontent ce beau treillis d'ai^nt dont j'ai fait orner la châsse de saint Martin de Tours? Il esterai qu'il m'a coûté un peu cher, 5,776 marcs 2 onces et 2 gros (i), c'est beaucoup pour saint Martin ; c'est égal; j'avais tant de vieilles dettes à lui payer ; et d'ailleurs n'est-ce pas lui dont la bienheu^

(1) Historique.

iioro XI iter UB BÉiiiÉDicnii^ 4^3

rfeiiM in^e^^oemtm^ de coDcert avec eelle de ta aœur de Clétf^ m*a obleiiu dtt del la fiiveur d'avoir un dauphia ? JBa ooMoieace» je lui deraia Uen ce tareiliis. N'e» sois doue paa jaloute, célefte reine de toute boulé. Je te douaertt^ ai tu peux espéclier que nMm ârère ne k pimme , la beOe et riche province 4e Oumpayne* Je ferai plaoer aur ton autel cette m^nifiqpe eoupe d'or entourée d'émeraudea « présent d'amitié que j'ai reçu autrefois du bon vieux roi de Sicile, René d'Anjou* De plus » je te promets d'apposer aujourd'hui aiôme mon sceau royal à ton brevet de capitaine de mes gardes (i). Mais , par la divi^ nité de ton adorable fils , dière Notre-Dame d'£mbrun , ne me garde plus riguour» ne m^abtndonne pas pour te retourner du côté de mon bien--aimé frère de Berry ou de mon ^eau cousin de Bourgogne, qui, tous deu^, je t'en averds entre nous , n'ont ni grand amour ni grande dévotion pour toi. Solaire*moi donc; otsi tu me découvres quelques

(0 Historique.

4^4 LOUIS XI. ET XE 3éinfcDICTIN.

tkiUres , livre^les-moi pour en tifer tel ché^ timent historique qu'il me plaira* Je n*ai pas besoin de te dire que Todeur du sang d*un coupable est le parfum le plus« suave 4{u| puisse monter aux deux. SoisHoioi propice , douce Notre-Dame , et tu n'auras à m'accu^- Gusér ni d'oubli ni d'ingratitude. »

Après avoir achevé cette longue et asta^ cieuse invocation, l'homme qui priak fit* le nigne de la cirôix , se releva , prit le chapeau qui surmontait le missel, l'approcha de 'ses lèvres , déposa un pieux et lent baiser sur l'iûiâge de plomb de sainte Marie ^'Embrun, et , mettant le chapeau sur sa tète , fit quelques pas pour joindre un imitiénse fauteuil J)lacé auprès de la cheminée , et dans lequel il se laissa toihber comme une tnas^. Il est à remarquer que lorsque l'esprit voyage, le poids du corps semble doubler de pesanteur, etl'esprit de cet homme était bien loin de cette petite chambre où son corps se ti>ouVait. Son regard fixe semblait être arrêté par la contemplation d'une image immobile, imposant^e^

LOUIS XI ET LE BÉN^DlCTIlf. 4^5

sé'vète^ d'un magique fantôme se dressant devant sa pensée absorbée dans un amer et sombre recueillepient. Après ôtre resté quelques, minutes assis dans la même attitude, la tête en arrière , les pieds en avant , une main sur la poitrine et l'autre sur un des bras du fauteuil , il se leva tout à coup et , poussant une exo^aniation cadencée par un frisson de peur :

— « A moi , mes braves archers écosssds, ! • s'écria-t^l. Puis, achevant cette grimace d'effroi par un de ces sourires de poltropi rassuré qui , tout tremblant encore , Vjeut fdindre le courage :

-~ c Ah ! ah! c'est l'ami Olivier, ajouta*t-iI. Pâques^Dieu , sire barbier, voilà une magnifique, entrée, de brigands : pas plus de bruit qu'un 4shat allant à la rencontre d'une souris.

