‹ Œuvres complètes d'Étienne JouyChapitre 11 sur 72 · XXVJ PREMIER PROCÈS · texte numérisé non relu

XXVJ PREMIER PROCÈS

tionale de France aux années 1789, 90, 9 1 , etc. , etc. Ce plan, dicté par la sagesse, fut adopté à la majorité des voix dans les sections, après de longs débats et de longues oppositions; » et en note M. de Brécy ajoute : « Les avis furent long-temps partagés entre le retour pur et simple à la monarchie ancienne et celui à la constitution de 1 79 1 , mais le dernier parti prévalut; on crut que la politique du moment exigeait de se borner à reconnaître le roi. »

M. de Brécy nous dit que l'amiral Hood avait déclaré accepter avec empressement l'occasion d'occuper Toulon : je le crois. Aussi cet amiral, qui sentait le besoin de rassurer les esprits contre ce qu'avait d'extraordinaire et d'inquiétant l'introduction des forces britanniques dans une ville française, cet amiral, dis-je, après avoir tenu un conseil de guerre, s'empressa de donner une déclaration préliminaire en ces termes : « Je déclare qu'il ne sera touché en aucune manière aux propriétés ; que , bien au contraire, elles seront touties très scrupuleusement protégées, n'ayant que le vœu de rétablir la paix chez une GRANDE NATION, sur un pied justc et honorable.

« Les conditions ci-dessus doivent être la base du traité.

t« Et lorsque la paix aura eu lieu, ce que j'espère bientôt, le port de Toulon avec tous les vaisseaux qui s'y trouvent , ainsi que les forteresses et toutes

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es forces qui y sont réunies, seront rendus à la France y d'après Vinventaire qui en aura été fait actuellement.

<r Donné à bord du vaisseau de S. M. britannique la Victoire, \e 27 octobre 1793. Signé HooD. »

L'amiral Hood ne s'en tint pas là : pour que ses intentions ne parussent pas douteuses , il adressa aux Toulonnais deux proclamations ; dans l'une il s'exprime dans ces termes : « Les sections de Toulon m'ayant fait une déclaration solennelle... qu'elles feront tout en leur pouvoir pour rétablir la monarchie , telle quelle fut acceptée par leur souverain défunt^ en Cannée 1789..., je ne veux, par cette présente , que répéter ce que j'ai déjà déclaré aux habitants du sud de la France , que je ne prends possession de Toulon que pour le tenir et le préserver pour Louis XVII. »

Dans l'autre proclamation le très honorable amiral devient plus caressant et plus affectueux : « Braves Toulonnais, leur dit -il, votre commerce est anéanti; une horrible famine vous menace: voilà le tableau de vos maux; il a dû affliger les puissances coalisées.... Je viens vous o^rir les forces qui me sont confiées pour épargner f effusion du sang, pour écraser les factieux, rétablir [harmonie et la tranquillités... Comptez sur Isl fidélité d'une nation franche; je viens de donner une preuve éclatante de sa

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LOYAUTÉ. Plusieurs vaisseaux chargés de blé, venant de Gêqes, arrivent dans vos ports , escortés par des vaisseaux anglais. »

N oubliez pas ces derniers mots, messieurs , comptez sur la FIDÉLITÉ ctune nation FRANCHE , et qui veut vous donner une preuve éclatante' de sa loyauté. — C'est le cas de dire , avec le Misanthrope , Nous verrons bien,...

Au moment de l'entrée des flottes combinées, anglaise et espagnole, lés royalistes proclament Louis XVII , les généraux étrangers les laissent faire ; mais lorsque ces mêmes royalistes , au lieu du drapeau de 1791 , dont la conservation av^t été si solennellement stipulée , veulent arborer le drapeau blancy Famiral anglais déploie celui de S. M. britannique. C'est pour elle qu'il commande , et Toulon commence à sentir qu'il est au pouvoir de l'Anglais....

Quelques jours après (dans la vue sans doute de se soustraire à ce joug déjà si pesant), une députation des sections de cette ville se présenta aux généraux anglais et espagnols pour leur faire part d'une délibération par laquelle elles demandaient à reconnaître jJfo^sieiir comme régent, et à rappeler leur ancien évéque.et leurs émigrés.

Il semble^qu'ils devaient accepter avec empressement : ils se disaient les alliés du roi; Hood avait dit dans sa première proclamation : Je ne prends posses-

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sion de Toulon que pour le tenir et le préserver pour Louis XVII; il avait dit da^s la seconde : Comptez sur la fidélité d'une nation franche; etc. : cependant, messieurs, quelle fut sa réponse? La voici :

« RÉPONSE des commissaires anglais à la requête des Toubnnais; à Toulon y :î8 novembre 1793.

« Messieurs , nous avons reçu la communication, etc. , etc. , et nous y reconnaissons avec le plus grand plaisir les sentiments dignes du patriotisme de cette ville distinguée. Nous partageons avec elle le désir de voir renaître un gouvernement fondé sur les bons principes.... Nous nous trouvons néanmoins dans l'impossibilité de concourir immédiatement à laccomplissement de vos souhaits....

« Le régime de la France intéresse l'Europe entière, et sur-tout les puissances coalisées, puisque, dans les circonstances présentes , lautorité du régent, comme celle du trône même, ne peut être réalisée que par leur seul secours.

(Donnez-lé donc ce secours, si vous êtes de bonne foi. — L'avocat continue. )

« D'ailleurs, une affaire aussi importante, et qui embrasse des relations politiques aussi étendues et aussi combinées, ne peut être terminée avec effet, ni même avec avantage, par une seule ville , respectable à la vérité par toutes sortes de titres, mais qui est, pour le moment, non seulement isolée du reste de la France^ mais ayant contracté, pour lïn-

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