‹ Œuvres complètes d'ʹElisa Mercœur de NantesChapitre 7 sur 46 · NOTI€B SUR QUATRE AMOURS. XIII · texte numérisé non relu

NOTI€B SUR QUATRE AMOURS. XIII

toujours à rinsu de son amour-propre qu'elle tend la main aux malheureux... Je trahis donc l'incognito de son procédé si délicat , en montrant à maman les 225 fr. qu'elle Tenait de me remettre, et en lui racontant par quels moyens elle se les était procurés... Ma pauvre mère ne savait comment témoigner sa reconnaissance à madame Récamier. — Ah! lui dit-elle, madame, je puis mourir maintenant : Dieu a placé un ange sur le chemin de ma fille ! ! l !

Une heure après que madame Récamier nous eut quittées, son domestique me remit de sa part le portefeuille dont je tous ai parlé... et lorsque M. Alibert revint voir maman, il me trouva occupée à lui en montrer les graTures, car elle Toulait les Toir... M. Alibert trouTa un si grand changement dans le pouls de sa malade , qu'il me demanda ce qui avait pu opérer un tel miracle... Je lui racontai le procédé de madame Récamier; il l'admira, mais sans en être étonné , car il h'est personne qui ne con-

XIT MOTICS SUR QUATIUK AMOURS.

naisse la iléli<aite générosité de cette vertueuse dame*.. Quoique M. Âlibert trouvât maman beaucoup mieux , il jugea cependant a propos de lui faire appliquer des saog^ sues sur la poitrine; alors â l'engagea à romettre à un temps plus éloigné l'examen des gravuites^ parce que tonte^espèce d'attention lui lerait beaucoup de mal, et il me recommanda surtout d'empêcher que personne me parlât dans sa chambre, que sans celte précaution sa maladie deviendrait on ne peut plus longue... Je passai donc du désespoir à l'espérance, et je puis vous assurer, monsieur, que je pensai devenir folle de bonheur !«.. Quatre jours après la scène dont je viens de vous parler, j'étais sortie pour cherdier ce qu'il fallait pour maman, et j'avais eu soin d'emporter la clef pour que personne n'«ntrât dans sa chambre ; lorsque je revins, le portier me dit que madame Bécamier était venue pendant mon absence et qu'elle me faisait prier de passer chez elle dès ({ue je serais rentrée. J'y fus sitôt que

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feus donné à maman ce qu'elle avait besoin . • . Vous allez juger , monsieur , si je n'ai pas eu raison de vous dire que Dieu m'avait envoyé un ange à mon secours. •• Madame Récamier ne s'en ét^t pas tenue aux 225 fr. qu'elle Àvait retirés du portefeuille, pensant que cette somme ne pouvait suffire long-tempe aux frais d'une maladie dont la dépense des moindres Journées ne montait pas à moins de 1 5 fit*. ; elle avait écrit à la reine dont la bienfaisance est si souvent mise à l'épreuve, pour l'intéresser en ma faveur ; et, pour faire a^puyet* plus sûrement sa demande, elle s'était adressée è M. Fleuri, précepteur de 8. A. R. Monsdgneor le duc d'Aumale , qu'elle sait être bon ; car M. Fleuri ne refuse jamais de faire entendre sa voix lorsqu'elle peut être utile aux malheureux... M. Fleuri venait donc d^envoyer à madame Récamier, de la part de la reine , un billet de 5oo fr. pour Moi, et c'était ce billet qu'elle était venue pour ùi'epporter pendant que j'étais Mrtie... — Allet vite, ma bonne petite, me

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