— Sire, répliqua tranquillement Olivierle-^Dain en posant sur une table de noyer, recouverte d'un épais tapis, une aiguière d'argent et une petite cruche de même métal ^ je craignais que Votre Majesté. . .

436 LOUIS XI ET LE BinilMCTUf.

— C'est bien , c'est bien.... liais <piel est ce papier ?

— Uqe nouvelle sjupplique en fist^eor du prisonnier Poulhain , adressée à Votre Majesté par le sieur de Bossu.

— Encore... • Cet homme a vraiment mie infernale persévérance pour m'esmuyer de l'insipide refrain de sa prière. Voyons pourtant s'il se décide à me donner ses chi^is... Non , de par saint Hubert , il les refuse encore ! Il sait cependant que ce n'est qu'a ce prix qu'il peut acheter la grâce qu'il demande.... Eh bien! qu'il les. garde !.. Je jure que Wolfand de Poulhain ne franchira pas le seuil de son cachot , tant que je n'aurai pas à joindre à ma meute d'élite les deux lévriers noirs du sieur de Bossu... C'est qu'ils sont de pure race et d'une beauté rare!... *

Louis s'étant replacé dans le même fauteuil qu'il venait d'oœuper , Olivier se disposa à remplir , auprès de son royal mattre , une fonction très peu ministérielle , pour un diplomate en possession du portefeuille des

JLO0IS XI ET UB BilfiBIGTIli. 4^7

missions seôrètes , c'esM-^re que le barbier, prenant , pour un moment, la place du conseiller privé Olivier, s'acquitta du plébéien office de faire la barbe au roi*

— « Et le cardinal? reprit le monarque en renouant l'entretien interrompu.

— Impénétrable comme la tombe, l^re, et tous ses gens d'une discrétion désespérante !

— Que je paierais cher la moindre preuye accusatrice I... Oh! si Rome n'était pas la pour m'en demander compte, que je me trouTerais, par mes seuls doutes , suffisam-* ment pouryu d'indices contre lui !

- — £h ! mon Dieu , Sire, peut-être Tobstination du jeune prince ne prend-elle sa source que dans sa propre ambition , dans sa présomptueuse croyance à ses forces , dans l'appui du duc de Bretagne*

— Hais tu ne réfléchis pas qu'en adoptant cette supposition, il faut admettre également une prescience d'instinct dans l'esprit de mon frère et de mon cousin de Bretagne, qui les avertit de tout ce qui se passe dans

4^$ LOUIS XI ET ta BÉNÉDICTIN.

Tintérieur de ce château ; je ne les crois pas doués de cette seconde vue dont certains Ecossais prétendent avoir le don. Non , ils n*ont pas d'assez bons yeux pour voir de là» bas jusqu'ici si l'on ne se charge pas de leur rapprocher les objets.

— Mais son Eminence peut.....

— Si Ton sait à Nantes tout ce qui se passe à Tours, si mon frère Charles est instruit des plus secrètes délibérations dé nion conseil , il ne peut l'être que par l'une d^ trois personnes qui jouissent sans réserve de notre royale confiance. Or, ces trois conseillers sont La Balue, Tristan et toi. Tristan, ou je me trompe , n'est guère un écho à redire de telles choses , et si La Balue m'est fidèle, c'est: donc Olivier-le-Dain qui me trahit.

— Moi, Sire!

— Oui; qui sait? le métier de traître a tant d'appas !»

Mais le regard scrutateur de Louis n'ayant rencontré aucune émotion sur l'impassible visage qu'il interrogeait, il continua.

