GUIZOT
Je n'ai placé ici la lettre de M. Guizot que pour prouver qu'à la. mort de ma pauvre aifant il y a eu erreur lorsqu'on a publié qu'à la révolution de i83o le gouvernement avait cru devoir faire l'économie de la pension de mademoiselle Mercœur/ On voit par la lettre ci-dessus que c'est à cette époque au contraire que lui a été restitué le quart de sa pension qui lui avait été dté en 1829 comme à tant d'autres , et qu'il n'y a jamais eu d'exception pour Elisa Mercœur, car si elle perdit alors sa pension sur la liste civile , c'est que la liste civile lut supprimée.
X NOTICE SUA QJDATRX AMOUtB,
entendre : son cœur comprit mon ccrarl... -r- Vous me payez au centuple ce que j'ai été trop heureuse de faire pour youa; ma bonne Elisa, me dit-elle* Ecoutez-moi.
Je savais que tous aviez un pressant besoin d'argent. Etant moi-même trop gênée pour pouvoir vous en oflfrir, j'ai avisé au moyen de vous en procurer. . . J'avais l'intention de vous offrir pour souvenir un portefeuille de cent belles gravures des points de vue de Rome, non que je croie que vous en ayez besoin pour vous rappeler de moi ; car je pense que mon amitié pour vous doit avoir ^avé mon souvenir dans votre cœur, comme celle que vous me témoignez a gravé le vôtre dans le mien ,.... Et elle m'embrassa.... Puis elle reprit : — J'ai pensé que je pouvais vous utiliser ce portefeuille , et je l'ai mis en loterie ,. . . non pour vous en priver,' croyez-le bien;... car j'ai eu soin de faire observer aux personnes qui ont pris de^ billets que celle qui le gagnerait l'ofirirait à mademoiselle Mercœur... Il est échu à M. Tourguéneff, ce
NOTICE SUH QUATRB AMOURS. XI
Russe que tous ayez rencontré chez moi , et qui est grand admirateur de Totre talent.. •• Il se trouTe bienheureux de pouvoir tous en faire hommage.; mais il regrette beaucoup d'être privé du {Saisir de tous l'offrir luimême. Il sort de chez moi; il vient de m'apprendre que, par ordre de son souverain, il est obligé de quitter Paris sous quarante^uit heures , et la France sous huit jours. Si vous voulez lui écrire un mot de remerciment , vous le donnerez à mon domestique qui va venir vous apporter le portefeuille. Voici Targent que j'en ai retiré; c'est bien peu, je le sens, pour parer à la dépense que nécessite chaque jour la maladie de votre maman et aux dettes que cette maladie vous a forcée de contracter; mais, pour pouvoir placer promptement les billets , j'ai été obligée de les mettre à bas prix ; car en les portant à un prix plus élevé , il m'aurait fallu plus de temps pour les placer, et vous ne pouviez attendre , puisque votre maman souffrait... Et elle me remit aaS francs...
\xi NOTICE SUR QUATRE AMOURS.
Puis, comme pour échapper aux élans de ma reconnaissance, elle me dit : — Allons mainte-* nant près de votre bonne mère lui apprendre ce que M. Guizot vient de faire pour vous.... Dès que nous fûmes près de maman , madame Récamier Fembrassa , prit ses mains si brûlantes de fièvre, les pressa dans les siennes et parvint , par ses pieuses exhortations et par la promesse qu'elle lui fit de ne pas m'abandonner , à ranimer ua peu le courage de ma pauvre mère qui fléchissait toujours devant la pensée de me laisser, après sa mort, exposée à tous les dangers qui entourent une jeune fille lorsque la gène est la seule perspective qu'elle ait dans son isolement... Madame. Récamier voyant com-. bien maman s'afiligeait à l'idée des privations que m'imposait sa maladie, se hâta de lui apprendre que M. Guizot venait de rétablir . ma pension au taux qu'elle était du temps de M. de Martignac ; mais elle ne lui dit rien de ce qu'elle venait de faire elle-même, car madame Récamier fait le bien et se tait ; c'est