LA RELIQUE
Les échos de la forêt de Montrichard bruissaient des sons d'une fanfare éclatante. La voix des piqueurs , les hennissemens des chevaux, les aboiemens des chiens s'unissant^au bruit du cor, formaient. au loin une retentissante et martiale harmonie.'
Dans un coin de la forêt, écarté des' lieux
explorés par les chasseurs, se trouvait un petit carrefour où aboutissaient quatre ou
LOUIS XI ET LE Bl^^iDICTIII^. 44^
cinq avenues étroites et sombres. Au centre de cette place était un chêne. immense, fier géant séculaire qui cachait , sous son yaste manteau de noirâtre feuillage , les cimes des arbres qui Teavironnaient. Au pied de ce chêne , sur le tronc duquel était gravé Técusson de France et dont les branches les plus voisines du sol balançaient dans Tair une demi -douzaine de corps de pendus, seul .et iiQmobile comme une stajtue équestre , se tenait ua cavalier revêtu d'habits religneux, c'était Versois, arrivé depuis une heure au rendez-vous que le roi lui avait fait indiquer par Olivier,
En se préparant dans u^ tel lieu pour cette audience promise et impatiemment attendue , l'esprit du bénédictin éprouvait , certes une commotion non habituelle , mais ce n'était nullement une émotion de crainte : }e barbier , en lui apprenant le succès de sa demande , avait eu la générosité de l'avertir fie la nature des disjpositions où le roi se prouvait à ^on égard ! Le moine , pour s'en
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inquiéter, savait trop bien que quelque orageux que fût Taccueil qu'on lui préparait, il
portait sur lui un préservatif certain pour se
garantir de la foudre. L'agitation qu'il éprouvail était celle d'un homme prêt â se trouver en face de sa destinée, et qui, s*enhai*dissant pour soutenir cette vue, fait se6 adieux à son passé et se dispose â saluer son avenir. Et quand Louis XI que suivaient, à quielques pas de distance, Olivier-le-Dàin et Trïstàn- 119ermite, racourcissant là bi^de â son coursier normand , s'arrêta devant lui , Vèrsois leva jusqu'au niveau du visage du roi des yeux où l'aspect du grand -prévôt et Vàir courroucé du monarque ne placèrent pas même un seul regard d'inquiétude.
— « C'est donc vous , sire moine , s^écrià Lôuii^ d'un ton brusque; m'apportez-vous encore quelque legs de croisé? Espérez- vous séduire de nouveau ma bonne foi , vider ma bourse et me donner en échangé un morceau de bois rongé des veris, pris à la cloison vermoulue de voire célùlle ou n'importe