LOUIS XI BT LE BiNÉDIGTIN. 4^9

— « Cependant, je te l'avouerai, je penche plutôt à soupçonner le cardinal que toi ; non que je te pense plus affectionné ou plus reconnaissant, mais c'est que lui, Rome la fait indépendant; qu'un prince souverain peut vouloir d'un cardinal pour ministre et qu'un simple seigneur ne voudrait peut-être pas d'un barbier pour ami. b -^

L'orgueil humilié du favori ne se permit qu'un léger sourire pour vengeance du royal affront. Et quand le roi put enfin se lever, il poursuivit, en se pv^ant haut à lui-même et en marchant à pas inégaux dans la chambre :

— «Le ciel avait bien besoin de m'embarrasser d'un frère; damné soit celui qui s'est avisé le premier d'introduire un grain d'ambition dans cette cervelle d'enfant! Le cher mignon , ne fallait-il pas lui laisser ma riche province de Normandie ; lui fleuronner son bandeau de prince du plus précieux joyau de ma couronne ! Est-ce que nous n'en finirons jao^ais avec ce maudit apanage ? N'a-ton pas versé asse2 de sang pour cette misé-

45o LOUIS XI ET LE BÉKiDIGTIN.

rable cause ? La guerre du bien public ! En effet, mes chers vassaux réyaltés n'ont épuisé mes finances, décimé mon peuple, que pour augmenter la richesse et la prospérité de la France. Ne devrais-je pas leur dire merci du soin qu'ils ont daigné prendre du salut de mon royaume ! Et moi aussi je sais ce qu'il en est ; j'ai déployé l'étendard pour la cause publique , quand j'ai marché contre mon père, de bienheureuse mémoire. Mais n'importe ! tant qu'une goutte de sang restera chaude dans mes veines, qu'il y aura une pensée lucide dans le cerveau de Louis de Valois , dans ses mains un débris de sceptre, sur son front un vestige de couronne, de parle ciel et tous les saints ! je ne souffrirai pas que les levrettes de Bretagne ou l'once de Bourgogne vienne se ruer sur le champ des lys. — Ah! Sire, que n'avez- vous écouté les conseils d'un fidèle serviteur , lorsque j'osai représenter à Votre Majesté le danger qu'il y avait pour elle de se confier en la bonne foi du Bourguignon.

LOUIS XI SX IX BiNfoicnif. 43^

— Oiii , ta as raison , Olivier ; j'anrais dû te croire. J'ai été miUe fois plas fou que ne Test un bonfibn à gage pour sa démence, mais n'est-ce pas ce maudit cardinal qui a lui-même appâté l'hameçon ? N'est-ce pas lui qui , m'éblouissant de je ne sais plus quelles espérances chimériques , m'a fait aller donner joyeusement , tête baissée , dans le piège du chasseur bourguignon? Et moi qui pensais surprendre le duc par ma yisite Il

m'attendait, j'en suis sûr; l'accueil qu'il m'a fait ne prouve que trop que le convive n'a pas pris l'hôie à l'improviste...» Damnation sur cet infâme La Balue ! je serai bon payeur

pour m'acquttter de la detle de tourment que je lui dois. Malheur à lui , car ma haine ne sait pas fléchir! c'esl une haine d'airain. • Ici Louis s'arrêta, et, pendant cette courte halte de sa colère, sa mémoire l'approvi^ sionnant de ses plus acres souvenirs , il reprit ensuite :

— « Qu'il a dû jouir , l'orgueilleux Bourguignon , quand j'ai courbé mon front de

monarque au niveau du pied de mon vassal! qu'il a bien joué son rôle de mattre ! et moi, que j'étais gauche en frémissant de ne pas remplir à son gré le rôle d'esclave qu'il m'adjugeait! Je me rappelle encore, Olivier, cette convulsion de terreur doiit je me sentis secrètement agité , à la vue des enseignes de. Bourgogne marchant déployées devant Charles qui s'avançait pour me recevoir. Oh ! si j'avais pu alors retourner la bride de mon palefroi du côté d'où je venais ! Mais il n'était plus temps , j'avais mis le pied dans l'antre du tigre ^ et il me fallait faire la courbette à sa fureur pour qu'il lui plût de ne me pas dévorer ! J'ai donc été réduit à prier le ciel de mettre au cœur du Téméraire des sentimens de clémence en faveur de. Louis l'Insensé. Le roi de France s'est donc vu citer par le droit de la force libre sur la force enchaînée de comparaître au tribunal de son insolent feudataire , pour y rendre compte de ses actions de suzerain. Pâques-Dieu , je me souviendrai de Péronne; je n'oublierai

pas ta manière dont mon très gracieux cou- . sm Charles remplit tes devoirs de l'hospitalité! Je reverrai long-temps cette sombre tour d'Herbert j^ cette chamïire où j'ai dormi . comme dort un condamné qu'attend le sommeil éternel ! J'aurai long-temps devant lea . yeux cef cabinet encore entaché du sang de Charles-le-Simple. Oh f que de fois , dans ma dévorante insomnie, prêtant l'oreille/ j'ai cru entendre les cris du malheureiix monarque se débattant sous les coups as-' sassins des émissaires du comte de Ver-. mîandofs ! Hélas \ n'était-il pas venu comme moi , se remettre soùs la garantie dé llionnelir , â la discrétion d'un vassal \ Prisonnier dans les lieux qui l'avaient vu captif, ne ^ pouvais -je pas y rencontrer ma tombe comme î! y 'trouva son cercueil? Deux fois, r^cÊiô de ces murs ne pouyait-îl pas résôhner au bruit de la chute d'un cadavre royal? Et l'ambition de Charles de Bourgogne, en rajeunissant un ancien crime , ne poûvait-elle pas rafraîchir de mon sang les

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traces de celui q,ue fit répaadre Herbert de YermaadoiB ? Je me le rappelle aussi, lorsque poui* imposer ùlence à tpus ces cris^ fictifs. <iui bi:uissaient dans ma mémoire ^j'épputais

là sourde voix, des eaux de la Somme bat-

tant les murs de ma prison, je ^ me disais : C'est le temps qui marche et passe auprès de moi pour, me jeter ma dernière heune ! Non.!. pour dix. royafiiiies comme le mien , je ne Toudrais pas recommencer de pareilles' angoisses! je ne youdrais pas. non plus, au même prix, voir se renouveler rhumiliation de mon voyage à Liège. E|H vérité, pour^ compléter son triomphe , le glorieux Charles n'avait pas besoin de la victoire qu'il- a remportée sur ces malheurjeux bourgeois fla^ mands. Il lui suffisait, le superbe, de mV voir tratné en laisse comme il V^fait! Mais non , ce q'était point assez pour lui de V9ir les bannières de France iqarcher ejo^ hmx|-. blés vassales à la suite dçs étiwdards de Bourgogne , il fallait q;ue son prgpeil jetât pour pâture à ma haine ui^p part, du mal-

L0PI8 lU ET LK BiNÉDIGTIN. 4^5

heur de ces pauvi^eft Li^oii! Qael spectacle i Oliviw, que celui du sao de cette malheureuse cité 1 ces murs démantelés » ces ruisseaux de sang, ces moûts 4® cadayres,

ces féroces clameurs des soldats, ces cris des mùuraus, œ bruit de fer, cette voix, bondissante du tocsin d-alarmes , ces hurlemens de la Tictoire ! Oh ciel ! et j'entendais cette atroce harmonie triomphale I et je ne pouvais, ralliant les vaincus fugitifs, crier pour eux : Montjoie et Saint-Denis ! Non ! mon cœur seul était libre, ma voix était esclave et docile aux ordres du maître ; elle a redit le signal des vainqueurs , elle a crié : Saint-Georges et la Bourgogne ! »

Epuisé par l'effort de cet emportement, le roi se tut ; quelques larmes de rage roulèrent dans ses yeux, mais elles ne passèrent pas au-delà de ses paupières , et il ne fallut

au sombre Louis qu'un instant de morne silence pour rasseoir son esprit et calmer

son visage.

< — c Malheureusement , Sire , reprit alors

OliTier, si Ja flamme est éteinte, il reste encore un tison sous la cendre ,- et je regarde la liberté que Votre Majesté a recouTrée par le traité de Péronne à peu près comme ^eUe d'un dogue mis à Tattache qui , étant parvenu à desceller du mur Fanneau qui retenait sa chaîne , se sauye , mais tratne encore cette chaîne après soi.

— Et pour arrêter dans sa course ranimai fugitif, il n'est besoin que de poser le pied sur Textrémîté de la chaîne ; mais Fami Olivier ne réfléchit pas que la prudence a de bonnes dents pour limer le collier du dogue. Le duc m'a donné , sans s'en apercevoir, la clef d'une porte de aortîe, lorsqu'il m'a dit, en me quittant : Si le prince Charles ne veut prendre la Champagne, mais que vous fassiez qu'il soit content, je m'en rapporte à vous, roi Louis.

— Oui , mais pour en venir à rendre ïe prince satisfait de son apanage, j'ai bien peur que Votre Majesté ne soit obligée de

donner le Poitou, pour faire accepter la Cruyenne.

• — Pàifues-^Dieu I non, Olivier ; si je trouve la Champagne beaucoup trop près de la Bourgogne , je trouve aussi le Poitou beaucoup trop près de la Bretagne. ;i

Un nouveau silence succéda à cette dernière réflexion politique. Le roi , ayant ensuite donné à Olivier quelcfues ordres relativement à une partie de chasse commandée pour le jour, le barbier allait se retirer lorsque*, frappé subitement d*un retour de .mémoire , il revint sur ses pas :

-^ « Pardon , Sire , j^oubliaîs de demander â Yotre Majesté s*il lui platt d*accorder une audience à un pauvre moine bénédictin, nommé Faures Yersois.

— Versoîs ! N'est-ce pas celui qui m'a vendu cinquante écus d'or un morceau du bois de la vraie croix qu'il prétendait avoir eu en héritage d'un pèlerin revenu de la Terremainte ?

— Tout justement , Sire , et si je ne me trompe , c'est un protégé du cardinal.

— Et que me veut-il ?

— Je l'ignore; il prétend avoir quelque chose de la dernière importance à commu-» niquer à Votre Majesté.

— Je ne le verrai pas , c'est ua indigne fourbe, qui m'a volé mes ciiiquante écu&

d'or , tout aussi bien que s'il itie les eût pris au coin d'un bois. A l'entendre , la vertu de la relique devait opérer de plus grands miracles que n'en produisît jamais la verge de Moïse. Eh bien ! depuis que je l'ai adietée ^ je la porte constamment sur nioi; je lui ai adressé vingt prières, pour le moins, hier encore ; et je ne sache pas qu'elle ait produit en ma faveur le moindre petit prodige. Je suis sûr que ce n'est pas plus du bois de la vraie croix que n'en serait un éclat de ce fauteuil. . . Je ne veux pas le voir.

— Ma foi , Sire , à la manière dont m'a parlé le bénédictin , il avait plutôt l'air d'un vendeur de secrets que d'un marchand de

lîOCIS XI BT U BÉlfÉDiCTIN. 4^9

reliques; et si j'osais représenter à Votre Majesté que» dans la situation où elle se

trouve , elle ne doit fermer Toreille à aucune confidence^ je. • •

— Ne m'as-tu pas dit que La Balue le connaissait ?

— Oui^ pour lui avoir fendu , dans le temps y je ne sais |rfus quel service. .•••

-^11 n'importe. La reconnaissance est lourde » e^eftt un fardeau que beaucoup de gens n'ont pas la force de porter! Si le

moine c'est possible! Eh bien ! je le

verrai^ mais pas. à présent. Pendant la chasse , dis4ui de m'attendre , à l'heure de ràngélus , àû petit 'carrefour du 'Ckëne royal , au bout de I avenue de maronniers : je ne serai pas fâché de voir un peu comme il s y preiicira pour mé prouver réfiicacitë cle 's'a

relique 1 Ah 1 à propos , OliVîer , ri'ôù-

blie pais d'envoyer chez mon astrologue pour VaiVecommah^r à'aclieveaioroscôpequ'il m a promis. »

Et lé iroi et son confident se séparèreut.

ïVr-

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